La 4e de couverture laisse supposer que nous allons lire un roman sur la Seconde Guerre mondiale en Italie, plus particulièrement à Rome, mais ce n’est qu’un tout petit pan de ce livre. 
C’est surtout un roman sur la quête d’identité paternelle, sur l’amour qu’une mère porte à son enfant, sur le pardon.
J’ai malgré tout aimé ce roman même si je m’attendais à autre chose.
1943, Chiara, résistante à Rome se rend au café de son ami Gennaro, là où ils impriment, et distribuent des tracts pour la résistance, mais ce matin-là rien n’est comme d’habitude au cœur du ghetto juif, les soldats allemands sont partout, c’est la rafle semblable à celle du Vel d’Hiv à Paris.
Chiara assiste, comme tant d’autres italiens, impuissante face à cette injustice. 
Une mère dans un camion accroche son regard, elle lui montre son fils, Chiara sans prendre le temps de réfléchir se précipite et fait passer pour erreur l’enfant dans le camion, c’est son neveu dira-t-elle au soldat.
Ce passage m’a profondément émue, comment une mère peut-elle avoir la force de donner son enfant à une inconnue pour le sauver….
Ensuite, place à l’intrigue principale du livre : Daniele Levi, ce petit garçon de 7 ans que Chiara a recueilli.
Elle l’aime comme son propre fils, elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour le protéger de la guerre, allant jusqu’à abandonner une partie de sa famille.
Chiara est une jeune femme pleine d’amour, elle s’occupe de sa sœur plus âgée, mais handicapée mentale en abandonnant toute vie sociale possible. 
Elle les emmène tous deux chez sa nona, dans la campagne romaine espérant que l’enfant sorte de son mutisme.
Il a été profondément marqué et on le serait à moins.
Que comprend y-il du haut de ses 7 ans, ils se retrouvent au milieu d’étranger qui ne pratiquent pas la même religion que lui et qui ne peuvent rien lui révéler sur ses parents ne les connaissant pas, il n’a pour lui que son nom de famille, aucun souvenir, aucun objet, pas de photo.
On bascule ensuite à Cardiff en 1973, Maria s’apprête à passer ses examens quand elle trouve une lettre en réponse à sa mère Edna, une lettre venant de Rome, qui dit « je suis dans l’incapacité de transmettre votre courrier à Daniele Levi (…) car j’ignore où il se trouve » 
 Qui est cette Signora Ravello ? Pourquoi sa mère demande-t-elle des nouvelles de cet homme dont elle n’a jamais entendu parler ?
C’est un tsunami qui s’apprête à dévaster la vie de Maria.
Qu’est-ce qui relie Daniele et Maria c’est ce que le livre vous fait découvrir.
L’auteure choisit d’aborder son roman en alternant les chapitres en 1943 et en 1973, on a Chiara jeune et Chiara âgée qui n’a plus de nouvelle de Daniele depuis 10 ans, une blessure profonde, elle l’aime comme son fils.
L’auteure nous entraîne sur la piste de Daniele, qu’est-il devenu ? Est-il mort d’overdose ? Est-il parti d’Italie ?
J’ai tourné page après page afin de savoir le fin mot de l’histoire, la dernière page le tout dernier paragraphe donne la réponse.
Tout le long Virginia Bailly ménage le suspens en nous narrant la vie de Chiara, Cécilia, Simone, Antonio, Asunta, Maria.
Comment ils ont survécu à la guerre et quelle est leurs vies dans les années 70.
J’ai aimé me balader dans Rome, lire les descriptions de tous ses ponts, ses églises, ses marchés aux senteurs méditerranéennes, le cinéma de Fellini, j’ai redécouvert Rome sur les pas de Chiara et appris un pan de l’histoire italienne que je ne connaissais pas, à part Mussolini je dois dire que je ne connais pas grand-chose. 
Je vais y remédier ce roman m’en a donné envie, la passionnée d’histoire qui est en moi a besoin de savoir.
C’est un très bon roman sur le mensonge, le mensonge censé être dit pour protéger, mais est-ce le bon choix ?
Sur l’amour des mères, mais aussi des pères, sur la quête d’identité, c’est l’histoire de deux adolescents a des époques différentes qui soif de vérité.
Vous l’aimerez si c’est cela que vous voulez lire, si c’est un roman sur la Seconde Guerre mondiale que vous attendez vous serez un peu déçu.
Pour ma part j’y ai trouvé mon compte de soif de lecture, le suspens est présent tout au long du roman, il y des moments de fortes émotions, des moments de joie.

« Coeur brisé et briseur de Coeur, un de ces garçons que les filles croient pouvoir apprivoiser »

Tôt, un matin de Virginia Baily – Edition JC Lattès – Roman contemporain/historique – 450 pages, 20,90€- Sorti le 3 mai 2017
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