En décembre, je vous donnais mon avis sur le tome un après la relecture que j’avais faite en prévision de ce tome deux que j’attendais tellement. (voir ici)
Je peux déjà te dire mon cher lecteur que je veux le 3 là dans mes petites mains.
Marie ce n’est pas gentil de nous laisser comme ça sur ce cliffhanger de fou, mais un mot : wowwww, non ; deux, merci d’avoir créé cette fantastique dystopie
Bon, je ne peux pas te dire comment se terminait le tome, un mais si tu ne l’as pas encore lu, mais qu’attends-tu ! C’est une des meilleures dystopies, je la classe avec Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir oui rien que ça et Destiny de Cecilia Ahern. 
Deux dystopies que j’adore, car elles amènent à réfléchir sur l’humain, maintenant et dans le passé.

Revenons au livre proprement dit.

Tu le sais, mes deux personnages favoris du tome 1 étaient Elia et Solstan, donc j’étais impatiente de les retrouver. 
En fait, tu ne les croises que peu.

Est-ce que cela m’a dérangé ? Absolument pas !
Marie Vareille m’a subjugué grâce à son processus d’écriture qui alterne les points de vue de tout un tas de personnages qui ont soit un rôle majeur ou pas, dans le premier opus. 
Tu fais la connaissance de nouveaux protagonistes, grâce aux nouveaux et aux anciens, elle t’entraîne en pleine action, le lecteur n’a aucun moment de répit. 
Il n’y a vraiment aucun temps mort, tu n’as pas le temps de reprendre ton souffle ; tu ne fais que courir d’un personnage à un autre, d’un lieu à un autre.
Tu passes du Conclusar au Dédale du secteur Nord, la ville éphémère, ainsi que le secteur Innovation qui a une grande importance dans cet opus, tu visites même le Palatium.
Tu vas me dire, mais comment alors s’attacher à eux s’ils sont nombreux ? 
Là est tout le talent de l’auteure. 
Non seulement elle apporte de nombreux rebondissements ; elle complète la psychologie de ceux que tu avais déjà rencontrés dans le tome 1 et aborde celle des nouveaux, ils sont tous emblématiques de ce qu’ils représentent. Charismatique et parfaitement construit sur le plan psychologique, tu n’auras aucune peine à comprendre leurs aspirations, leurs buts, leurs craintes ou leurs cruautés.
Souviens-toi, je t’avais dit que dans cette dystopie il existait un système de castes, que les Nosobas étaient les plus pauvres, considérés comme des pestiférés par les Askaris, les marchands, les industriels ; la classe moyenne en quelque sorte ; les Kornesiens qui eux sont les nobles, le pouvoir, le gouvernement.
Les lois anti-Nosobas augmentent encore et si ces nouvelles règles se renforcent elles alimentent aussi la fureur de la révolte qui gronde dans les rangs.
Une révolution se prépare.
L’organisation s’appelle « Les combattants de l’aube ».
Parmi les personnages tu vas retrouver Tim, Arhya, Elia et Solstan comme je te l’ai dit, tu vas faire la connaissance de Alek, de Sado Kill, Salika, Anouk, tu vas aussi retrouver le père de Elia qui n’en a pas fini avec ses révélations, tu poursuis le but que c’était déjà fixé Elia dans le premier tome : délivrer sa petite sœur Édeline.
Certains chapitres uniques sont dédiés à un personnage que tu as rencontré dans le premier tome et permettent de saisir pleinement leurs pensées.
Vraiment, en plus de créer une dystopie post-apocalyptique originale, Marie Vareille construit merveilleusement bien ses personnages, subtilement elle te fait passer des messages par l’un ou par l’autre. Des sujets toujours pertinents et ô combien importants !
La révolte qui gronde sous le joug de l’oppresseur m’a fait par exemple penser au printemps arabe ensuite, les lois anti-Nosobas m’ont fait penser à la ségrégation raciale d’ailleurs comme dans le tome 1 des articles de presse, des textes anciens parsèment le roman et vers la fin on y lit ceci : « La haine engendre la haine, la violence engendre la violence » Martin Luther King, biographie de WILLIAM Jones (ancienne civilisation année 2056) »
Ce ne sont pas les seules thèmes de réflexion.
 
Elia et Sol, Tim, Anouk et Salika vont devoir réfléchir à leurs buts finals et s’ils sont prêts à tous les sacrifices pour y parvenir.
Sont-ils capables de vendre leur âme au diable pour sauver leur proche ? Sont-ils prêts à mourir pour la communauté et la liberté de tous ? Est-ce que les revendications des combattants de l’aube sont légitimes et si oui, Elia, qui est toujours l’emblème de la prophétie par sa couleur de cheveux (désolée tu dois lire le tome 1) a-t-elle vraiment un rôle à jouer dans tout cela ? Est-ce qu’elle doit tout accepter sans réfléchir ?
 
La question de la loyauté est soulevée par plusieurs personnages. Loyauté de la cause. De la caste, de la famille et de l’amitié. Certains m’ont saisi dans le bon sens pour d’autres, je n’avais rien vu venir.
Les dangers de la drogue avec Tim, Tim qui est obligé de descendre de plus en plus bas dans la mine, Tim qui n’arrive plus à faire face au chagrin de tous ceux qu’il a perdus cède à l’appel de la Redmoon. Les addictions, quelles qu’elles soient, est-ce qu’elles ne t’empêchent pas de faire face à tes responsabilités ? Est-ce qu’elles n’alternent pas ton jugement ?
Bien d’autres sujets sont abordés tels que la maladie, le deuil, les apparences trompeuses, la souffrance morale qui est telle que tu ne vis plus que comme une machine, se battre pour ce en quoi l’on croit
Tu as aussi la réflexion très pertinente et que j’apprécie beaucoup, un sujet que j’aborde assez souvent avec mes enfants : la désinformation. Ce que l’on vient nous montrer aux journaux télévisés est-ce véritablement ce qu’il s’est passé ? Ne faut-il pas prendre du recul, lire entre les lignes et comparer les différentes sources ?
 
Elia qui avait déjà bien mûri dans l’opus précédent prouve une fois de plus sa force de caractère, elle va se remettre en question à de nombreux moments. 
Qui est-elle vraiment ? 
Ce monstre sans cœur de passeuse d’âme, est-elle la fille de la prophétie ? 
N’a-t-elle pas des idéaux ? 
Tout ce qu’il se passe est-il juste ?
Elle est courageuse, sincère, fidèle à ses amis, à ses proches et à ses valeurs même quand on vient à lui en faire douter. 
Plus jamais personne ne lui dira ce qu’elle doit faire.
 
Les rebondissements, les révélations, sont au rendez-vous ; j’ai été maintes fois surprise et j’ai ressenti pleinement la souffrance morale d’un des personnages.
 
Une écriture résolument moderne qui abat tous les préjugés que l’on pourrait se faire sur une race, une couleur de peau ou une sexualité différente de la nôtre. Combien d’adultes devraient lire cette dystopie ! Leurs petits esprits étriqués en seraient bien surpris.
 
On a aussi affaire à des femmes fortes.
Les femmes prennent le pouvoir à l’image de Elia forcément, mais aussi Arhya qui ne se laisse pas dicter sa conduite pour un homme, Salika, Anouk, Noriaxis et la terrible Varnaka.
Toutes ont en commun d’agir en étant maîtresses de leurs vies et émotions. Valeureuses. Fortes. Combattantes.
 
Tu seras bien étonné si tu lis ce deuxième tome, car quand tu arrives au milieu tu te dis que maintenant l’intrigue, les intrigues vont se résoudre et que c’est bon, tu n’auras plus le souffle coupé, et bien détrompe-toi !
Jusqu’à la dernière page, tu vas être scotché parce que tu vas lire. 
Rien, je n’ai rien vu venir, aucun doute, pas le moindre soupçon.
Un suspens constant, des personnages et une action omniprésente. 
Une écriture fluide, additive, moderne et pleine de surprises ; tu ne verras pas le temps passer.
 
L’univers dystopique présenté dans le tome un se crédibilise de plus en plus, tout est orchestré de main de maître, tout est à sa place. 
Tout prend sens. 
Le tome un, je l’avais déjà adoré, mais dans cet opus Marie Vareille se surpasse, tout monte d’un cran, tout est magnifiquement décrit, plausible. 
On peut parfois râler de devoir attendre une suite, mais, quand je lis le travail effectué, les recherches ; les réflexions, on voit bien que ce livre a mûri, qu’il a pris du coffre, qu’il n’a pas été écrit en vitesse sur le coin d’une table.
Je suis émerveillée par cette saga. 
Tu vas peut-être trouver le mot fort, mais malgré les nombreux coups de cœur que j’ai eus celui-ci est THE coup de cœur en littérature Young Adult. 
Il a son entrée directement dans mon classement des meilleures lectures 2018.
Alors tu es convaincu ? 
Promis si tu aimes les dystopies, les romans qui te font réfléchir sur des sujets ou sur ton propre comportement. 
Si tu aimes lire les injustices et les personnages forts tout en étant crédible, car il reste des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts lis ABSOLUMENT cette saga. 
Que tu aies 15 ou 20 ans, 30 ou 40 ans comme moi. 
Disséminez ce livre, répandez-le autour de vous ! Parlez-en ! 
 
Elia, passeuse d’âme, tome  : saison froide de Marie Vareille – Dystopie, post-apocalyptique- Young Adult, littérature française – 416 pages, 16.90€ – Édition Pocket Jeunesse, en librairie le 18 janvier 2018
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