Sur la tête de l’amour 
de Boris Lanneau 

264 pages, 14.90€
Young Adult, à partir de 14 ans
Editions Sarbacane, collection X’prim, 6 mars 2013
Un quartier HLM. Il y a Aswad, toujours au mic, MC respecté de tous, à l’ambition XXL ; et Sam, silencieux comme des baskets sans marque et qui écrit dans le noir. 
Dans une semaine, le battle rap opposera tous les acharnés des mots. 
Mais plus fort que la musique, entre Sam et Aswad, il y a le coeur de la belle Nora, qui bat pour les mots qu’elle aimerait tant pouvoir écrire, elle qui n’a d’yeux que pour Rimbaud. 
Alors, qui aura le dernier mot, le mic ou l’amour?


Nous lisons dans ce livre le quotidien de 3 jeunes de cité
Aswad, Sam et Nora, tous trois amoureux des mots.
Aswad, le rappeur rebelle de la MJC et amoureux de la belle
Nora depuis sa plus tendre enfance, il déclame les mots mais ne les écrit pas.
 Sam jeune garçon seul, qui ne dit jamais rien, il deale ses textes pour Aswad,
il a lui aussi succombé au charme de Nora. 
Nora la fierté de la cité,
studieuse, elle adore la littérature et surtout Rimbaud
, l’avenir de sa fille
pèse sur ses épaules. 
Notre trio nous entraîne, sous fond de slam, frotter nos basket
sur le bitume de la cité
.
En les suivant on lit la vie. La vie des cités, leurs
quotidiens, leurs bonheurs et leurs malheurs.
Les mots sont au cœur du roman et de l’intrigue.
A la fois
synonymes de bonheur et de malheur pour les 3 protagonistes
 : Nora est une bonne
élève mais a de gros soucis en orthographe, Aswad arrive à soulever les foules
et les bras pendant ses prestations sur scène mais est incapable d’écrire ses paroles
et enfin Sam qui est incapable de prononcer un mot mais qui noircit des pages
et des pages de textes.
L’auteure manie les mots à merveille, si j’ai été quelque
peu déstabilisée par le verlan et le slam Boris Lanneau m’a emporté, c’est
écrit comme si c’était déclamé.
J’aime moi aussi les mots, les vrais ceux qui
expriment les sentiments et ici c’est mission réussie pour l’auteur.
Grâce à son écriture il nous montre un autre visage des
cités (il faut l’avoue ces complexes de
bétons n’ont pas bonne réputation dans l’actualité)
, une cité où on peut
rencontrer un homme fou amoureux de sa femme et qui va lui chanter « Que
je t’aime » pour qu’elle ne le quitte pas et que tous les habitants vont reprendre
en cœur, un moment du livre que j’ai adoré.
Un roman, conte moderne de Cyrano de Bergerac avec Aswad et
Sam, tous 2 amoureux de Nora ; un seul arrive à lui parler sans pouvoir
lui dire ce qu’il a sur le cœur car ces mots ne sont pas de lui, l’autre ne
parle pas mais lui fait de magnifiques déclarations d’amour sur papier.
J’ai adhéré à l’ensemble des personnages même si j’ai moins
aimé Aswad pour son côté égoïste, tous m’ont convaincu, intéressant à suivre,
touchants dans leurs façons d’être et d’agir.
Mon préféré est Sam, ses mots m’ont conquis, un peu étrange
puisqu’il ne parle pas et qu’on ne sait pas pourquoi, Sam tellement seul et qu’on
a envie d’aider. Nora, son amour pour son frère Youssef, son envie de le
protéger et vice versa, son amour pour Rimbaud, qui veut tellement s’en sortir.
Aswad rebelle au cœur tendre, j’ai aimé lire sa façon de se comporter en
famille et devant ses copains et enfin le duo Hein et Neken (juste le jeu de mot j’adore), 2 amis,
qui deale un peu tout et n’importe quoi pour les habitants de la cité, d’une
canne à pèche à un Bescherelle.
L’auteur aborde de nombreux thèmes et sentiments au cours de
la lecture
(musique, amour, haine, joie, embrouilles, la joie, les larmes, etc.)
et nous dépeint à merveille les lieux (Les halls dégoutants, les ascenseurs pas
entretenus, le bitume, les bancs où les habitants se regroupent en fonction de
leurs âges ou nationalités, les appartements, les portes qui claquent, les
jeunes qui traînent dans les couloirs) mais pas pour les noircir, au contraire,
il nous montre ce qui est beau : La vie , l’amour
Il n’y a rien de sombre dans ce livre, même les moments plus
douloureux sont empreints de poésie. L’auteur s’attache à montrer une image
positive de ces cités.

L’écriture est rapide, rythmée, les mots coulent, se lisent
et se crient.
On suit un quotidien banal mais pas ennuyeux, les rebondissements
se succèdent sur morceau de Slam
.
L’auteur joue avec les mots et nous le suivons sur sa
partition.
Le livre est plein de poésie, de jeux de mots avec des moments d’humour,
des moments tendres, des moments forts.
Des tranches de vie pleines de
réalisme.
La fin par contre m’a déçue, je ne m’y attendais pas du tout,
elle arrive tout en douceur et finit brutalement.
Si au départ le lecteur peut-être déstabilisé par cette
plume assez inhabituelle on s’y fait vite
(bon
j’avoue je n’ai pas compris tous les mots en verlan)
, on est emporté au cœur
de cette belle histoire d’amour, ne vous fiez pas du tout aux 3 personnages,
oui il y a un triangle amoureux
, oui ces 3 personnages sont principaux mais c’est
l’amour avec un grand A qui est narré, on l’oublie très vite ce triangle pour s’attacher
à suivre chacun des personnages indépendamment.
C’est ce que j’aime chez Sarbacane c’est que leurs livres sont
des odes à la vie, celle de tous les jours, avec ses hauts et ses bas, avec des
mots vifs et tranchants mais qui fontt réfléchir.

C’est la réalité de la VIE !

Un extrait 

« Face à face, ils ne savent plus comment s’y prendre tous les deux. Dans les bras ! pense Neken en les regardant commencer malgré eux à s’aimer. Le BON COIN d’un coup est devenu une île qui n’est pas sur la carte, sans traces de pas sur la plage, la Terre s’est arrêtée de tourner, même mieux : elle a chaviré, les tours ont la tête en bas, il y a du sable en Antarctique et de la glace en Afrique ! »

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