Malgré que je possède dans ma bibliothèque les 2 autres romans de l’auteure (La drôle de vie de Zelda Zonk et Hannah) c’est le premier que je lis, dès sa sortie j’ai voulu l’avoir, il m’attend depuis le mois de mai, pourquoi ai-je attendu aussi longtemps ? C’est ce que je me demande maintenant, car j’ai complètement adoré ce livre, j’ai vécu un merveilleux moment aux côtés de June et Angela.
Sans avoir le coup de cœur, c’est un merveilleux roman.
L’auteure, Laurence Peyrin, pose dans ce roman, la question essentielle : quelle sera la conséquence de nos choix ou justement le contraire sur notre vie. À 40 ans ce roman m’a fait réfléchir, j’aime ma vie actuelle, mais je suis bien d’accord quand elle dit « On devrait tous avoir deux vies, on se trompe toujours dans la première »
Nous suivons donc June et Angela, le roman commence en 1980, elles ont 16 ans, June des rêves plein la tête tandis que pour Angela la vie est toute tracée elle sera l’épouse de Nick, son fiancé depuis 3 ans et ils reprendront le manège forain du père de Nick : Joe.
Le roman est découpé en plusieurs parties qui correspondent à des changements décisifs dans la vie des deux jeunes filles, mais aussi avec de grands bouleversements qu’a connu New York : 1980 l’assassinat de John Lennon, 1991 l’ouragan et la tempête Bob, 1998 l’affaire Bill Clinton et Monica Lewinsky et enfin 2001 et l’effondrement des Twins Towers.
La vie d’Angela va irrémédiablement basculer lors du rassemblement dans Central Park pour l’enterrement de John Lennon, le monde entier se souvient de cette date, mais Nick et Angela aussi pour des raisons bien différentes.
J’ai aimé le fil conducteur du récit qui est cette amitié indéfectible de June et Angela aussi opposées qu’elles peuvent l’être, aussi physiquement que niveau caractère.
Angela possède une résilience incroyable, pour moi c’est le roc de toute la famille ainsi que de June et d’Adam. Si notre héroïne ne se voit que comme une mère de famille elle est bien plus que ça, autant pour sa mère Irène que j’ai beaucoup aimée que pour Nick qu’elle va épauler tout au long de sa carrière et à qui elle va pardonner énormément de choses, mais aussi pour June, June cette adulte adolescente que l’on aime, que nous lecteur nous comprenons, on l’accepte alors qu’elle, même si elle a tout l’argent qu’elle veut ne s’assume pas, ne s’aime pas.
J’ai aimé aussi le fait que l’auteure aborde le thème de la multiculturalité de la grosse pomme, le récit se déroule principalement à Coney Island, mais aussi à Manhattan.
D’autres thèmes sont évoqués comme l’adultère et ce qui en découle à travers Nick et Margareth, que j’ai détestée au départ mais que j’ai finalement compris.
L’auteure ne porte aucune opinion positive ou négative, son avis n’est pas tranché ni moralisateur, elle fait, une fois de plus, réfléchir le lecteur.
C’est ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, hormis les personnages tous attachants, avec leur force et leur faiblesse, c’est l’humanité qui ressort du livre, la compréhension, le recul que prend l’auteur sans jamais n’émettre aucun jugement, sans jamais « forcer » le lecteur dans une direction, à comprendre l’être humain dans ce qu’il a de plus beau, mais aussi dans sa part sombre.
Même si j’ai eu envie de secouer Angela par moment et lui dire d’ouvrir ses yeux j’ai compris le pourquoi de ses choix, de ses décisions.
Un grand personnage cette Miss Cyclone comme l’appelle Adam.
Une fin parfaite qui conclut le roman avec beaucoup de douceur, une écriture poétique, simple et pleine de vie, des personnages admirablement construits, un passage de l’historie de New York durant ces 20 années de 1980 à 2001 qui m’a passionné.
La 4e de couverture cache bien des rebondissements sur le roman et c’est tant mieux la surprise n’en a été que meilleure.
C’est sur que je lirai maintenant très vite les 2 autres romans de Laurence Peyrin qui m’attendent dans ma Pal.
Miss Cyclone de Laurence Peyrin – roman contemporain – Edition Calmann-Levy – 342 pages, 19,50 – Sorti le 29 mars 2017
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