Les géants 
de 
Benoît Minville 
284 pages
 15,50 €
publié le 5 novembre 2014
Editions Sarbacane, collection Exprim’
4eme de couverture : Ca se passe sur la côte basque. Les Géants, ce sont eux : Deux familles, un clan qui se serre les coudes depuis toujours. Les parents, ouvriers et pêcheurs, gardent la tête haute. Leurs fils ont le surf pour vocation, peu ou pas d’horizon. Et soudain, la vague arrive : César, le grand-père, revient. Il a passé 20 ans en prison ; tout ce temps, on a fait croire qu’il était mort… … et il a des comptes à régler. De lourds secrets a déterrer.

Je reviens avec ma première chronique depuis longtemps pour vous parler du livre « Les géants » de Benoît Minville.

 Vous le savez sans doute ou pas, j’avais adoré son premier roman « Je suis sa fille », il avait déjà mis la barre haute, je peux vous assurer que pour celui-ci la barre est toujours aussi haute. (Il garde le cap le capitaine !)

 Je n’ai pas voulu lire de chroniques avant d’entamer ma lecture, j’ai occulté de mon esprit qui l’avait écrit pour avoir un avis sincère et objectif.

 Quand à la fin du premier chapitre un auteur arrive à vous emmener au cœur de son intrigue pour moi le pari est déjà réussi.
Je me suis retrouvée au Pays basque, amie de Marius et d’Esteban, 2 des personnages principaux, surfant non pas sur les vagues comme eux, mais sur les mots de l’auteur.
Je me suis prise des vagues d’émotions, des lames de phrases incisives, tantôt puissantes tantôt distillées d’humour et de tendresse, je me suis retrouvée prise dans la houle des mots, des protagonistes, des paysages, entièrement immergée dans le roman. 

On pourrait croire, si l’on ne se fie qu’à la 4e de couverture, qu’il n’y a qu’une intrigue, le grand-père César qui revient après avoir purgé sa peine de 20 ans de prison : détrompez-vous !

Pour ma part, les grandes forces de Benoît Minville c’est : que chacun de ses personnages, qu’il soit principal ou secondaire est héros du livre, chacun d’entre-eux traite soit d’un sujet d’actualité ou tout simplement, mais magistralement bien écrit  : de l’amour, de l’amitié.
Des personnages parfaitement construits, humains, on ne peut que ressentir de la sympathie pour eux, que ce soit pour Marius et Esteban « les princes de la mer », mais aussi leurs parents Auguste et Enora pour Marius sans oublier Alma sa sœur ; Henriko et Samia pour Esteban, Bartolo son petit frère.Leur bande d’amis, Panda, Chi, Stéphanie, Sabrina, Sonia. (Chi et Panda ont de ces répliques qui m’ont rire.)

L’amour fraternel entre Esteban et Bartolo est magnifique, l’amour paternel même s’il est maladroit, pudique vous plonge au cœur de ces 2 familles qui se connaissent depuis 20 ans. 

 Je soupçonne l’auteur d’avoir un pouvoir, si je vous assure, dans la poche de sa veste il doit avoir une loupe, une loupe qui observe, scrute le monde, une loupe qui lui montre les réactions des personnes, de la vie.
Un pouvoir ou un don ? Un don je dirais : le don de faire de ses personnages ordinaires des géants.

Que, comme pour « Je suis sa fille », il ne va pour raconter que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, non c’est la vie telle qu’elle est, la vie de gens simples, la difficulté du travail, de boucler les fins de mois, les jeunes qui galèrent, mais à aucun moment on ne tombe dans le patho, c’est toujours très juste, pas de descriptions longues et inutiles.

C’est pour moi la 2e force de l’auteur, par des phrases courtes ou ses dialogues il vous immerge complètement dans son récit, vous n’êtes plus lecteur, mais acteur, les faits se déroulent devant vous, vous êtes au cœur de l’intrigue principale, ce secret de famille vieux de 20 ans qui ressurgit et bouscule tout.
Un secret qui m’a fait battre le cœur, j’étais dans l’urgence de lire la suite, non pas que j’avais une date pour le terminer, non c’était inenvisageable de le poser ce livre, l’action vous en empêche, si pour Marius c’est une urgence de terminer le Lord Jim pour moi c’était urgent de savoir ce qu’il allait se passer. 

 Benoît est aussi un bon « doseur », quel autre mot trouver pour vous dire que tout est juste, rien n’est de trop, ni pas assez, un mélange parfaitement équilibré, des passages émouvants, des passages violents, des sentiments, de l’humour, des personnages attachants, il met tout dans sa « plume shaker », il secoue le tout et vous offre un cocktail détonnant.

 Enfin, la troisième force du livre et de l’auteur, c’est l’arrivée de César, le grand-père, vous vous êtes déjà sentis impressionnés par quelqu’un, vous savez un type que vous n’osez pas regarder dans les yeux, et bien César c’est ça.
Avec lui le roman prend une autre dimension. Vous le craignez ce grand-père, mais vous le suivez, vous ne l’aimez pas beaucoup au début, mais voilà l’auteur nous donne une autre leçon, toujours regarder au plus profond de la personne, ne pas se fiez à une « carcasse-carapace » aussi impressionnante soit-elle.

 Il m’est impossible de vous en révéler davantage, je ne peux vous donner aucun détail supplémentaire que ce soit pour les personnages ou les lieux, je vous gâcherai des moments importants.

 « Les géants » c’est… non je vous dirai pas pourquoi ce titre au combien révélateur du roman.

 Un roman profondément humain, qui plaira aux jeunes, autant à leurs parents, il en a des choses à nous apprendre Benoît Minville, c’est haletant, poignant, percutant. 

Un auteur à suivre assurément !! Un géant !


Quelques extraits de la bande son présente en début de livre comme pour tous les romans de la collection Exprim’




La page Facebook de l’auteur 


A venir sur le blog un autre livre de l’auteur, « Victor tombe dedans », toujours publié chez Sarbacane mais dans la collection s’adressant aux plus jeunes : Pépix

0