Les enfants de la liberté
de 
Marc Levy et Alain Grand 
Bande-dessinée
162 pages, 20€
Casterman, 25 septembre 2013

Alain Grand met en images le roman le plus intime de Marc Levy.
« Nous avions si vite perdu la guerre… De Londres un général lançait un appel à la résistance, tandis que Pétain signait la reddition de tous nos espoirs. Ce 21 mars 1943, j’ai dix-huit ans et j’ai enfin un tuyau pour entrer en contact avec la résistance. Il n’y a pas dix minutes, je m’appelais encore Raymond. À présent, je m’appelle Jeannot. Jeannot sans nom. »
Ils s’appelaient Raymond, Claude, Charles, Émile, Boris, Jan, Catherine, Damira, Sophie ou Osna. C’est l’histoire vraie de ces enfants de l’Occupation devenus trop vite adultes. C’est l’histoire de leur engagement dans la résistance toulousaine.

A partir du roman de Marc Levy « Les enfants de la liberté » qui raconte l’histoire de son grand-père résistant à Toulouse, Alain Grand a dessiné cette BD.
Je n’ai pas lu le roman, ma chronique sera donc basée uniquement sur la bande-dessinée, BD qui m’a donné envie de lire le livre.
Nous sommes dans les années 40, un groupe de jeunes hommes et jeunes femmes, tous de nationalités différentes ont un seul but celui de rentrer dans la résistance.

 Ils se regroupent dans la 35eme brigade, avec peu de moyen ils mettront tout en oeuvre pour combattre ou du moins ralentir la progression des troupes allemandes et dénonceront les manœuvres du gouvernement de Vichy.
Ces jeunes, à peine sorti de l’enfance pour la majorité d’entre-eux, sont prêts à donner leur vie pour vaincre l’oppresseur, ils croient en leurs idéaux et sont certains qu’un jour la France sera libérée.
L’ouvrage suit une progression, des débuts de l’entrée en résistance de Claude et Raymond à la libération de la France par les américains. On pourrait dire que la bande-dessinée est découpée en 3 parties :
Dans la première nous faisons connaissance avec les membres de la 35eme :
Le 21 mars 1943, Raymond, (Jeannot dans la résistance), et Claude son frère, juifs, partent à la rencontre de l’homme qui les fera entrer dans la 35eme. On rencontre ainsi Jacques, Emile, Charles, Catherine, Jan, Boris, Robert, Damira, Marianne, Sophie, Rosine, Guy, Marc et Osna.
Les femmes s’occupent de récolter des renseignements, les garçons de dérouter l’ennemi (destruction de grues, de trains, convois militaires retardés, explosion à la centrale téléphonique de la Whermacht, etc)

– Dans la deuxième partie on voit peu à peu que chaque membre du réseau se fait prendre, dénoncés, arrêtés,  ils se retrouvent emprisonné. Pour certain, sans procès ni attente, ils seront exécutés.

Enfin dans la dernière partie, la partie la plus dure à lire émotionnellement, on suit un convoi de prisonnier juifs et résistants en route vers une destination inconnue mais que tous savent sans issue, en juin 1944.
On lit et regarde les conditions dans lesquelles ils sont, le désespoir de certains, l’aide de quelques personnes, l’impuissance des villageois qui observent passer ce train baptisé « le train fantôme ».

La Bande-dessinée est centrée sur cette 35eme brigade, leurs réussites, leurs échecs, mais on lit aussi la collaboration du gouvernement de Vichy et de certains hauts dignitaires français.
Elle aborde des faits graves et douloureux mais quelques notes d’humour ponctue le récit, ce sont des jeunes gens et même s’ils ont de grandes responsabilités et ils ont aussi leurs moments d’insouciances.

Le graphisme m’a beaucoup plu, les couleurs utilisées s’accordent avec les faits, plus colorées mais neutres quand les résistants réussissent un de leurs coups, sombre quand ils sont fusillés, arrêtés ou déportés.
Les dessins sont parfaitement adaptés à l’histoire.

J’ai apprécié l’espoir et la volonté de s’en sortir que l’on trouve tout au long du récit, même quand les faits sont plus graves, ne fusse qu’en lisant les paroles de la marseillaise.

En fin de volume, sur une dizaine de pages, des documents datant de l’époque ont été ajoutés         (attestation du juge, certificat d’identité, etc) ainsi que des pages écrites par Armand Hertz, Claude et Raymond Levy qui racontent une certaine condition de leurs déportations, je ne dis pas quelle condition car je vous spoilerai une partie de l’histoire.

Des textes, des mots et des dessins forts pour une bande-dessinée qui traite d’un sujet grave mais qui plaira à un public adulte comme à des lecteurs plus jeunes pour qui lire le roman serait trop ardu (je ne la conseillerais quand même pas avant 13-14 ans non pas pour la violence mais pour bien appréhender tous les faits historiques).

J’ai vraiment apprécié cette bande-dessinée et je lirai, comme je vous le dis plus haut, le roman de Marc Levy qui doit être lui aussi très beau d’après ce que j’ai pu lire ici.

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