«  J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.»
Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo  : serait-il en danger dans sa famille  ?
Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.
Me revoici, mon cher lecteur, avec le roman d’une auteure que beaucoup de lecteurs attendent chaque année, pour ma part je ne l’avais jamais lue même si plusieurs de ses précédents livres se trouvent dans mes étagères.
Je ne pourrai donc pas comparer celui-ci à d’autres, mais je vais te donner mon ressenti.
J’ai à la fois aimé ce roman et à la fois je suis quand même sceptique ; déroutée conviendrait peut-être mieux.
4 personnages se donnent la parole dans le roman.
 Tu as Hélène, la prof ; Théo élève de Hélène et fils de parents divorcés, Mathis, seul ami de Theo et enfin Cécile la mère de Mathis.
Le point commun entre tous : Théo. 
Théo 12 ans souffre du divorce de ses parents, il souffre d’être ballotté d’une semaine à l’autre chez sa mère et puis son père. Sa mère lui en veut de continuer à aller chez son père, mais jamais il ne se rebelle, il cache aussi la déchéance physique et morale de son père, dépressif et sans travail.
Hélène sa prof remarque que quelque chose ne va pas chez ce garçon, fille battue dans sa jeunesse, elle en est certaine cet enfant est maltraité par l’un de ses parents.
Mathis lui il voudrait bien aider son ami, mais il le suit, c’est plus fort que lui, il faut dire que l’ambiance à la maison n’est pas terrible, son père travaille souvent, sa mère parle seule.
Des époux qui vivent sous le même toit, mais qui ne communiquent plus.
Cécile, elle, voudrait éloigner Mathis de Théo, mais comment faire ? Elle ne peut pas en parler à son mari, il dira que c’est une tare qui vient de son côté, elle ne vient pas d’un milieu huppé comme lui, elle apprend en plus un secret de son mari qui la perturbe et deux voix parlent en elle, c’est elle, mais séparée en deux.
Comme tu le vois, l’autre point commun est la souffrance de chacun des protagonistes, mais une souffrance qu’ils cachent, par crainte, mais surtout par loyauté.
4 antihéros que tu suis tout à tour sur 208 pages. 
Un roman noir qui te dépeint des sujets lourds. C’est très sombre, aucun espoir surgit entre les pages.
Tu lis la lente déchéance des personnages, sans jugement l’auteure te livre avec des mots bruts, rêches la réalité telle qu’elle la perçoit.
Pourquoi tous se taisent-ils ? Est-ce que les traumatismes de l’enfance nous poursuivent dans notre vie adulte ? Faut-il toujours préserver l’autre au nom de la loyauté parentale, maritale ou amicale ?
Voici les questions qui te viennent en lisant ou en refermant ce roman 
C’est un roman très court (208 pages) je ne pourrais pas te faire une longue chronique.
Je ne suis pas certaine que cela soit le livre idéal pour commencer à lire du Delphine de Vigan, (à voir avec les spécialistesje ne peux pas dire que son écriture ne m’a pas plu, mais j’ai trouvé qu’il manquait un approfondissement de la psychologie des personnages et des thèmes lourds abordés et de cette fin terrible, mais trop abrupte.
Je ne peux nier que j’ai été touchée par les nombreux thèmes difficiles, mais je suis restée assez extérieur au livre, Théo m’a bouleversé tout comme son père, mais j’ai surtout été énervée par ces adultes qui ne voient rien, qui pensent que des mots ne peuvent pas blesser un enfant, j’ai été énervée par d’autres choses, mais dont je ne peux pas te parler sans te spoiler.
Je lui donne un 3/5, c’est un bon roman noir, une belle découverte de l’auteure, mais je lui trouve plusieurs défauts.
Ce ne sera pas un roman qui va me marquer comme certains romans noirs ont pu le faire.
Les loyautés de Delphine de Vigan – Roman noir – 208 pages, 17€ – Édition JC Lattès, en librairie le 3 janvier 2018
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