De l’Irlande des années 1920 au Maine des années 2000, en passant par les plaines du Midwest meurtries par la Grande Dépression, un roman ample, lumineux, où s’entremêlent les voix de deux orphelines pour peindre un épisode méconnu de l’histoire américaine.
Entre 1854 et 1929, des trains sillonnaient les plaines du Midwest avec à leur bord des centaines d’orphelins.
Au bout du voyage, la chance pour quelques-uns d’être accueillis dans une famille aimante, mais pour beaucoup d’autres une vie de labeur, ou de servitude.
Vivian Daly n’avait que neuf ans lorsqu’on l’a mise dans un de ces trains.
Elle vit aujourd’hui ses vieux jours dans une bourgade tranquille du Maine, son lourd passé relégué dans de grandes malles au grenier.
Jusqu’à l’arrivée de Mollie, dix-sept ans, sommée par le juge de nettoyer le grenier de Mme Daly, en guise de travaux d’intérêt général.
Et contre toute attente, entre l’ado rebelle et la vieille dame se noue une amitié improbable.
C’est qu’au fond, ces deux-là ont beaucoup plus en commun qu’il n’y paraît, à commencer par une enfance dévastée…

Ce roman m’attendait dans ma pal, j’ai reçu le prochain roman de l’auteure (je t’en parlerai la semaine prochaine, il sort le 4 octobre cette fois dans la collection le cercle, celui à été publié dans le domaine étranger) je ne me souvenais plus de quoi il parlait, je voulais faire connaissance avec la plume de l’auteure, j’ai adoré ce roman qui raconte une fiction historique.
Je t’ai parlé, il y a peu de temps, du trafic d’enfants aux USA dans les enfants du Fleuve (la chronique est ici), cette fois, il ne s’agit pas d’un trafic d’enfant, mais d’un train qui partait de la côte est jusque dans le Midwest, depuis 1854 jusque 1929.
Ces enfants étaient présentés comme des animaux dans une foire au bétail et confiés à l’adoption.
Bien souvent considérés comme de la main-d’œuvre gratuite. Christine Baker Kline leur rend hommage en écrivant ce roman entremêlant deux voix, deux époques, deux héroïnes fortes : Molly en 2011 et Vivian en 1929.

 

L’auteure va te faire voyager de l’Irlande à New York en passant ensuite par Chicago, les états du Maine, du Minnesota.
Elle te relate l’histoire de ces orphelins par le biais de Vivian, mais dresse aussi un portrait réaliste des grands pans de l’histoire des États-Unis comme la grande dépression, Pearl Harbor et la Seconde Guerre mondiale.
Ce récit est historique oui, mais l’auteure grâce à ses héroïnes réalise une fiction belle, retentissante. Un livre qui m’a énormément touchée.
Si tu veux en savoir plus sur ce mouvement voici un résumé et le lien Wikipedia https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Orphan_Train_Movement

 

Tu vas donc suivre comme je te le disais Molly et Vivian. J’ai adoré suivre ces deux personnages, toutes deux m’ont émue.
Leur amitié improbable va te permettre de remonter le temps et comprendre ce qui est arrivé à Vivian.
Je n’ai pas trop envie de t’en dire plus que ce qui est indiqué sur la quatrième de couverture tellement la vie de ces deux héroïnes est aussi dure que belle.
Tu le sais, j’appelle cela des romans lumineux.

 

Christina Baker Kline n’écrit pas pour faire pleurer dans les chaumières, bien sûr que l’on ne peut rester insensible, mais tu ne peux pas non plus te dire que cela n’existe pas malheureusement.
J’ai fortement aussi apprécié que l’auteure se garde de tout jugement, elle te relate des faits, mais ne pointe pas du doigt.
Tu comprends les dérives de ce mouvement à mots couverts, j’ai été révoltée, comme bien souvent quand je découvre un fait historique dont j’ignorais l’existence.

Dès le départ, j’ai été entraînée à bord de ce train en compagnie de Vivian, Dutchy, Carmine et leurs autres compagnons d’infortune.

 

Le but comme je l’ai compris était de débarrasser les belles rues de New York de ces orphelins bien souvent des enfants issus de l’immigration.
L’Amérique, symbole de toutes les promesses, ne les a pas tenus, en partie, pour tous ces enfants.
Tu vas rencontrer tout un panel de personnages du plus cruel aux gentils.
À aucun moment tu ne tomberas dans le mièvre ou le pathétique.
L’alternance des chapitres te permet de comprendre les vies de Molly et Vivian.

 

Une écriture vive, avec des passages abominables, horribles, mais aussi, et surtout, la puissance de l’amour, la volonté des deux héroïnes, l’espoir transparait des pages du livre.
Des phrases marquantes pleines de poésie.
Le travail sur le portage que va réaliser Molly pour son cours de sciences sociales m’a fait non seulement découvrir une culture, mais aussi réfléchir sur mon propre cas.
Christina Baker Kline a une très belle écriture, dynamique, vive, visuelle, juste ; avec des personnages qui prennent du poids au fur et à mesure de ton avancée dans la lecture.
On sent le travail de recherche effectué mais qui ne prend aucunement le pas sur l’intrigue ou les personnages. L’histoire est incluse dans l’histoire, je ne saurais pas mieux te le décrire.

 

En bref

Un roman sur un pan de l’histoire américaine que je ne connaissais pas, non pas une grande fresque historique, mais un livre émouvant, criant de vérité.
Un roman qui te montre de ne jamais perdre espoir, mais aussi que la vie peut-être profondément injuste.
Des leçons de vie, profondes, comme je te l’ai dit cruelles, mais aussi très belles.
Toute une galerie de personnages qui te paraissent réels, deux héroïnes qui malgré les coups du sort ne baissent pas les bras. Leur amitié est touchante.
Christina Baker Kline te fait aussi tirer cette leçon, inutile pour moi, car cela m’insupporte : ne te fie jamais aux apparences, je pense, surtout à Molly qui s’habille comme une carapace qui la protège et qui eu énormément écho en moi ou ces gens à l’aspect bien sous tout rapport qui n’étaient au final que des êtres horribles sous couvert de charité chrétienne.
Je crois que tu l’as compris, j’ai adoré chaque aspect de ce livre. Je n’ai qu’une hâte : me plonger dans le roman de l’auteure qui m’attend.

Sortie en poche chez Pocket édition le 22 novembre. Note-le bien. 😉


❦ Le train des orphelins ❦ Roman de : Christina Baker Kline ❦ Traduction de Carla Lavaste ❦ 310 pages Édition Belfond,  1 Juin 2015 


 

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