Attention impression à chaud.
Je viens tout juste de refermer ce livre, j’ai pris 2 minutes le temps de souffler, le temps d’essuyer cette larme qui s’est mise à couler.

Solène Bakowski nous livre ici un thriller, un thriller psychologique double d’un roman noir avec une analyse caustique, cynique de la société.

Monique Bonneuil menait une vie « normale » enceinte, heureuse de former une famille avec son mari jusqu’à ce que celui se suicide.
Ce geste fera un effet papillon. Monique désœuvrée, devenue muette prend refuge chez sa vieille voisine Monique. Anna-Marie vient au monde. Oui, mais…

L’auteure vous prend par la main et vous plonge au cœur du plus sombre de l’âme humaine.
Parallèlement à l’histoire de Monique, nous lisons celui d’une jeune femme de 24 ans attendant avec un sac devant le Panthéon. Qu’y a-t-il dans ce sac ?

Plus les pages avancent plus la noirceur tombe sur vous.
Anna plus âgée rencontre Camille, son ange blond, sans domicile fixe tous les 2 ils ne se quittent plus, ils vivotent grâce à des dessins, des textes… et leurs corps.
Max vient perturber ce duo.
Je ne peux vraiment pas vous en dire plus. Si vous lisez la quatrième de couverture vous en savez suffisamment, pour moi la surprise est encore plus grande sans la lire, comme je fais d’habitude.

Son écriture si elle est cynique est aussi et même bien plus poétique :
 « (…)Maudit balais, maudit ballet
Et dès que je l’aperçois
Danse Monique, pauvre maman
Alors je sens en moi
Hurle Édith, danse Monique, tue maman
Mon cœur qui bat
Balance Édith, écorche maman, ballet fini »


Cette citation n’est qu’un exemple pour vous montrer la finesse, le don de Solène Bakowski de jouer avec les mots. L’écriture est rythmée, le tempo est donné, vous lisez, lisez sans pouvoir vous arrêter.

Il est question de meurtre, de mise en scène macabre, de profitions, de sans domicile fixe, de mensonges, de mal d’amour, d’enfant caché, de manque d’amour, de renonciation, de lutte, de lutter contre soi et contre la vie, d’homosexualité, d’indifférence, de différence, de Paris ville lumière et Paris ville ténèbre.

Ce qui est assez incroyable dans ce livre c’est que la scène la pire (pour moi) est celle qui est la moins décrite (et même la moins « sanglante ») et à laquelle je ne m’y attendais pas du tout, est celle qui m’a donné la nausée et fait couler une larme sur l’injustice de la vie.
Ce twist, ce rebondissement je ne m’y attendais pas du tout, pas de la part de ce protagoniste, pas à cette personne non, ce n’est pas possible.

Anna méritait une autre vie, le malheur fait-il partie de nos gènes, est-ce un cycle sans fin ?
Comment peut-on vivre en n’ayant jamais reçu d’amour en ne sachant même pas ce que c’est d’aimer jusqu’à….

Et ce sac, oui ce sac ou nonnnn ce sac je me doutais de ce que y était caché, mais pas tout, pas comme ça, pas cette fin.

Il m’est vraiment difficile de vous expliquer plus mon ressenti, il faut absolument lire ce livre, vraiment, l’auteure le mérite.
J’espère vous avoir donné envie, pour ma part c’est un achat que je ne regrette pas du tout et je dis merci à Cedrik d’en avoir parlé suffisamment pour titiller ma curiosité.
C’est ça aussi la magie des blogs et de booktube.

Je m’appelle Stéphanie, j’ai 40 ans. Je viens de noircir quelques lignes pour vous livrer mon avis brut sur ce magnifique roman, oui je dis magnifique même s’il est rempli d’horreur.

Sur ce je vais écouter Édith Piaf « La vie en rose » clin d’œil supplémentaire à l’auteure qui sait si bien marier jusqu’aux couleurs.

Auteure à suivre, assurément. 

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