Bonjour cher lecteur, me revoilà avec le second thriller lu dans le cadre de la team thriller du Cherche Midi, cette fois nous nous retrouvons avec un thriller historique (pour rappel le premier que j’ai lu pour le team était Sous ses yeux de Ross Armstrong, un thriller psychologique)
Comme chaque fois chez cette maison d’édition la couverture du livre est superbement soignée, de plus elle a son importance à la lecture du roman, mais j’y reviendrai plus tard.
J’ai lu ce livre en lecture commune avec ma copine d’amour Lou Lit là (cliquez sur son nom pour voir son avis).
Qu’en ai-je pensé ?
Madrid ; musée du Padro, Michael Keie attend son collègue Antonio de Nebrija, celui-ci vient de faire une découverte étonnante. Michael, restaurateur de tableaux, a pris son avion depuis Berlin afin de savoir quel mystère Antonio a bien pu découvrir sur le triptyque « Le jardin des délices » de Jérôme Bosch.
Un mystérieux prêtre a voulu détruire ce tableau et aurait mis au jour quelque chose.
Très vite une psychologue, Grit Vanderwerf veut rencontrer les deux hommes.
Qui est-elle ? Pourquoi une psychologue s’intéresse d’aussi près à un tableau vieux de plus de 500 ans ?
Bois-le-Duc, 1510, Petronius Oris vient pour travailler et apprendre sous la tutelle du maître Jérôme Bosch.
Il est loin de se douter le climat qui règne dans la bourgade.
Nous sommes en pleine inquisition, les dominicains brûlent tout ce qui serait hérétique, ceux-ci se méfient aussi beaucoup du peintre qui a mauvaise réputation.
Voilà pour le pitch de départ autant à notre époque qu’au 16e siècle.
J’ai particulièrement aimé cette alternance de temps ; si je pensais avoir du mal à m’imprégner de l’époque de Petronius en fait ça été tout le contraire.
Peter Dempf, l’auteur, vous entraîne avec beaucoup de facilité à l’époque des faits.
Ce n’est pas chose aisée de passer du 21e siècle au 16e et pourtant en tournant les chapitres j’ai été complètement immergée dans l’effervescence, le climat de suspicion de Bois-le-Duc.
Une écriture très visuelle et descriptive tout en restant fluide vous permet de vous immerger complètement aux côtés de Petronius Oris.
De plus, c’est l’époque ou Jérôme Bosch peint son triptyque encore aujourd’hui célèbre.
On lit l’évolution de la peinture et c’est là que la couverture est importante, car vous lisez des détails, des symboles que le peintre a voulu représenter, ses explications du coup il m’est arrivé souvent au cours de ma lecture de regarder la couverture et de rechercher le détail dont il était question.
J’ai vraiment apprécié ce roman sans que cela soit un coup de cœur et bizarrement moi qui pensais m’intéresser plus à l’intrigue ayant lieu en 2013 au Prado c’est finalement celle qui a lieu en 1510 qui m’a emportée dans le récit.
D’ailleurs, l’auteur y consacre la majorité du récit, une chance, car quand je quittais Pétronius, Zita, Zuid, le père Baele, l’étrange Jacob van Almaengien j’étais assez déçue, finalement j’étais très bien au 16e siècle.
Le suspens maintenu par l’auteur est beaucoup plus haletant dans cette partie tout comme les personnages, certains sont de suite attachants à l’image du héros Pétronius, certains dont on se pose des questions comme Zuid son mystérieux « ange-gardien », ou Zita, on ne sait s’ils sont là pour aider Petronius où s’il va lui arriver malheur.
Tout au long des chapitres qui lui sont consacrés on a peur pour lui, il ne se rend pas compte quand il tombe dans un piège, on craint pour lui.
Là où j’ai moins apprécié le roman, c’est à notre époque, même si on se demande ce qu’il va se passer, en quoi Grit peut aider Michael, qui est ce prêtre misogyne ; le suspens est moins présent, les personnages beaucoup moins intéressants, je n’ai pas ressenti d’empathie particulière pour eux et je n’avais envie que d’une chose quitter Madrid de 2013 pour Bois-le-Duc en 1510 auprès de Petronius.
J’ai pourtant aimé que l’auteur nous parle numérologie et de la Kabbale, mais il n’a, à mon avis, pas assez développé ces faits.
Même si les deux enquêtes, vous vous en doutez, sont liées, j’ai vraiment préféré la partie historique qui m’a procuré beaucoup plus d’émotion et de crainte.
J’ai dévoré le roman, hélas, malgré un suspens constant, des scènes très réalistes, un contexte historique très intéressant (pour une passionnée d’histoire et d’art comme moi, comment ne pas aimer) je reste quand même sur ma faim en ce qui concerne le mystère de 2013 et malheureusement quelques questions me restent pour ce qui est de l’époque contemporaine de la réalisation du tableau.
Alors oui j’ai quelques points qui m’ont chagrinée, mais j’ai passé un excellent moment de lecture grâce à Peter Dempf dont on sent l’érudition. C’est un professeur d’histoire, si je souviens bien, j’aurais adoré l’avoir comme professeur. Une écriture visuelle, addictive et immersive qui ne vous laisse pas sur le côté.
Je ne peux que le conseiller à tous les amateurs de thriller historique et à tous les amateurs d’art et de symbologie.Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf – Thriller historique – 464 pages, 22€ – Édition du Cherche Midi, en librairie le 28 septembre 2017

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