Les fermiers font trembler la terre.
Griffin s’attendait à tout sauf à tomber sur la fille avec laquelle il avait partagé quelques soirées torrides à l’université.
Audrey, quant à elle, n’avait pas la moindre envie d’atterrir dans ce coin perdu du Vermont.
Pourtant, ces deux-là vont se retrouver par hasard sur le domaine agricole de Griffin, promu à vingt-sept ans seulement chef de famille au décès de son père.
En plus de la ferme familiale, il lui incombe désormais de s’occuper de sa mère, de ses trois frère et soeurs et d’un grand-père entêté, et n’a pas de temps à accorder aux petites bourgeoises superficielles qui débarquent de Boston avec l’intention d’acheter sa production de cidre à moitié prix.
Missionnée par une grosse entreprise de restauration, Audrey doit passer plusieurs jours dans la région pour négocier l’achat de produits biologiques.
Elle réussit à séduire toute la famille du jeune agriculteur par sa bonne humeur et ses talents de cuisinière, et aucun fermier grincheux et moralisateur ne parviendra à entraver ses ambitions de devenir chef.
Adversaires, leurs attentes face à la vie divergent radicalement. Manque de chance, l’alchimie sexuelle qui existe entre eux deux est au moins aussi exceptionnelle que la sauce top secret des enchiladas que mijote Audrey…

Cette chronique ne sera pas aussi enthousiaste que je l’aurais imaginé au départ. J’attendais vraiment beaucoup la sortie de la saga de Sarina Bowen (j’ai déjà sa saga The Ivy Years et celle qu’elle a coécrite avec Elle Kennedy).
Ce n’est pas une totale déception, mais c’est une lecture moyenne pour ma part. Je vais tenter de t’expliquer pourquoi je suis déçue. 

Les personnages de ce premier tome sont Griffin et Audrey, nous allons les suivre de juillet à novembre. 
Audrey rêve d’ouvrir un jour un restaurant où elle sera la chef de cuisine, cuisiner la passionne.
En attendant de se faire un nom, elle travaille pour Boston Premier Group ou BPG, un groupe qui possède plusieurs restaurants notamment à Boston où elle vit.
Son nouveau boulot et sa dernière chance de faire ses preuves après avoir accumulé plusieurs (grosses) erreurs est d’aller dans le Vermont rencontrer des agriculteurs afin de faire des achats de produits locaux et éthiques pour faire progresser « La ferme à la table ».
Par un concours de circonstances, la première ferme où elle est obligée de s’arrêter est celle de Griffin Shipley, producteur de pommes et de cidres.
Audrey et Griffin se connaissent déjà intimement, non pas qu’ils ont eu une histoire d’amour, mais disons qu’ils ont passé deux nuits de bons temps.
Si Audrey est bien décidée à mener à bien sa mission et trouver les meilleurs produits au prix le plus bas et satisfaire ainsi ses patrons Griffin, lui ne veut pas faire de concession.
Il connaît la valeur de ses cultures.
Ces deux-là arriveront-ils à se mettre d’accord et peut-être s’accorder une seconde chance ?
Les tensions existantes entre eux s’apaiseront-elles ?
Arriveront-ils à bâtir une relation durable ? 

Si je suis déçue, c’est que pour moi, à la fois les choses avancent trop vite entre les héros et surtout trop facilement et à la fois j’ai trouvé la lecture lente, voire monotone. Un suspens inexistant, tout coule de source je n’ai pas été surprise ou étonnée; par contre j’ai beaucoup appris sur la culture des pommes biologiques et sur l’histoire du cidre
Je n’ai pas non plus ressenti d’émotion pour l’histoire de Griff et Audrey, c’est ce que j’attends le plus dans une romance. 
J’ai aimé les personnages, ce n’est pas le souci.
Audrey m’a fait rire, j’aime son entêtement comme j’ai aimé Griffin et son côté très protecteur envers sa famille, son côté bougon et têtu, lui aussi, mon problème c’est que dans une romance j’ai besoin de ressentir un frisson, avoir au moins un sourire niais, craindre pour le cœur des personnages, mais je n’ai rien ressenti de tout ça.
Je n’ai même pas trouvé les scènes de sexe très sexy. Plutôt banale, je dirais même.
Je sais, je suis dure avec ce livre, mais je suis aussi honnête avec toi. 

Je n’ai pas que des critiques à émettre, rassure-toi.
Si je ne suis pas tombée amoureuse du couple de cet opus, je suis par contre tombée amoureuse de la région du Massachusetts : Le Vermont et de la famille tout entière de Griffin.
Une famille soudée, ils vivent tous ensemble à la ferme, Griffin est le chef de famille depuis le décès de son père.
Il gère le domaine et s’inquiète beaucoup pour l’avenir de ses frères et sœurs plus jeunes que lui et encore aux études.
Je me suis très fortement attachée à Ruth, sa mère, à Dylan, Kyle, Zach, May, Jude, je me sentais trop bien dans cette cuisine où tous se rassemblent à l’heure des repas dans une joyeuse pagaille.
Je ne vais pas trop te parler des personnages secondaires puisque je pense qu’ils vont intervenir dans les prochains tomes.

Outre la romance ; Sarina Bowen aborde des causes qui me tiennent à cœur comme le respect de la nature et l’éthique dans les cultures (par contre si tu le lis la scène où le cochon est tué et découpé ensuite elle m’a dégoûtée et je ne la trouve pas cohérente avec l’éthique de Griffin, mais bon passons c’est un détail ça). Sarina Bowen parle aussi très bien du métierexigent et difficile de fermier ou agriculteur, mes grands-parents l’étaient, je sais donc à quels soucis ils sont confrontés, tributaires de ce que le temps va leur apporter ou non, dans ce métier c’est la nature qui dirige.
J’ai aussi aimé le sujet de la relation difficile, quasi inexistante entre Audrey et sa mère, une businesswoman très féministe qui ne comprend vraiment pas ce que sa fille peut aimer dans la cuisine.
D’autres thèmes sont évoqués, mais encore une fois je ne dis rien, car ils concernent des personnages secondaires que je ne serais pas étonnée de retrouver, des sujets traités alors, je l’espère,plus en profondeur.

Le dernier aspect qui m’a déçue, c’est la fin.
Un final que j’ai trouvé trop abrupte, il ne m’aura pas mis les papillons dans le cœur ni étonnée, un épilogue aurait été le bienvenu, il me reste un petit goût amer (sans mauvais jeu de mots), un goût de trop peu.

En bref :

Une lecture légère idéale pour cet automne.
Un couple mignon, mais qui ne m’aura pas ravi le cœur ni fait rêver par contre une région qui m’a, elle, conquise tout comme la famille Shipley.
Pour une fois, une romance qui se passe dans la campagne, c’est rare,cela me plait beaucoup.
Dommage pour les aspects négatifs, je me répète : ce n’est pas un mauvais roman, il n’a juste pas comblé mes espérances, je n’ai pas ressenti d’émotion, Audrey et Griffin ne m’ont pas fait du tout vibrer.
Je lirai malgré tout la suite, car j’aime toujours l’auteure et que les opus suivants me charmeront peut-être davantage.
Est-ce que j’en attendais trop ? C’est fort possible.
Est-ce que je deviens plus exigeante ou lassée par des romans aux mêmes schémas ? C’est probable aussi, je ne le nierai pas.
Il plaira, je n’en doute pas, il trouvera son public, mais pas si tu recherches les belles et fortes émotions ni si tu attends du suspens, des rebondissements et des retournements de situation.
Un roman assez « plat » dans l’ensemble.
Je lui mettrais la note finale de 3/5 pour la tribu Shipley, les produits bios mis à l’honneur, les personnages secondaires et la région que je rêve de visiter maintenant.


❦ Le grand nord, tome 1 : amertume ❦ roman de : Sarina Bowen ❦ traduction de Clara Valmont ❦ 400 pages ❦ Édition Hugo Roman, le 6 septembre

 

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