Réseau(x), tome 1

de Vincent Villeminot 

Roman/Thriller 
446 pages, 16.50€
Edition Nathan, 12 septembre 2013

Sur les réseaux tout le monde pense connaître tout le monde. Tout le monde aime, surveille, espionne tout le monde. Mais désormais, une guerre est déclenchée, sur le web et dans le monde réel. Et Sixie, 15 ans, est l’enjeu, le butin, le gibier de tous les combattants..

Sixtine Van de Vogh possède comme des
millions de personnes une page sur le réseau social DreamKatcherBook
(DKB)
, sorte de Facebook où il y a une partie nocturne et une partie
diurne .

Dans la partie diurne, accessible à tout le monde, Sixtine publie
des films qu’elle tourne, des photos, raconte ses journées ;
dans la partie nocturne (MyDarkPlaces ou MDP) elle y raconte ses
cauchemars
afin d’évacuer ses angoisses, depuis l’âge de 8 ans elle
a des hallucinations ou visions qui se sont parfois révélées
prémonitoires.
Dans la partie MDP les gens ont la possibilité d’envoyer ou
recevoir des messages privés.
Les rêves ou cauchemars sont indexés par mot-clés selon leur
scénario . (…)Tout le monde peut lire les rêves de tout le
monde . Mais l’auteur reste anonyme s’il le souhaite (…)

Elle ne le sait pas encore mais cette
fameuse page va lui faire courir un grand danger et elle sera à son
insu la marionnette d’une immense mascarade.

Si au départ de ma lecture, disons
pendant les 100 premières pages, j’étais perdue, me demandant où
l’auteur voulait en venir je sors de ce livre enchantée
, je n’ai
jamais rien lu de comparable, Vincent Villeminot n’écrit pas
seulement un roman mais construit et invente un vaste univers
complexe et réaliste.

Pourquoi cette difficulté au début
car les personnages sont extrêmement nombreux, qu’il nous faut le
temps de nous immerger dans ce nouveau réseau social
mais une fois
entré il est difficile d’en sortir, je peux vous avouer, qu’en
terminant mon livre, certains personnages m’ont manqués
, j’en aurais
voulu encore plus
mais il ne faut pas être gourmand, c’est un
premier tome d’une saga qui s’avère très prometteuse.

Je ne peux désigner un personnage
principal, chaque personnage présents dans le roman est un héros à sa façon.

Certains noms se détachent quand même,
il y a bien sûr Sixtine, le personnage par lequel tout
commence
 ; César, un de mes personnages préférés
même si je l’ai détesté plus d’une fois, avec lui impossible de
savoir où est la vérité, nous mène-t-il en bateau, est-il
schizophrène, ce personnage amène une nouvelle intrigue au roman,
en effet celui-ci est à la tête du «  Play it for real »,
un réseau de joueurs qui organisent des parties de jeux vidéos à
échelle humaine
, un personnage marquant du roman ; Justine,
la fille du commissaire Fanelli, Théo, Mathilde, Alice
Kowacks, Vittorio, etc.


Je
ne peux pas vous dévoiler ce que chaque personnage va amener au
roman car ils sont à la fois tous complètement différents et à la
fois tous imbriqués dans l'(les)intrigue(s).

Chacun
dispose d’une personnalité propre
, tous sont bien construits,
l’auteure jongle avec une multitude de caractères très différents.


Tous
sont bien amenés et au bon moment, tous trouvent place dans
l’univers créé.




Difficile
de vous expliquer pourquoi sans vous dévoiler le livre et vous savez
que je n’aime pas les spoilers.

Vincent
Villeminot à le génie d’avoir créé des protagonistes servant son
contexte.


Comme
pour les autres romans me direz-vous ? Et bien non , ici tout
s’emboîte, que ce soit les protagonistes ou la trame.


Je
pourrais dire, pour résumer, que chaque personnage est lui-même une
intrigue et tous sont liés d’une façon ou d’une autre.

Ce
point a été le plus troublant pendant ma lecture mais finalement on
se prend au jeu de l’auteur.

Mention
supplémentaire, les protagonistes sont profondément humains, ils
ont leurs failles, leurs qualités et leurs défauts cela apporte
beaucoup de réalité au roman
.

le
livre est découpé en chapitres courts indiquant la date, le lieu
réel ou virtuel, ensuite dans ces chapitres on a des paragraphes
avec des heures où les différents personnages interviennent, on
passe de l’un à l’autre.

Suivant
le protagoniste l’auteur utilise un style narratif différent, encore
un point qui peut surprendre moi j’ai trouvé cela intéressant,
donnant cette ambiance si particulière au livre.

Ces
points de vue qui se croisent et se suivent donnent un rythme rapide
et direct, on s’immerge dans la vie des personnages, on obtient les
informations en même temps qu’eux, si les protagonistes navigue dans
le flou le plus total ne sachant pas à qui se fier il en est de même
pour le lecteur.

Vincent
Villeminot tisse sa toile autour de nous comme la toile de son
réseau, c’est intense, complexe et dynamique.

L’auteur
ne laisse rien au hasard, on se doute du nombre d’heures passées à
la construction de son livre.

Chaque
page qui se tourne amène un nouveau lot de questions ou de réponses.
Tout
est réuni pour nous emmener là où l’auteur veut nous amener. Il
maîtrise totalement son sujet
, même si certains aspects rencontrés
m’étaient inconnus, grâce aux notes de bas de page ou à la suite
de la lecture, j’ai pu appréhender ce roman et pourtant comme je
vous l’ai dit au départ ce n’était pas gagné.

Vincent
Villemino
t à travers son roman signale que la frontière entre le
réel et le virtuel est mince, il aborde les problèmes de la société
actuelle
, en particulier pour les adolescents qui ne se rendent pas
toujours compte qu’en s’épanchant sur les réseaux sociaux ils se
livrent, à des gens pas toujours digne de confiance, pouvant
utiliser leur données à des fins malhonnêtes et parfois
dangereuses.

On
comprend que nos données circulant sur le net ne sont plus privées,
que les lois régissant les réseaux sociaux ne nous mettent pas à
l’abri de tout.
Il
montre aussi les dangers que peuvent représenter les jeux vidéos,
la violence que l’on peut rencontrer sur la toile, qu’elle soit
psychique ou physique
.

Bien
sûr dans le roman ces aspects sont poussés à l’extrême mais ils
permettent d’envisager ce que cela pourrait être si nous n’étions
pas plus prudents.


Enquêtes,
complots, machinations, mensonges, politique, révolution, anarchie,
trahisons, les thèmes sont variés et nombreux.

Je
n’ai trouvé aucun temps mort, de l’action, du suspens, l’adrénaline
qui monte crescendo
, l’auteur nous fait emprunter des chemins
auxquels on croit dur comme fer et qui s’avère erroné, on en
emprunte d’autres pour revenir en arrière, on ne sait plus sur quel
pied danser, où est la réalité, ou s’arrête le virtuel, tout est
réuni pour faire de ce roman un livre addictif, impossible de le
poser avant de le terminer et de tout comprendre.

Il me
tarde de lire le tome suivant, quelques points, notamment sur
Sixtine, me paraissent encore vague
, j’aimerais en savoir plus sur
l’avenir de Théo et d’autres protagonistes.
Pas
vraiment thriller, pas vraiment roman, il est m’est difficile de
classer ce livre vu le nombre de thème traités

Le
roman s’adresse à des jeunes à partir de 14 an
s, pour certains
faits abordés je suis assez d’accord, par contre
pour le côté
complexe de la construction du roman, pour le labyrinthe de
l’intrigue, la multitude de personnages et de thèmes
je dirais qu’il
faut que ce soit un lecteur ayant déjà une certaine maturité sinon
je pense qu’il pourrait vite être rebuté.

La
particularité de Réseau(x) peut troubler certains lecteurs, de mon
côté il m’a convaincue ! 

Laissez-vous emporter dans ce roman, dépassez les incertitudes du début vous n’en serez pas déçu !

Pour en savoir plus : 


La page Facebook du roman  


Un Interview vidéo de l’auteur sur la page Faecbook Lire en live 

Trailer et interview sur le blog de Nathan Jeunesse

Un interview de Vincent Villeminot sur le blog de Nathan jeunesse


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