Du côté du livre :

Dans le tome précédent, nous avions quitté Harry brisé par la mort
de Cédric Digorry et le retour de Voldemort. Dans ce nouvel opus, nous
retrouvons un jeune garçon qui va devoir prendre conscience de l’environnement
politique qui l’entoure.

Dès le début de l’histoire, Harry est accusé
d’avoir fait usage illégalement de la magie devant un Moldu, son cousin Dudley.
Il ne réalisera qu’à son arrivée au 15, square Grimmaud, quartier général de
l’Ordre du Phénix et maison de son parrain Sirius Black, à quel point le
Ministère de la Magie, ainsi que la majorité de la communauté des sorciers, ne
semblent pas croire au retour du seigneur des ténèbres. Une campagne de
désinformation rondement menée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge n’a
fait que conforter le monde des sorciers et certains de ses amis que Harry est
un fabulateur et que Dumbledore ne rêve que d’une chose : s’emparer du
ministère.

Afin de maintenir le directeur sous surveillance, le Ministre
imposera à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal :
Dolorès Ombrage, sous-secrétaire d’état.
L’école vivra sous la dictature de
ce professeur qui refuse que les élèves fassent usage de la magie lors de ses
cours. Plusieurs élèves se révolteront et formeront un groupe secret, « L’armée
de Dumbledore », non seulement car ils veulent se préparer à la nouvelle guerre
qui s’annonce mais, qui plus est, la cinquième année dans le monde des sorciers
est une année importante, l’année des BUSE (Brevet Universel de Sorcellerie
Élémentaire). Harry leur enseignera l’art de la défense contre les forces du
mal.

Si ce cinquième tome est le plus gros de la série, nous n’avons pas
d’impression de longueur, J. K. Rowlings nous tient en haleine grâce aux
passages plus lourds faisant place à des scènes plus légères. Le lecteur passe
par les mêmes émotions qu’Harry et ses amis.
Plus nous tournons les pages,
plus nous sommes pressés d’apprendre ce qu’est cet « Ordre du Phénix », de
quelle arme le Prince des Ténèbres veut s’emparer ; nous sommes impatients de
savoir comment va bien pouvoir se débrouiller notre héros dans cet environnement
hostile qu’est devenu Poudlard.

Si par moment Harry peut nous agacer par
ses « colères » nous lui pardonnons facilement, car après tout il n’a que 15
ans, qui peut se vanter d’avoir autant de soucis à cet âge ? Qui ne perdrait pas
patience face à cette horrible Dolores Ombrage ?

Amorcés dans le 4eme
tome nous vivons les premiers émois amoureux de nos personnages, nous sourions
aux blagues des jumeaux, Fred et Georges Weasley, nous apprenons pourquoi
Voldemort a voulu tuer Harry lors de sa naissance, nous découvrons de nouveaux
protagonistes qui auront leur importance dans les prochains tomes.

L’auteur réussit avec ce tome à poser les fondations des prochains
livres. L’intrigue se dévoile petit à petit et le final est époustouflant,
émouvant. Nous n’avons qu’une envie c’est de lire les prochaines aventures de
notre jeune sorcier.

Et du côté du film : 




Réalisé par
David Yates, le film est apparu sur nos écrans en 2007.

Le cinquième
livre est certainement le plus difficile à appréhender. Assurant la transition
entre l’enfance du héros et son passage à l’âge adulte, l’histoire fait
apparaître de nombreux enjeux et de nouveaux personnages. Tout ceci associé à
une intrigue composée de moult péripéties.

Les puristes pourront
reprocher à David Yates de ne pas avoir respecté toute la chronologie du livre.
L’absence de nombreux éléments ou la mise au second plan de personnages cruciaux
tels que les Aurores peuvent nous manquer. Cependant, nous pouvons nous réjouir
d’une intrigue bien ficelée, mature et maîtrisée, même si les actions ne se
déroulent pas comme dans le roman, le scénario reste cohérent.

Côté
acteurs, parmi les nouveaux venus nous citerons Evanna Lynch, interprétant le
rôle de Luna Lovegood ainsi qu’Imelda Staunton remarquable de justesse dans son
rôle du Professeur Ombrage.
Les effets spéciaux sont crédibles, les tableaux
se suivent et nous emportent, la scène finale au ministère est saisissante et
tient le spectateur en haleine.
L’émotion est distillée avec pudeur, la
caméra capte les échanges de regards (entre Harry et Sirius ou entre Dumbledore
et Harry). La scène du baiser entre Harry et Cho est savamment dosée et nous
donne juste ce qu’il faut de tendresse sans tomber dans la mièvrerie.

Les décors sont fabuleux, à tel point qu’on a envie de passer à travers
l’écran pour nous y balader nous aussi. On se voit bien survoler Londres sur
notre balai, pousser la porte d’une cabine téléphonique et voir ce qu’il s’y
passe.

Enfin, on peut souligner que les personnes n’ayant pas lu le
livre ou vu les films précédents manqueront de certaines informations
essentielles pour bien comprendre les réactions et actions des différents
protagonistes.

David Yates s’en tire avec les honneurs. Il centre le
récit sur l’essentiel sans enlever les détails qui font le charme de l’univers
d’Harry Potter. C’est avec joie que nous le retrouverons pour les films
suivants. 

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