En 2013 j’avais lu « Z, le roman de Zelda », un roman sur l’épouse de Francis Scott Fitzgerald, roman qui m’avait passionnée, depuis ; j’ai lu « Alabama song », « Accordez-moi cette valse », etc.
J’adore cette femme et au cours de ces romans on croise forcément Ernest Hemingway (et Fife).
Quel bonheur pour moi de lire ce roman-ci consacré aux épouses du grand Hemingway.
C’est un coup de cœur pour moi qui suis fan de cette époque et de ces écrivains.
Naomi Wood, après un travail de recherche très important, nous livre une « biographie » fiction à travers les 4 épouses de Ernest Hemingway : Hardley Richardson, Pauline Pfeiffer (fife), Martha Gellhorn et Mary Welsh.
4 femmes totalement différentes ayant le point commun d’avoir profondément aimé l’homme avant l’écrivain.
Un point de vue original afin de découvrir l’homme avant l’écrivain du célèbre « le vieil homme et la mer » ou « pour qui sonne le glas » cet homme qui a reçu le prix Nobel de la littérature en 1954, mais qu’on connaît finalement que très peu.
Ce livre m’a comblée, j’ai suivi l’homme des années 20 jusqu’à son suicide en 1961. Hardley, Fife, Matha et Mary nous racontant les périodes de sa vie.
La folie des années 20 à Paris, celle de « la génération perdue » avec Hardley au tout début de sa carrière, l’homme déjà poursuivi par ses démons de la Première Guerre mondiale et le suicide de son père.
Hardley est la plus « sage » des 4, la plus posée, celle qui n’a rien connu de la richesse ni de la vie de bohème avant de rencontrer son Ernest.
Pendant son mariage avec Hardley il rencontrera Fife (Pauline), d’abord amie du couple elle deviendra de plus en plus présente, cette femme je l’ai détestée dans le chapitre consacré à Hardley, mais c’est celle des 4 que je plains le plus au final, je pense, avec le recul sans être devin que c’est elle qui l’a le plus aimé du moins qui n’a jamais pu tourner la page quand il l’a laissée pour Martha la correspondante de guerre en Espagne.
Fife est délurée, riche, avec elle c’est la fête tous les jours, s’il s’est occupé de son premier fils Bumpy (de son premier mariage), les 2 garçons qu’il a eus avec Fife ont été plus élevés avec les nounous où seuls pendant que leurs parents faisaient la fête avec leur cercle d’artiste et d’amis (les Fitzgerald, les Murphy) elle va consacrer tout son temps à Ernest, corrigeant ses écrits, les tapants à la machine, Ernest passe avant tout et même avant ses enfants.
Dans ces années 35-37, Ernest part couvrir la guerre en Espagne comme journaliste correspondant et rencontre Martha.
Martha est la plus indépendante, elle aime Ernest, mais elle aime avant tout sa carrière, une femme de tête en avance sur son temps, qui porte le pantalon et navigue au milieu d’un cercle d’hommes, avec elle il achètera un domaine à Cuba, rencontrera entre autres Picasso, une de ces relations les plus houleuses, ils se disputent sans cesse sauf quand ils couvrent les guerres (d’Espagne puis la Seconde Guerre mondiale).
Enfin, ce sera Mary qui l’accompagnera jusqu’à à fin de sa vie, Mary la dévouée, Mary journaliste comme Martha qu’il a rencontré à Londres durant la guerre.
J’ai adoré la façon que Naomi Wood nous dépeint l’homme, c’est les femmes qui le racontent, c’est elles qui ont la parole.
L’homme que le public voyait comme un héros, qu’ils adulaient, était en fait lâche dans sa vie privée, il leur a fallu du courage aux 4 pour supporter ses crises, ses doutes, sa paranoïa, son alcoolisme de plus en plus prononcé, ses colères insensées même vis-à-vis de ses amis les plus proches.
L’auteure décrit avec beaucoup de talent les sentiments de ces 4 épouses, Ernest Emingway ne sait pas rester seul, il ne le sera d’ailleurs jamais.
Je ne sais pas s’il aurait pu écrire comme il l’a fait si Hardley, Pauline, Martha et Mary n’avaient pas été là pour sans cesse l’encourager.
On lit les sentiments des 4 femmes, mais aussi la profondeur de l’auteur si célèbre, ses failles et son génie. Même si le roman est vraiment concentré sur ses épouses.
Le roman est découpé en 4 parties une pour chacune de ses épouses, nous suivons Hemingway de Paris à Antibes, d’Espagne à Cuba, de L’Illinois à l’Idaho.
4 femmes, 4 époques différentes autant dans l’histoire que dans l’intimité de l’homme, du couple.
L’homme Écrivain, mais aussi chasseur, aventurier, soldat, pêcheur, marin, aimant même s’il aimait mal.
Ces couples ont toujours fini en trio, ses femmes se connaissant les unes les autres, inimaginables pour moi, mais par amour que ne ferait-on pas ? Surtout Hardley et Pauline qui sont toujours restées amies.
Attention il ne s’agit pas du tout d’une romance, mais bien d’un éclairage nouveau de l’auteur à travers la vie de ses épouses, avec de la fiction, mais surtout de la réalité.
J’ai vraiment adoré chacune des parties, je dirais même que je n’en ai pas eu assez, étant fan de littérature américaine et plus précisément de cette période je ne pouvais qu’aimer ce roman, mais quand, en plus, le talent de Naomi Wood est présent je suis conquise.
Grâce à des flash-back elle nous permet de comprendre comment ils sont arrivés (les couples) à cette situation-là, comment Ernest passe de l’amoureux transi à l’être insensible.
Comment l’homme depuis son petit appartement misérable de Paris au-dessus d’une scierie jusqu’à la consécration vivra et aura vécu.
Une écriture tout en finesse, sans longueur, vous êtes entraîné au plus profond des sentiments des protagonistes.
Je les ai tous aimés même si j’ai mes préférences, mais là ce sont mes préférences de femmes et je serais bien mal de les juger.
Une auteure qui évoque l’homme exigeant envers lui, si fort et si fragile, l’amour dont il a été entouré et dont, j’espère, il s’est rendu compte.
(J’avais fait un tableau sur Pinterest après avoir lu Z le roman de Zelda, je vais le compléter maintenant avec ce roman-ci)

Mrs Hemingway – Édition de La Table Ronde – 288 pages, 21€ – Biographie fiction – Sorti le 11 mai 2017.

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