J’avais découvert Saphia Azzeddine l’année passée avec son roman « Bilquiss » que j’avais vraiment aimé, j’avais vraiment hâte de retrouver l’auteure pour cette rentrée littéraire, malheureusement cette fois j’ai été quelque peu déçue, peut-être ai-je mis trop d’attente dans ce nouveau livre ?
Nous suivons Marie-Adélaïde, vendeuse dans une grande chaîne de pâtisserie. Comme le titre du livre l’indique, elle est née sous X, ce X elle ne le supporte pas, elle exècre à la fois sa mère et à la fois aimerait tant la connaître, elle l’imagine, la façonne.
Notre héroïne est pleine de rancunes envers la société, une société qu’elle décrit à la fois avec humour et colère, celle qui a brisé tous ses espoirs, elle raconte les familles d’accueil, le parcours qu’elle a mené, son passage en prison, ce travail qu’elle fait, mais qu’elle n’aime pas.
Une héroïne brute de décoffrage, elle est toujours à la limite d’exploser, cette quête d’identité, bien légitime, ce X qui l’obsède tout comme son prénom, Marie-Adélaide, elle imagine que sa famille était riche pour lui avoir donné un prénom pareil.
J’ai eu tant de mal à éprouver de l’empathie pour le personnage central de Saphia Azzeddine à cause des jugements qu’elle porte sur la société, sur les gens qui l’entourent, elle les range immédiatement dans une case sans, parfois, même chercher à les connaître.
Si j’ai bien compris ce sentiment de ne pas trouver sa place, ni dans le « petit » peuple auquel elle cache sa grande culture, son intelligence, ni auprès des « bourgeois » qu’elle va être amenée à côtoyer, et pareillement à « jouer un rôle », je suis restée très en dehors de sa quête d’identité.
Je pensais vraiment que ça allait être le thème du roman et ça l’est, mais en même temps l’auteure fait, à travers son personnage, une satire de la société, elle aborde quantité de thèmes qui sans être dénués d’intérêt, ici moi, ne m’ont pas du tout intéressée.
Comme si l’auteure voulait, en très peu de pages, crier toute sa rage, son incompréhension face à cette société moderne.
La plume de l’auteure est celle que l’on connaît, vive, acérée, sans tabous, elle n’essaie pas de faire de jolies tournures de phrases, non les mots vous les prenez en pleine figure. Elle écrit ce qu’elle pense comme elle le pense.
J’aime cette écriture, mais avec « Sa mère » j’ai eu l’impression qu’elle en faisait de trop.
Le dénouement de l’intrigue, la manière d’y arriver m’ont semblé un peu trop simplistes mais j’ai, par contre, aimé la façon de l’auteure d’aborder le thème de l’amour entre 2 personnes d’origines et de classes différentes même si ce n’est qu’en quelques lignes.
J’aurais vraiment apprécié que ce sujet de l’abandon sous X soit mieux développé, je n’ai pas ressenti d’émotion.
Je reconnais le talent de l’auteure, mais une lecture en dents de scie, des passages que j’ai bien aimé, mais, autres pas du tout, il y a eu ce côté trop « poussif » qui moi m’a dérangée à certains moments, certains jugements que je n’approuve pas ou auxquels je n’adhère pas et enfin une héroïne à laquelle j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher.
Sa mère de Saphia Azzeddine – roman contemporain – littérature française – 240 pages, 19€ – Édition Stock- En librairie le 24 août 2017

0