Chine du Nord, juin 1995. Shen Ming, jeune et brillant professeur, est suspecté d’avoir assassiné une lycéenne.

Quelques jours après, il est poignardé près de l’école, dans une usine désaffectée.

Neuf ans plus tard, le mystère s’épaissit. Les présumés meurtriers du professeur sont envoyés, eux aussi, au royaume des morts.

La rumeur se répand alors : et si Shen Ming avait traversé la rivière de l’oubli pour se réincarner et se venger ?


Aujourd’hui, je viens te parler de ma plus grosse déception de la rentrée littéraire (jusqu’à présent) ou depuis le début de l’année.
Non pas que j’en attendais de trop, je ne connaissais pas l’auteur.
On dit de lui que c’est le Stephen King chinois… je n’aime pas que l’on compare un auteur à un autre, mais disons que quand on note ceci sur la quatrième de couverture et que les exemplaires du roman sont vendus à 13 millions d’exemplaires on s’attend quand même à un certain niveau de thriller.
Avec moi, cela ne l’a pas fait du tout.
Au début oui, cette mythologie autour de la rivière m’a intéressée, mais ensuite au moins les 3/4 du livre ont été laborieux.
Je t’explique tout ceci dans le détail, car malgré ces aspects négatifs j’ai aimé certains points, peu, certes, mais ils méritent d’être signalés.

Tu es dans un thriller fantastique, un mélange de genres que j’aime, ce n’est donc pas le souci, mon principal problème avec ce roman est mon manque d’empathie, de liens avec les personnages ; leurs personnalités sont très peu approfondies, je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, pas même au héros du roman.
Le roman se déroule sur un certain nombre d’années (près de deux décennies) d’un peu avant la mort de Shen Ming, à la résolution ultime du mystère.
Le mystère, par la suite, se déroule plutôt lentement, morceau après morceau, lorsque Si Wang et les gens autour de lui découvrent ce qui s’est réellement passé les nuits qui ont précédé le meurtre de Shen Ming.

Il est intéressant de lire le point de vue culturel et politique de la Chine de 1995 à 2016.
Le communisme, les pots-de-vin, les grands écarts sociaux entre très riches et très pauvres, la pression mise sur la réussite scolaire, les gros groupes qui créent des écoles et universités d’élite puis la pression au travail pour obtenir la meilleure des situations après l’université ou le meilleur résultat.
Les différentes fêtes et coutumes, les lieux, tout cela est habilement décrit, c’est ce qui m’a le plus attiré dans ce roman, c’est tout le reste qui n’a pas fonctionné avec moi, je dis avec moi, car c’est un avis personnel, d’autre aimeront, peut-être, ce roman de Cai Jun.

La fin n’a pas rattrapé le reste, je n’ai pas du tout été convaincue.
Tous les protagonistes sont liés à un moment où à un autre.
Au début, les coïncidences peuvent paraître plausibles, pourquoi pas après tout, mais pas pour tout le roman.
Le final, là non ! je n’y ai pas du tout adhéré.
Je partais avec l’idée de la vengeance, une bonne partie du roman y est destinée.
C’est d’ailleurs le thème principal du livre.
Le personnage principal y arrive, mais à partir de la moitié du roman je n’ai plus compris où l’auteur voulait m’emmener.
Je n’ai pas compris les rouages du cerveau du tueur ou de celui de l’écrivain, cette partie centrale était longue, fastidieuse, j’avais vraiment envie d’arrêter les frais.
J’abandonne rarement un roman et vu que c’était un livre de la rentrée littéraire je voulais te donner un avis sur l’ensemble.
Et soyons honnête, j’ai eu l’espoir, qu’à un moment, le suspens prenne plus d’ampleur, mais hélas cela n’est jamais arrivé.

Il y a vraiment de trop de grosses ficelles, des drames qui s’enchainent les uns après les autres, mais qui n’apportent rien à l’intrigue de départ si ce n’est de donner quelques explications, mais auxquelles je n’ai pas adhéré ou pas compris le but.
Je partais vraiment pleine d’enthousiasme en le commençant.
Non pas pour la comparaison avec Stephen King. Je n’aime pas les comparaisons, je te l’ai dit plus haut, mais pour cette idée de réincarnation.
J’aimais cette intrigue de suivre ce jeune homme qui revient à la vie dans le corps d’un enfant.
Il y a du bon et du très très moyen même si je réitère que certains points étaient intéressants.
Au moins 150 pages (voire davantage) de moins auraient été bien suffisant à mon avis, là ça traînait vraiment trop en longueur.
je voulais avoir la résolution de l’énigme, j’ai donc persévéré, mais… tout ça pour ça 🤔 un dénouement très tiré par les cheveux.
Un final dans la lignée du reste du roman… moyen.

J’ai éprouvé beaucoup de difficulté aussi à retenir tous les noms et prénoms chinois, parfois très ressemblant.
Enfin, je n’ai pas trouvé l’écriture particulièrement bonne, souci de traduction ? Je ne sais pas.
Le style est terne, saccadé, et manque de fluidité ou de transitions.
En tout cas, c’est un roman que quand je le posais je n’avais pas envie de me précipiter pour reprendre ma lecture or pour un thriller si le suspens est bon, c’est le plus souvent l’inverse qu’il se passe.
Les dialogues des personnages n’ont pas l’air réels.
Je m’explique : ils ont une façon naturelle de parler et d’agir, mais probablement parce que l’auteur n’explique pas pourquoi ils le font à ce moment-là ou l’auteur ne donne pas un contexte pour ces conversations.
Du coup, elles me coupaient chaque fois dans ma lecture.
Cela cassait le rythme qui était déjà bien saccadé.
Il manque vraiment de rythme et de tempo.
Les rebondissements sont là, mais mal amenés ou pas développés, je suis restée à de nombreux moments sans avoir compris le sens ou le but, je suis restée avec des questions dont je n’aurais jamais réponse puisque c’est un tome unique.
Les personnalités et les sentiments des personnages ne sont pas assez décrits pour que je puisse communiquer avec eux.
Globalement le livre manque cruellement de descriptions concernant la psychologie des protagonistes qui aurait pu le rendre meilleur.
Dernier point. Que devient l’attrait d’un mystère quand presque tout le monde est coupable ?
Honnêtement, le mystère est trop alambiqué, il implique trop de morts, trop d’actes de vengeances.
J’espérais pour Si Wang, plus de développement en tant que personnage séparé de Shen Ming, mais ce n’a pas été le cas.

En bref :

Une très grosse déception pour ce roman.
Si j’avais ressenti de l’attrait pour les différents et (trop) nombreux personnages cela aurait pu fonctionner, je crois que c’est ce qui m’a le plus manqué : la psychologie de Shen Ming et Si Wang.
Ils sont intimement liés puisqu’il s’agit d’une réincarnation et pourtant, ils me sont encore, tous deux des étrangers, après 500 pages de lecture.
Ce qui m’a le plus intéressé dans ce roman c’est l’environnement du roman.
Si tu aimes les complots de meurtres complexes et interminables impliquant plusieurs crimes connectés entre eux alors tu pourrais aimer ce roman.
Pour ma part, ce n’est pas un thriller que je te recommande, tu l’as compris, je crois.
Je n’aime vraiment pas donner un avis négatif, mais écrire le contraire de ce que je pense, ce n’est pas moi, je préfère rester honnête avec toi, toujours.
Maintenant, ce roman trouvera certainement son public, je n’en doute pas.

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