C’est le 2e livre de Gilly MacMillan que je lis, le premier « Une fille idéale » m’avait bien plu, mais sans être parfait pour ma part, ici ce roman est un bijou de thriller/polar psychologique.
Bristol, 21 octobre 2012 Ben disparaît lors d’une ballade en forêt avec sa mère Rachel. Rachel, on peut le comprendre est hystérique. Très vite, les inspecteurs prennent la disparition au sérieux. Pendant 600 pages l’auteure ne vous donnera pas la moindre piste sur le dénouement, elle sème le doute ça oui, on ne sait plus à qui se fier, mais elle ne laisse rien transparaître d’autre.
Un livre très bien écrit, le suspens est renforcé par le décompte des jours depuis la disparition de Ben. On alterne les chapitres selon les points de vue des principaux protagonistes : Rachel, la maman et Jim l’inspecteur principal. À travers eux, toutes les pistes pour retrouver l’enfant disparu nous sont racontées.
Par les chapitres consacrés à Rachel, on ressent l’angoisse, l’amertume, la méfiance vis-à-vis de tout son entourage.
Du côté de Jim, nous suivons l’enquête à proprement parler, les pistes explorées, la liste des suspects, ses collègues penchés sur l’affaire et toujours ce sentiment d’urgence plus les jours passent.
Une tension rendue encore plus palpable que le livre est parsemé d’articles de journaux, de blogs qui parlent de l’affaire, souvent très critiques envers Rachel qui a eu le malheur de ne pas se contrôler lors de la conférence de presse, des emails d’experts-psychologues, des lettres de menaces, des messages trouvés sur le net, tout ceci contribue à ce que le livre ne soit pas du tout monotone, vous êtes plongés au cœur de l’affaire comme si vous la suiviez à la télévision.
Le roman est aussi documenté par le site qui existe réellement : http://www.missingkids.com un fait qui renforce cette impression de réalité, mais ce qui m’a le plus rapproché de la détresse de la maman c’est que Rachel lors du premier chapitre vous parle de ce qu’il s’est passé un an après la date fatidique, elle tutoie le lecteur, vous êtes vraiment mis dans une relation de proximité, inclus dans l’enquête. À plusieurs chapitres ça revient, elle vous tutoie, impossible de se détacher du livre.
Les personnages ont tous une psychologie bien fouillée, que cela soit nos principaux protagonistes, Rachel pas toujours stable, Jim qui voit un psychologue depuis l’affaire et pour une raison que l’on ignore, John, ce père chirurgien pédiatrique, divorcé qui semble soit détaché soit complètement hystérique.
Les personnages secondaires pareils : Emma, l’agent de liaison avec la famille, Katrina la belle-mère de Ben, Ruth la grand-mère dépressive depuis toujours, Nicki, la sœur de Rachel qui a l’air de tout diriger et de se contrôler cache plusieurs secrets, l’assistant maternel louche, l’institutrice de Ben qui condamne un peu trop vite Rachel, la directrice de police, Fraser, froide, voulant résoudre l’affaire, mais qui doute de plus en plus d’une issue favorable, Laura, la meilleure amie de Rachel, les journalistes agglutinés devant la maison familiale. Chaque personnage a ses failles, chacun deviendra dans votre tête suspect.
Je voulais absolument connaître le dénouement, je me suis attachée à ce petit garçon que l’auteure rend très réel grâce aux descriptions qu’elle fait de lui.
Quand le dénouement arrive, le suspens monte crescendo même si j’aurais aimé qu’il soit un peu plus développé. L’épilogue conclut parfaitement le roman avec le thème de la reconstruction.
Un très beau thriller polar/psychologique à lire, pour le côté suspens, mais aussi pour les questions que l’auteure soulève : les médias ne font-ils pas du tort aux victimes, ne sont-ils pas trop intrusifs à la recherche du scoop au détriment des véritables faits ? Pourquoi une mère de famille sera considérée plus vite comme le suspect idéal ? Peut-on connaître réellement quelqu’un même quand il s’agit de sa famille ?
Ne pars pas sans moi de Gilly MacMillan – Thriller/polar psychologique – édition Pocket ( paru auparavant chez Les Escales) – 608 pages, 8.50€ – Sorti le 8 juin 2017
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