4ème de couverture :

Oskar a 12 ans et vit
avec sa mère dans une banlieue glacée de Stockholm. Solitaire et discret,
martyrisé au collège, Oskar n’a d’yeux que pour sa nouvelle voisine. Elle est
si différente ! La petite fille ne sort que le soir, ne craint ni le froid
ni la neige, et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable.
Oskar trouvera en elle
un écho à sa propre solitude et ils deviendront vite inséparables. Mais
que penser des meurtres et disparitions inexplicables qui se multiplient dans
le quartier depuis son arrivée ?

Synopsis :

Nous sommes en Suède, à Blackeberg, banlieue sordide des
années 80 ; Oskar à 11 ans, tête de turc de ses camarades il rencontre Eli
sa nouvelle et mystérieuse voisine. Son arrivée coïncide avec une série de
meurtres et disparitions inexplicables.
Ne vous attendez pas à lire un livre de bit-lit ou un
thriller comme peut le suggérer la 4eme de couverture.
On ne peut le classer dans aucun de ces 2 genres, nous
sommes dans un thriller avec un soupçon de fantastique sous un fond de bit-lit
mais ce n’est pas du tout ce genre qui prime.
L’auteur joue avec le côté le plus glauque de la veine
vampirique, ici point de vampire sexy, même si nous retrouvons les
caractéristiques communes du mythe (sensibilité à la lumière, immortalité,
etc.)
L’écriture, simple et fluide, n’empêche pas la lourdeur du
roman, les dialogues trop nombreux ne contribuent pas à l’alléger.
John Ajvide Lindqvist nous dépeint les aspects de  l’humanité les plus sordides (alcoolisme, prostitution,
pauvreté, drogue, violence, pédophilie, etc.) l’accent est mis sur ce qui lie
Oskar et Eli, leur difficulté à s’intégrer, leur différence, leur solitude.
Ce fil  narratif n’est
qu’une des intrigues du roman ; les liens entre les nombreux personnages,
tous plus sombres les uns que les autres, sont constants.
Série de destins croisés, tout les personnages interagissent
entre eux, ils sont liés chacun d’eux que ce soit de près ou de loin,  on fini par s’attacher à eux, aussi
impitoyable soient ils.
Ce livre est parsemé de scènes violentes (et pas seulement à
cause du coté vampire), d’un climat malsain, froid, dur, certains passages sont
effrayants, difficilement soutenables, les meurtres qui y sont perpétrés sont abominables,
certaines des descriptions sont ignobles.
Point fort du roman qui m’a malgré tout permis de persévérer
dans ma lecture (malgré les multiples  tentations de l’arrêter) c’est que nous sommes
sans cesse ballottés du côté de l’opinion publique puis du meurtrier, nous
ressentons la détresse du tueur, nous nous mettons à la place de la police ou
nous sommes simple spectateur.
L’auteur joue avec les contrastes (la monstruosité face l’innocence,
la violence se mêle à l’amour, la vie côtoie la mort)
Nous sommes tout au long de la lecture dans l’incertitude,
rien n’est jamais net, les morts ne le sont pas vraiment, les parents
n’assument pas ( plus) leur rôle de parents, la nature d’Eli n’est jamais
vraiment dévoilée, Nous sommes plongé comme dans le brouillard qui semble peser
sur la banlieue de Blackberg, comme si cette brume épaisse sortait du livre
pour amener le lecteur au centre de l’intrigue, à la lueur, cette belle amitié
entre Oskar et Eli .
John Ajvide Lindqvist réussi malgré tout les cotés durs du roman, à
laisser planer le suspens, le dénouement de l’intrigue n’est révélé que vers la
fin du livre, exercice difficile pour un roman de 640 pages !
Ce livre, publié à l’occasion de la sortie du DVD du film
plusieurs fois primé «  Morse » de Tomas Alfredson, ne m’a pas donné
envie de voir l’adaptation cinématographique.
C’est un roman
destiné à un public averti, certainement pas à un jeune public.

Il m’est difficile de
donner un simple ressenti à cette histoire tant et si bien que je ne sais pas
me situer par rapport au livre, je n’ai ni aimé ni détesté, je vous laisse en
juger par vous-mêmes.

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