Bonjour, bonjour, tes vacances se passent-elles bien, mon cher lecteur ?
Si tu n’es pas en vacances prépares-tu la fin de l’année ?
Aujourd’hui, je vais te parler d’un livre lu en novembre en lecture commune avec mon amie du blog Bettie Rose Book.
L’une comme l’autre, nous avons eu un coup de cœur pour ce roman de Xavier de Moulins que je ne connaissais pas du tout.
Élise de JC Lattes m’avait proposé ce roman, j’avais accepté immédiatement, mais comme d’habitude je me suis lancée sans rien savoir au préalable, c’est mon choix ; je ne veux, dans la limite du possible, ne jamais lire la 4e de couverture ni le kit presse avant d’avoir terminé ma lecture, je me laisse donc toujours le plaisir de la découverte et je ne suis pas influencée.
Tu vas suivre dans ce roman un couple que jamais tu ne pourras oublier, Nina et Tahar.
Nina et Tahar s’aiment profondément, mais leur bonheur n’est pas complet, ils tentent depuis des années d’avoir un enfant. 10 années que toutes leurs tentatives ont échoués, au fil des années Nina n’est plus la jeune femme du début du couple, elle s’enfonce peu à peu dans une profonde dépression, une détresse que toi lecteur tu ressens profondément.
La vie de Nina et Tahar va basculer du jour au lendemain quand ils ont l’espoir d’adopter un enfant de 6 ans.
Je ne t’en dis pas plus, car je voudrais que toi aussi tu puisses découvrir les lumières au plus profond des ténèbres.
Ce qui m’a le plus bouleversé et émut dans ce roman, l’écriture de l’auteur, très poétique et très rythmée, des mots cutters comme je les appelle, en quelques mots il te secoue et t’assène des vérités qui t’émeuvent ou te bousculent, mais ce qui est certain c’est que tu ne peux y être insensible.
Remarquablement bien écrit quand il se met dans la peau de Nina, il a eu ce pouvoir de se mettre à la place d’une femme, la détresse profonde qu’elle ressent à l’idée de ne pas pouvoir enfanter, le chemin de croix qu’est la PMA avec ce personnel médical tellement habitué qu’il n’est plus empathique, qu’il traite les patientes comme des numéros de dossiers, les conséquences de tous ces traitements hormonaux sur ce corps qu’elle ne supporte plus ; la culpabilité qu’elle ressent, Nina essaiera tout, certains en profiteront.
Tahar lui est aussi très attachant ; il accompagne sa femme du mieux qu’il peut, mais il souffre dans son coin, il ne veut pas en rajouter au désespoir de Nina, pour lui cela s’arrangera, il retrouvera sa Nina joyeuse et pétillante un jour et pour elle Tahar n’est pas aussi triste qu’elle, les non-dits de l’un et de l’autre commencent à fissurer ce couple solide
Dans ce roman Xavier de Moulins aborde par le biais de Tahar le poids de la pression familiale, Tahar est marocain, l’importance de perpétuer le nom est immense, tandis que par le personnage Nina il aborde le poids de la pression sociale comme si ne pas avoir d’enfant par choix ou ; l’impossibilité ici, était une tare, une grave erreur.
Ce ne sont pas les seuls thèmes abordés dans ce roman tellement lumineux, quand Nina et Tahar savent qu’ils vont adopter un enfant et qu’ils partent au Maroc leur combat est bien loin d’être terminé.
Ramener l’enfant en France ne sera pas évident, un parcours semé d’embûches, mais qu’importe Nina est prête à les enjamber ces montagnes, elle est capable de traverser le pays à pied s’il le fallait, son désir de maternité est plus fort que tout, plus fort même que leur couple qu’elle délaisse.
Tahar fera de nombreux aller-retour en France pour continuer à travailler et pendant cette période il rencontrera une photographe ; elle veut prendre des clichés de Tahar en train de travailler pour lui montrer que l’intégration dans les cités n’est pas ce que l’on montre dans les médias, que tous ne sont pas à mettre dans le même panier ; un autre thème et par ce personnage une autre intrigue que l’auteur entame, mais dont je ne te dirai rien.
J’ai adoré ce roman, j’ai souffert pour Nina et Tahar, j’ai admiré la facilité à laquelle l’auteur nous fait passer de Tahar à Nina sans que cela brise la fluidité de la lecture.
Si Nina est désespérée puis prête à tout Tahar, lui remet en question sa vie, le poids qu’il a toujours eu sur ses épaules ; son rôle de fils unique, réaliser ce que ses parents voulaient de lui, même si lui n’était pas d’accord, un autre thème pertinent qu’est la culture de Tahar et tout ce qu’elle implique.
Ce livre est bien plus que cela, les rebondissements sont nombreux, j’ai eu envie de hurler à l’injustice, j’ai admiré le pouvoir de résilience d’une femme que tu rencontreras, tu verras comme je te le disais, la lumière au bout du tunnel, mais aussi les ténèbres se refermer sur cet homme lumineux qu’est Tahar.
Un livre-choc sur le manque d’enfant, sur tout ce qu’une femme ressent quand l’enfant tant désiré n’arrive pas, le désarroi, l’attente entre les différentes FIV, les douleurs physiques et morales.
Une écriture sublime, lumière, avec des chapitres courts, des mots percutants, une psychologie des protagonistes superbement développée.
C’est vif, percutant, haletant.
Un thème sensible, mais traité avec tellement de justesse, l’auteur n’en fait à aucun moment de trop ou trop peu.
Tout est juste dans ce roman.
L’auteur pousse au questionnement, que serais-tu prêt à faire toi ?
Accorderais-tu ta confiance comme Nina le fait ?
Est-ce que ton couple passerait avant tout ou pas ?
Même si je suis maman ces questions je me les suis posées, car pour ma part j’ai toujours su que je serais mère de famille nombreuse ; cela s’est réalisé, mais combien de femmes souffrent, car elles ne le peuvent pas ; combien cela reste encore tabou ce fait d’être mère ou pas, de le désirer ou pas ; les gens jugent autant l’un que l’autre choixM
Je ne peux que te le conseiller, que tu sois mère ou non, que tu en aies le projet ou non.
Les hautes lumières de Xavier de Moulins – roman contemporain – 356 pages, 19€ – Édition JC Lattès, le 4 octobre 2017
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