Mon cher lecteur, je suis triste. Oui, triste de finir cette fantastique trilogie qui m’aura fait passer par tout un panel de sentiments au cours des 3 tomes.
Lire un dernier tome d’une saga est quelque chose que je n’aime pas ; j’ai des attentes sur la conclusion surtout quand les opus précédents ont été des coups de cœur du coup, quand je les lis, c’est avec beaucoup de crainte, rien n’est plus frustrant qu’un tome final loupé.
Là, je ne suis plus triste ; cette saga se conclut en beauté.
Un troisième tome qui m’aura, encore une fois, emporté. Marie Rutkoski est sadique ; le suspens à certains passages est éprouvant pour les nerfs.
Qu’importe, je suppose, qu’elle aussi a dû avoir la pression quand elle a écrit The Kiss ; je lui pardonne et la remercie pour ce fabuleux voyage en compagnie de Arin et Kerstel.
The Kiss est la conclusion parfaite, je n’aurais pu imaginer mieux.
Tout au long des 630 pages tu vas avoir des rebondissements, des retournements de situation et comme je te le disais des moments de suspens et de tensions horribles.
Mon cœur s’est emballé plus d’une fois, surtout pour Kerstel qu’on laissait dans une position peu enviable à la fin du tome précédent.
Kerstel et Arin ont été finement travaillés.
Les reproches que j’ai pu faire à l’un ou l’autre dans les opus précédents sur leur psychologie ont été réparés avec cet opus.
Que de chemins parcourus pour ces héros depuis le premier tome !
Kerstel est celle qui m’a marqué le plus, j’ai ressenti énormément d’empathie pour elle, l’épreuve qu’elle va traverser va la changer à tout jamais, c’est toujours là jeune fille que tu as connu dans les tomes précédents, mais aussi tellement différente.
Par elle, et aussi par Arin, et un autre personnage que je ne cite pas, l’auteure te fait réfléchir sur le poids du pardon, de la culpabilité ; des moments cruciaux où tout a basculé, des remords et des regrets et du manque d’amour ou de reconnaissance.
Si Kerstel a changé psychologiquement, son corps lui, aussi, a été rudement éprouvé, mais elle reste malgré tout la tacticienne, la jeune fille intelligente qu’elle a été. Elle souffre, elle est hantée par le poids du chagrin, mais la cache tout comme Arin lui cache le sien.
J’ai crû à un moment que Marie Rutkoski allait nous écrire un quatrième tome, l’auteure a sorti sa plus grande arme : l’imprévisibilité.
Impossible pour toi d’imaginer ce qu’il va se passer pour nos deux héros.
Jusqu’au bout, tu vas être éprouvé.
Je te rassure pas de quatrième tome, le point est final.
Du côté des personnages, j’ai été très agréablement surprise par Roshar. Le prince de Darca. Il possède un humour décapant, sarcastique, tu ne sais parfois pas s’il est sérieux ou pas.
Il m’a fait par moment peur, tu ne sais pas si tu peux totalement te fier à lui.
Je n’ose pas trop t’en parler surtout si tu n’as pas lu le deuxième tome, son amitié pour Arin est-elle sincère ou motivée par la stratégie politique ?
Un personnage aux multiples facettes qui aura réussi à me faire monter les larmes aux yeux.
Concernant Arin et Kerstel ; là aussi, je vais t’en dire le moins possible, juste te dire que la tension entre eux est maximale, plusieurs fois tu penses qu’ils vont résoudre leurs problèmes, oser parler de ce qui les inquiète, mais non, à chaque fois que tu penses à un dénouement heureux, paf, tu restes sur ta faim.
Un autre personnage bien que pas présent physiquement dans la majorité du roman laisse planer une rage sur Arin, de la douleur et de la vengeance sur Kerstel et Arin. Une ombre qui les poursuit dans leurs cauchemars et à laquelle ils devront se confronter.
Dans cette saga, les femmes sont fortes ; les hommes comme les femmes sont entraînés à la guerre, tu auras affaire à deux d’entre elles, elles possèdent un pouvoir dangereux, même si elles sont que peu présente elles arrivent à te faire craindre le pire.
Du côté de l’écriture, tu te doutes bien que si je lis chaque tome c’est que j’adore Marie Rutkoski.
Ce que j’ai le plus aimé ici c’est que les personnages importants apparus dans les opus précédents comme Jess, des faits importants sont rappelés. Pas en longueur juste pour te rafraîchir un peu la mémoire et ne pas les oublier.
Marie Rutkoski ne s’éparpille à aucun moment, les descriptions des lieux, des protagonistes physiques ou psychologiques, les détails sur la stratégie militaire vont à l’essentiel.
Elle écrit avec justesse, tu ressens fortement les émotions des personnages, peur, détresse, colère.
Tu visualises parfaitement le langage corporel des personnages au moment des décisions, des choix parfois très difficiles à prendre, mais essentiels.
Dernière précision sur le choix stylistique de Marie Rutkoski si tu n’as pas encore lu la saga. Elle est écrite à la troisième personne, bien souvent je n’aime pas, car je n’arrive pas à m’identifier aux personnages, ici grâce à des dialogues subtilement placés et toujours au bon moment je n’ai ressenti aucune difficulté.
J’ai eu peur ; j’ai frissonnés ; j’ai admiré ; j’ai été en colère ; frustrée de ne rien pouvoir faire ; mais, j’ai aussi ressenti beaucoup d’émotion ; savamment dosée une fois de plus.
Ce qui fait la force de cette trilogie ?
Tu as à la fois cette intrigue entre les Herannis et les Valoriens, ces derniers ont envahi Heran 11 plus tôt, cette intrigue court sur les 3 tomes, je ne te spoile rien si tu n’as pas encore commencé la saga.
Les Herannis ont été réduits en esclavages, traités moins bien que des animaux.
Les Valoriens s’appropriant sans aucun scrupule demeures et possession du peuple conquis.
Et ensuite, tu as cette histoire qui est développée aussi sur les trois tomes entre Kerstel la Valdorienne et Arin le Heranni.
À aucun moment des livres l’un ne prend le pas sur l’autre.
Les personnages principaux sont eux aussi une intrigue.
La romance possible ou impossible vu leurs peuples opposés ne prend jamais la place au détriment de la stratégie politique.
C’est une saga qui suit une évolution ascendante avec un final parfait.
Ce n’est pas une fin ouverte, mais l’auteure te laisse imaginer un possible futur.
Enfin un dernier point que j’ai aimé ce sont les croyances de Arin, différentes de celle de Valoriens et des Darkan. Lui y croit fort, un dieu en particulier le poursuit, lui « parle »
Cette façon de faire, laisse perplexe ses amis, mais ils ne portent aucun jugement, un message de tolérance et de respect envers l’autre ; un message pertinent à aborder au moment où ces valeurs se perdent. Tout comme celui d’écouter l’autre, de ne rien en conclure sans en avoir pu en discuter calmement.
Arin et Kerstel, un duo de héros au départ que j’ai adoré ; leurs différences sont importantes : condition de vie, façon de penser, communication, confiance en soi, colère, incompréhension, ils seront mis une fois de plus à rude épreuve.
Arriveront-ils à comprendre, mais surtout accepter leurs décisions et motivations ?
Chacun a commis des erreurs. Se les pardonneront-ils ? Tous les deux sont en proie aux doutes et c’est bien normal vu les opus précédents, mais je ne t’en dis pas plus.
Ne te tracasse pas ;tu ne passes pas 600 pages à lire les difficultés morales des héros, la place n’est plus à la plaisanterie, la menace plane sur Heran. Stratégie militaire, manœuvres politiques, batailles sanglantes sont détaillées pourtant encore une fois, tu ne te perds pas en route ; les cartes se déplient devant tes yeux, tu vois les adversaires déplacer leur pion comme un jeu d’échecs. Rien, mais, vraiment rien, n’est possible à deviner à l’avance.
Une super saga YA, chaque tome apporte un développement supplémentaire que cela soit sur la psychologie des personnages comme je te l’ai dit ou sur le destin des deux pays.
Que c’est frustrant de ne pouvoir en dire plus !
Je te laisse Arin et Kerstel entre tes mains, si tu as lu, si tu comptes lire cette saga vient m’en parler en privé. Je t’assure que je ne mords pas. J’adore échanger par e-mail ou message privé avec mes lecteurs. Je suis de nouveau un peu plus active.
« Il nous a changé tous les deux. »
Elle semblait lutter pour les mots . 
« Je pense à toi, à tout ce que tu as perdu, qui tu étais, ce que tu étais obligé d’être et ce que tu aurais pu être, moi je suis devenu ceci, cette personne, incapable de… »
Elle ferma la bouche.
« Kestrel, » dit-il doucement, « j’aime cette personne. »
 
 
The curse, tome 3 : the kiss de Marie Rutkoski – traduction de Mathilde Montier – Fantasy, Young Adult – 635 pages, 16€ – Édition Lumen, en librairie le 15 mars 2018
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