Eco, tome 1 : La malédiction des Schaklebott
De Jérémie Almanza (illustrateur) et Guillaume Bianco (auteur)
BD Young Adult /adulte
Édition Soleil, collection Métamorphoses, 28 octobre 2009
Eco est la jeune et unique fille de la famille Shakklebott, de riches notables, couturiers de leur état. Un soir, M. Shakklebott lui confie une mission cruciale, mais Eco faillit et provoque ainsi la ruine de sa famille. Sa mère, prise de démence, la maudit par trois fois. Peu à peu, son corps change : ses bras s’allongent, ses cuisses grossissent, d’affreux petits hématomes lui poussent même sur la poitrine… Serait-elle victime de la malédiction invoquée par sa mère ? Elle décide d’aller trouver la Princesse des nuages pour tenter de conjurer ce mauvais sort…
J’ai découvert cette BD par hasard en allant chez mon fournisseur de BD attitré, j’ai complètement craqué pour les illustrations de Jérémie Almanza, à tel point que j’ai acheté les 3 tomes, que je viens d’acheter « Coeur de pierre » et que l’autre série « Billy Brouillard » de Guillaume Bianco fera partie de mes prochains achats.
Cette BD se démarque des autres par son format (25,5 x 18,5 cm) et sa mise en page proche d’un album jeunesse.
Chaque chapitre commence par une citation du conte « Jack et le haricot magique » et revisite ce conte connu. 
On peut d’ailleurs faire le parallèle entre l’histoire de Jack, envoyé par sa mère vendre une vache ne donnant plus de lait et qui revient avec une poignée de haricots magiques déclenchant les foudres de sa mère et celle de Eco envoyée accomplir une mission par ses parents.

 L’histoire de ce premier tome débute donc comme un conte (voir résumé) jusqu’à un revirement complet, un rebondissement inattendu qui exploite la difficulté du passage de l’enfance à l’adolescence.

Je ne peux pas trop en dévoiler sur l’histoire, mais je dirais que le texte est à la fois poétique, magique et doux et devient ensuite violent et grave, mais avec une fin plutôt fantastique.
Eco est une petite fille qu’on a envie de protéger et d’aider, j’ai été fortement touchée par ce personnage, il me tarde de lire la suite, ce qui ne devrait pas tarder.
Guillaume Bianco laisse, comme dans les contes traditionnels, une morale, voire plusieurs, parmi son texte, il ne saute pas aux yeux de prime abord, mais en relisant chaque page oui.
 Tout en subtilité il traite de thèmes intemporels la richesse (fait-elle vraiment le bonheur ?), la peur (des adultes et des enfants), les changements de personnalités et/ou de corps et encore d’autres, je ne pense même pas avoir tout remarqué… .
L’histoire est sombre, mais les illustrations sont lumineuses, des illustrations magnifiques qui, comme je vous le disais, m’ont complètement charmée.
Les couleurs sont douces, un joli mauve et rose puis, sont plus sombres au fur et à mesure que le texte devient grave, là nous avons des pages plus foncées.
C’est, soit écrit noir sur fond blanc ou, l’inverse.
Les personnages sont potelés (Eco et ses poupées) ou ont des traits plus effilés comme ses parents. Là aussi, le dessin accompagne parfaitement l’histoire, les parents de Eco sont des gens méprisables tandis que la petite fille n’est que bonté.
Texte et illustrations sont en parfaite harmonie.
Les illustrations sont riches, pleines de détails
On lit une première fois la BD entraîné par l’histoire qui nous tient en haleine, ensuite on le relit une deuxième, une troisième fois, pour s’attarder sur chaque page.
Il n’y a aucune monotonie, chaque page est différente, que ce soit dans la mise en page ou le découpage du texte.
Un BD que je qualifierais presque d’Artbook que je vous recommande !
Même si d’aspect il paraît être un album, et même si le début pourrait plaire aux plus jeunes je ne le conseille quand même pas à des enfants. Ils aimeront les dessins, c’est certain, mais, ils ne comprendront pas toute la subtilité du texte ni ce que Eco ne comprend pas elle-même, s’est suggéré par expliqué.

Une très jolie découverte en ce qui me concerne, mon premier coup de cœur BD depuis très longtemps. 


Pour en savoir plus : 

Jeremie Almanza : 

Jérémie Almanza est né à Bensançon en 1982. Tout petit, il est subjugué par Max et les maximonstres de Maurice Sendak, Les Contes de la rue Mouffetard, les romans de Roald Dahl, mais aussi les dessins animés du Club Dorothée. Après un bac ES, il suit un cursus de six ans en fac d’économie, où il tient le blog BD Le Placard à chocolat. Puis il abandonne ses études pour dessiner sa toute première bande dessinée Aristide broie du noir. Son graphisme est aujourd’hui influencé par le cinéma de Caro et Jeunet, les films d’animation issus du Studio 4C, et de nombreux auteurs et illustrateurs tels que Nicolas de Crecy, Taiyou Matsumoto, Mike Mignola, Tony Sandoval, Cyril Pedrosa…  (copyright bédéthèque)

Son Portfolio 


Guillaume Bianco 


Guillaume Bianco

Guillaume Bianco est né le 27 octobre 1976 à Toulon. Il passe un bac arts plastiques, puis devient étudiant en première année de chinois en 1995, 1996, 1997 et 1998 (authentique).Un jour, on lui dit qu’étudiant en première année de chinois, ce n’est pas un métier, et depuis, il cherche à gagner des sous en faisant de la BD. Tout comme son compère Olivier DUTTO, il devient alors élève de TARQUIN à l’atelier que celui-ci anime alors le mercredi à Hyères, en 1994-1995. Il commence à publier ses premiers dessins dans un magazine régional, pour échouer à l’atelier GOTTFERDOM où il fait des caricatures de tout le monde sur les murs. En 1998 il publie son premier album de gags, « Kegoyo & Klamédia ». En 2000, il retrouve ses compères Tarquin, Dutto et Floch pour « La Véritable Histoire des Krashmonsters », avant de se lancer, en cavalier seul, dans l’aventure de « Will », album de gags plus ou moins autobiographiques sur un jeune ado attardé et son chien. (Copyright Bédéthèque)

Son blog 


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