Londres par hasard
De Eva Rice
Roman
488 pages, 22€
Éditions Baker Street, 17 octobre 2013
Tara, adolescente un peu rebelle dont l’enfance a été assombrie par la
mort tragique de sa mère, vit avec père vicaire et ses sept frères et sœurs
dans un presbytère de Cornouailles. Quand, lors d’un mariage, elle est
remarquée par un producteur de disques pour sa belle voix, sa vie tranquille de
jeune provinciale va basculer. Bientôt, accompagnée de sa sœur Lucy –
ravissante jeune femme qui brise tous les cœurs mais qui ne rêve que de
vieilles pierres -, elle partira pour Londres où elle enregistrera un disque et
connaîtra le succès artistique, en même temps que ses premiers amours avec un
photographe de mode. Les deux filles seront plongées dans le bouillonnement
culturel du Londres des << Swinging sixties ››. Lucy va même se
rapprocher d’un certain chanteur et joueur d’harmonica qui deviendra par la
suite l’une des plus grandes icônes de l’histoire du Rock.
Dans ce roman << vintage ››, où les éléments de fiction et de la
réalité se croisent et s’entremêlent, l’auteur dresse un tableau saisissant et
nostalgique de cette époque, nous immergeant dans l’ambiance survoltée qui
accompagnait les débuts des Beatles et des Stones, quand Londres était la
capitale de la musique et de la mode. Une foule de personnages singuliers se
dresse autour de Tara et de sa sœur, et les intrigues et imbroglios amoureux et
familiaux se multiplient. Tara va triompher de bien de mésaventures dans ce
roman initiatique plein d’espièglerie et d’humour, teintée de cette petite musique
très personnelle qui donne tout son charme aux romans – So British – d’Eva
Rice.
Je ne vais pas vous résumer comme je le fais d’habitude le début de
l’intrigue, car la 4e de couverture dévoile ce qu’il est nécessaire de savoir
sur ce livre.
Dans « Londres par hasard », je ne peux pas dire qu’il y ait vraiment
d’intrigue à part celle dévoilée dans le résumé, c’est plus un roman
d’apprentissage autour des 2 héroïnes du roman,
je dis deux, car, même si c’est
Tara le personnage central, Lucy sa sœur, a autant de place qu’elle dans le
livre
, on les voit évoluer toutes deux, différemment, mais ensemble.
En début de livre nous faisons la connaissance de Tara, alors âgée de 9
ans
, chanter et galoper lui permettent d’oublier un instant la perte de sa mère
et lui donne l’impression d’être quelque chose de plus que « la sœur de
Lucy ».
Sa sœur aînée, Lucy, 14 ans, est une belle jeune fille qui attire
l’attention sur elle, tous les garçons du village en sont fous, mais Lucy est
bien moins figurante qu’on ne pourrait le penser. Elle est passionnée par les
vieilles demeures anglaises.
Autour d’elles gravitent une galerie de nombreux personnages : leur
père, le vicaire
, qui aime ses enfants, mais qui a un peu perdu la façon de le
montrer depuis le décès de son épouse, leurs frères et sœurs, leur tante Mary,
cuisinière pour de riches familles
et grâce à qui Tara va rencontrer un homme
qui plus tard changera complètement sa vie
, son premier amour d’enfant, Inigo
Wallace
, un guitariste de 8 ans son aîné, Lady W.D. et sa fille Matilda
les riches propriétaires du Manoir de Trellanack
, Raoul le mari de Lucy, puis
en seconde partie du roman, quand Tara débarque à Londres on rencontre Billy,
l’homme qui a remarqué son talent, producteur de disques, Clover, Digby,
 les personnages fictifs côtoient les personnages réels, Johnnie Ray, Nathalie Wood, Marina
Hamilton,
un certain Brian Jones, ami de Keith (Richards) et Mick (Jagger) …le
début des Rolling Stones.
Si je m’attarde autant à vous citer les protagonistes du roman, c’est
parce que ce livre est vraiment basé sur les personnages et sur l’ambiance So
British.
L’auteure a réalisé un gros travail sur ses protagonistes, tous sont
bien construits, ancrés dans la réalité
, elle s’attache à nous dépeindre leurs
défauts, leurs qualités aussi, mais un peu moins, elle nous montre leurs
faiblesses, leurs peurs, leurs doutes, elle en fait des personnages très réels
et attachants.
Ils interagissent beaucoup entre eux, ils se passent énormément
de choses en peu de temps.
L’autre point fort du roman c’est l’ambiance qui s’en dégage
Eva Rice
grâce à ses nombreuses descriptions nous fait replonger dans l’Angleterre des
années 60.
Dans la première partie, elle nous détaille Les Cornouailles, les mœurs
de l’époque, la vie dans un village typiquement anglais
. J’ai eu l’impression
d’habiter le vieux presbytère, de déambuler dans les vieilles demeures
victoriennes. 
Dans la 2e partie du roman, on est plongé dans l’effervescence de
Londres en plein développement
, les démolitions des anciennes bâtisses (ce qui
n’est pas du goût de Lucy) pour en faire le Londres que l’on connaît
aujourd’hui.
Ce qui m’a plu aussi dans ce roman c’est les contrastes que l’auteure
nous montre. 
Lucy, belle, en avance sur son temps dans la façon de se comporter, un
peu fofolle, qui n’a l’air de penser qu’à s’amuser aux pubs, mais qui n’a qu’un
but dans la vie : sauver les vieux bâtiments de leur démolition.
Le contraste fort entre leur village natal, Trellanack, village perdu,
proche de Truro, et celui de Londres.
Le contraste entre la gaieté qui semble régner dans ce Londres des
sixties et la déchéance morale  voire physique qu’elle suscite chez certains des personnages.

couverture VO
J’ai aussi beaucoup aimé suivre la progression des personnages, Tara qui
deviendra Cherry Merrywell (son nom de scène), on la voit évoluer de
l’adolescence avec son lot d’insouciance à l’âge adulte. Lucy qui cherche sa
voie et son bonheur.
L’histoire est racontée du point de vue de Tara, c’est la narratrice.
La plume de l’auteur est jolie, de la romance, de l’humour, des
références culturelles et historiques
.
Il y a à mon goût un peu trop de
descriptions
même si j’accorde qu’elles sont importantes, j’aime les
descriptions, mais avec modération, or ici, rien ne nous est épargné.
C’est un livre qui se lit rapidement, malgré son nombre de pages et ses
caractères très petits,
il y a tellement de rebondissements, de personnes et
lieux à découvrir que nous sommes emportés dans le tourbillon du livre.
L’histoire en elle-même se déroule sur 10 ans, mais l’intrigue principale,
l’arrivée et le départ de Tara et Lucy de Londres se passent très vite.
Le titre est parfaitement choisi, les rencontres que l’on fait par
hasard peuvent marquer et changer radicalement une vie comme c’est le cas dans
le roman.
Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre, j’ai même été un peu déçue,
j’en attendais peut-être de trop, j’y ai trouvé quelques longueurs, Tara m’a
moins convaincue que Lucy
mais cela reste une lecture agréable, pas prise de
tête, légère et « musicale ».
Je l’aurais peut-être davantage apprécié si j’avais lu le premier tome
(même s‘ils peuvent se lire indépendamment) «  L‘amour comme par
hasard » apparemment on y retrouve certains protagonistes.
Tome 1 L’amour comme par hasard
 Des moments que j’ai adoré, d’autres qui m’ont ennuyé, un bilan en
demi-teinte.

Un livre qui plaira à ceux qui aiment qu’un roman
se base surtout sur ses protagonistes, à ceux qui voudraient retrouver cette
atmosphère propre à l’Angleterre des années 60.

Eva Rice à droite (source Fan page Facebook)

Elle est née dans une famille d’amateurs de musique.

Son premièr livre « A Guide to the Characters of Enid Blyton » a été publié en 1997.

« L’amour comme par hasard », grand best-seller en Angleterre, vendu à plus de 220 000 exemplaires, a été finaliste des British Awards de 2006. Eva Rice vit à Londres. (source Babelio)


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