Dans les ruelles chatoyantes et décadentes de la Venise de 1361, Chiara rêve à une autre vie. À la mort de sa mère, victime de la peste, elle est recueillie par une communauté de prostituées alors qu’elle n’est qu’une petite fille.

 

Aujourd’hui, mon cher lecteur, je vais te faire voyager à Venise, nous allons remonter le temps jusqu’au 14e siècle.
C’est une lecture que j’ai adorée, je ne connaissais pas du tout la plume de l’autrice (depuis j’ai appris que sous ce pseudo se cache un homme je te dis un mot à ce propos à la fin), mais elle m’a convaincue. Ce premier opus pose clairement la base d’une saga prometteuse avec des personnages forts et une richesse historique très très intéressante, je t’en reparle plus loin dans mon avis.

Tu commences le récit avec une Venise en pleine épidémie de peste, aucun quartier n’est épargné, le quartier où résident les prostituées est un des plus touchés.
L’une d’entre elles meurt et laisse sa fille, toutes deviendront sa mère. 13 ans plus tard, tu fais la connaissance de l’héroïne de ce premier tome : Chiara.
Elle exerce le même métier que sa mère, élevée dans le milieu, cela ne lui paraît pas anormal, pourtant elle rêve de liberté, de changer de vie, de s’enfuir loin de sa matrone même si elle aime sa ville et ses mille lumières.
Sa liberté a un prix, mais en plus le doge de Venise a des projets qui réduiront encore plus le peu de liberté qu’il lui reste.
C’est dans ce climat que Emma Mars t’entraîne.
Je ne t’en dis pas plus sur le pitch.

Ce premier opus possède trois forces.
Je t’en ai parlé juste au début. La première force est, sans aucun doute, Chiara, je l’ai aimée directement et plus j’ai avancé dans ma lecture, plus je l’ai appréciée.
Elle veut changer sa condition, sans oublier ses plus proches amies, comme Angela, celle qu’elle considère comme sa mère ou Gina sa meilleure amie, sans oublier ses « sœurs » qui partagent le même travail qu’elle.
Un personnage qui réclame la justice, mais sans violence, entêtée, aimante un personnage à la psychologie bien développée tout comme Nicola, ils forment un duo des plus attachants bien qu’ils mènent des vies complètement opposées.
J’ai aussi adoré la bienveillance et la bonté de Alvaro ou encore Rolando.
Pour ce qui est des personnages détestables, ils ne sont pas en reste, Lucia Nigra, Pietro, Sandro, etc. Ils traitent les prostituées odieusement alors qu’ils en tirent profit.
Homme d’Église ou matrone, autant tu vas aimer les premiers que je t’ai cités, autant tu détesteras ceux-ci.
Certains des protagonistes ont existé d’autres sortent de l’imagination de l’autrice, mais tous sont incroyablement bien décrits.

La seconde force de ce roman est l’écriture de Emma Mars.
En très peu de pages, elle te situe directement son intrigue, les descriptions historiques des lieux comme de la situation politique et ecclésiastique sont importantes pour asseoir sa trilogie, mais aucune ne m’a lassée.
Une plume fluide, sensuelle, élaborée, puis sans conteste la recherche minutieuse qu’elle a menée m’a subjuguée.
Fiction et réalité se côtoient sans que tu puisses savoir ce qui est vrai ou pas, la fiction est intégrée dans l’histoire et inversement. La romance est trop belle, j’ai adhéré à cette histoire même si elle peut étonner.
Le langage utilisé est par moment cru, pour ma part cela ne m’a pas dérangé, mais je préfère te prévenir.

Enfin, ce qui a retenu le plus ma concentration sur ce roman, c’est comme je viens de t’en parler l’histoire.
Tu le sais que je suis une grande amatrice d’histoire, le Moyen Âge est la période que j’aime le moins et pourtant Emma Mars me l’a si bien décrite que j’ai visualisé chaque pont, chaque quartier célèbre ou moins célèbre.
Que j’ai compris les enjeux pour Chiara et les autres ; la pauvreté comme la richesse sont expliquées, les palais merveilleux côtoient la saleté des quartiers plus défavorisés et oubliés des dirigeants qui ne pensent qu’à s’enrichir, j’ai vraiment apprécié cette immersion pourtant avec des passages pas très ragoûtants.
C’est une Venise en plein essor que tu lis, en plein bouleversement et construction quand la papauté est encore à Avignon.

J’ai autant aimé que » Les enfants de Venise » de Luca Di Fulvio ce qui n’est pas un petit compliment pour moi.
Certes, c’est complètement différent, mais j’ai retrouvé ce pointillisme historique, ces descriptions que j’avais tant aimées, la Venise du Moyen Âge est loin d’être aussi glamour que ce que l’on voit maintenant, j’ai appris beaucoup sur son essor grâce à ces deux livres.

En bref :

Je t’encourage vivement à commencer cette saga si tu aimes la romance historique, les héroïnes fortes et une intrigue qui court jusqu’à la fin, il me tarde de lire la suite.
Le tome deux est annoncé pour le mois de septembre.
Que j’ai tremblé pour nos personnages principaux ! Vivement que je retrouve Chiara.

Édit :
Au moment où j’ai rédigé ma chronique, je ne savais pas du tout que sous ce nom d’autrice se cachait un homme, mon amour pour ce roman n’en est que plus fort, j’admire ces hommes qui ont la faculté de nous décrire les tourments féminins, qui comprennent les femmes, je ne sais pas si je m’explique bien.
Peu importe pour moi le sexe ou la nationalité de l’écrivain du moment que j’aime le roman, mais ici je souligne ce fait uniquement pour la beauté et la sensualité du texte, vraiment l’écriture, Chiara et l’histoire sont parfaites.
Je ne peux vraiment que te le conseiller.


❦ Castellto, tome 1 : Chiara ❦ Roman de : Emma Mars ❦ 320 pages ❦  Édition Charleston, en librairie le 9 mai 2018


 

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