Comme chaque fois que je lis un roman de Adriana Trigiani je suis ravie, j’adore son écriture, sa narration, la façon qu’elle a de donner vie à ses personnages.
Nous débutons le roman dans un immeuble à appartement de Greenwich Village, Kit y habite, elle aime son quartier, elle est venue à New York afin de réaliser son rêve : qu’une des pièces de théâtre qu’elle a écrite se joue dans la grosse pomme.
Un jour, elle est invitée à prendre le thé chez une vieille dame, elle s’y rend presque à contrecœur et c’est là que le livre prend vie.
En racontant sa vie à Kit, Lucia nous emmène en 1950 dans Commerce Street, là où elle vit avec ses parents et ses 4 frères.
Lucia est une femme indépendante, déterminée, ambitieuse, très en avance sur son temps.
Elle ne rêve pas de se marier et d’avoir des enfants comme toutes ses amies, mais de faire carrière comme couturière au grand magasin de vêtements sur mesure B. Altman, elle rêve même d’avoir son propre commerce.
Malgré son désir d’indépendance elle rencontrera 2 hommes, Dante et John Talbot, tous les 2 opposés, l’un fils de boulanger italien l’autre « homme d’affaires » fortuné.
J’ai aimé les 2, autant pour leurs qualités que leurs défauts, la fin du livre m’a mis un sourire sur le visage.
« Mon plus gros problème en ce qui concerne le sexe opposé est que je n’ai pas besoin d’un homme pour être heureuse. »
L’auteure nous raconte le New York des années 50 surtout dans le quartier de Little Italy, mais aussi de la 5e avenue. 
À travers la voix de Lucie qui est le narrateur, elle nous raconte les bouleversements d’après-guerre, l’arrivée du prêt-à-porter, l’évolution qui est en marche vers « le plus vite tout de suite »
C’est aussi passionnant de lire l’évolution de la femme, même si ce n’est que le début de l’émancipation, les filles vont désormais à l’université et peuvent prétendre à un salaire comme les hommes.
Le personnage principal du livre est également la famille, la famille Sartori avec Antonio et Maria les parents, Antonio tient la plus grande épicerie italienne de Commerce Street, Maria est la vraie mama italienne, elle s’occupe de ses enfants même s’ils sont adultes maintenant : Roberto, Exodus, Angelo et Orlando, les frères de Lucia. 
Cette famille s’aime, se chamaillent, mais ils sont là les uns pour les autres en cas de coup de dur. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.
J’ai une affection particulière pour le papa, Antonio, il aime tant ses enfants, même d’il peut se montrer dur, pas de doute cet homme a un cœur en or, profondément amoureux de son épouse jusqu’à leurs derniers jours
Les parties qui se déroulent dans l’atelier de couture sont délicieuses à lire, il y’a de l’humour amené par le personnage de Delmarr, l’amitié profonde et sincère de Ruth pour Lucia, Violet, Helen les autres amies de l’atelier. Par ces « petites mains », nous côtoyons les célébrités et les riches new-yorkais, les ragots, les bals plus beaux les uns que les autres, la mode.
Les couturiers de Paris qui commence à se faire un nom de l’autre côté de l’océan.
Le mois de vacances en Italie est un passage émouvant du livre, Antonio retourne sur la terre de ses parents, Lucia découvre Rome, Venise, le lecteur aussi par la même occasion.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, la narration, les protagonistes. 
Tout. 
L’idée que Lucia âgée raconte sa vie à une jeune femme m’a émue, j’aime la transmission entre générations.
J’ai souri, j’ai été émue. 
C’est l’histoire de toute une famille qui nous est racontée à travers Lucia. Les moments de bonheur comme ceux de malheur.
« Toute vie a ses hauts et ses bas. Impossible d’empêcher les coups durs, quant aux bons moments, je pense que c’est juste une question de chance »

J’adore lire des romans sur les Etats-Unis dans les années 50, ce livre m’a comblé. 
Lucia, Lucia de Adriana Trigiani – Édition Charleston – Roman contemporain – 340 pages, 21€ – Sorti le 7 juin 2017
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