L’histoire se déroule à Liberty Township, petite ville du Texas dans les années 70, mais avec des retours en arrière depuis les années 30.
Cynthia Bond vous narre l’histoire de Ruby, le personnage principal du roman, son retour de New York puis peu à peu tout ce qui fut sa vie depuis sa naissance.
Une vie digne d’un film d’horreur, entre pédophilie, sévices sexuels, prostitutions, viols rien ne sera épargné à Ruby.
Le second personnage principal du roman est Ephram, un homme un peu simplet un a toujours été amoureux de Ruby. Il vit avec sa sœur Celia qui ne croit qu’en une seule chose : Dieu.
Comme d’ailleurs la plupart des habitants de cette ville, ils prient le jour pour s’adonner aux pires atrocités la nuit.
Cynthia Bond a une écriture imagée, je pense notamment à la corneille.
Si l’on est un peu perdu au début, se demandant qui est qui dans l’histoire, peu à peu, le rideau se lève surtout dans la deuxième partie.
Une deuxième partie où l’on ne peut reprendre son souffle tellement les atrocités racontées sont dures à lire, entre le Ku Kux Clan et ces hommes soit disant chrétiens qui se livrent à des messes vaudous, sataniques, non pas pour expier leurs péchés, mais bien pour pourvoir dévoiler leurs déviances, la part la plus sombre d’entre eux.
Au milieu de toutes ces horreurs il y’a le sourire d’Ephram, il est bien le seul protagoniste à ne rien avoir à se reprocher, c’est la bonté incarnée, il sera un précieux soutien pour Ruby quand celle-ci va perdre pied avec la réalité.
Leur amour est pur et beau, mais c’est mal connaître les culs bénis de la paroisse.
On pourrait qualifier ce livre de conte (horrifique), car Cynthia Bond utilise un procédé d’écriture pour décrire certaines scènes à la limite du fantastique.
C’est parfois déstabilisant, car l’on passe d’une scène mystique à une autre dans le passé ou le présent sans avoir de repère de temps, c’est en lisant que l’on comprend à quelle époque on se trouve et qui est le protagoniste du chapitre.
Elle explique l’histoire de chacun des intervenants, morts ou vivants.
S’il est indéniable que c’est bien écrit, il faut être préparé à lire le récit, c’est très cruel à la limite du supportable.
Un roman sur la douleur, le désespoir, tout ce que le racisme ambiant a pu faire de pire à ces hommes qui n’avaient rien fait sauf celle de ne pas avoir la bonne couleur de peau, certains d’entre eux se vengeront, excorieront leurs peines, mais sur leurs semblables, le blanc est encore tout puissant.
Dans cette communauté pauvre tous les coups sont permis, il n’y a personne d’aussi blanc que le gâteau neige de Celia.
Je n’oublierai pas ce livre, ni Ruby ni Ephram.
Ruby de Cynthia Bond – roman historique – Edition Le Livre de Poche – 448 pages, 7.90€ – Sorti le 29 mars 2017
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