Kate Morton est une auteure australienne que j’aime, j’ai lu chacun de ses romans à part la scène des souvenirs, elle confirme, avec L’enfant du lac, l’opinion que je m’étais forgée, elle a ce formidable don de conteuse, malgré les 739 pages (de l’édition poche parue chez Pocket, comme ses autres romans d’ailleurs) vous êtes entraînés dans son histoire.
Même si celui-ci n’est pas mon préféré, à cause d’un début assez lent, passé les 200 pages le récit devient captivant.
Le roman se déroule sur 2 époques, dans un premier temps en 1933 avec la disparition de Théo, un bébé de 11 mois dont l’enquête n’a jamais été résolue ; dans un second temps en 2003 avec l’inspectrice londonienne Sadie, en repos forcé, à cause d’une bévue commise lors d’une enquête, elle est partie chez son grand-père en Cornouailles.
Le lien entre les 2 époques est la région et plus particulièrement ce manoir, cette maison de Loeanneth, domaine familial du petit Théo, lieu même de sa disparition un soir de bal du solstice.
Sadie apprend que le domaine qu’elle a trouvé par hasard lors d’une des promenades matinales a été le lieu d’une disparition, elle décide alors de reprendre « l’enquête » même si elle n’est pas officielle.
La disparition de Théo et l’enquête de Sadie ne sont pas la seule intrigue que Kate Morton exploite, chacun des membres de la famille du petit Théo est fouillé, exploré dans les moindres détails ainsi que Sadie. Tous cachent des secrets.
L’intrigue principale vous tient en haleine, il vous faudra beaucoup de patience pour avoir le fin mot de cette histoire, car l’auteure vous mène par le bout du nez, vous entraînant sur de fausses pistes, vous faisant croire dur comme fer à une seule possibilité et quand les 700 pages arrivent et avec elles la résolution de l’énigme vous êtes soufflés, rien ne m’avait mis la puce à l’oreille. Je suis tombée des nues.
Les fréquents changements de temps donnent un rythme au récit, vous empêche de trouver le temps long (même si je l’ai pensé au début) vous êtes en 1930 dans cette maison de Loeanneth avec Alice, une gamine voulant devenir écrivain, ses 2 sœurs Déborah et Clemence, leur mère Eleanore, le père Anthony, la grand-mère acariâtre, Constance et l’ami de la famille Mr Llewellyn, un auteur pour enfant.
Kate Morton s’attache à vous présenter chacun des protagonistes du roman, leurs passés, leurs pensées, leurs aspirations, etc.
Ainsi vous basculez en 1911 lors de la première Guerre mondiale ou Anthony a été appelé sous le drapeau, en 1941 lors de la Seconde Guerre mondiale, vous connaîtrez le détail du cette maison de Loeanneth qui je trouve est elle-même un personnage à part entière, théâtre de tant de secrets qu’elle a gardés.
Ces fréquents changements de temps ne perturbent pas le lecteur même si c’est en plein milieu d’un chapitre, car vous faites attention à chaque détail, essayant de débusquer chaque pièce du puzzle permettant de savoir ce qui est arrivé à Théo.
Quand Sadie reprend l’enquête en 2003 vous faites connaissance d’une autre série de personnages, Sadie bien sûr, son grand-père, Bertie, Peter le secrétaire particulier de la célèbre romancière A.C. Edvane, Alastair le dévoué bibliothécaire qui aidera Sadie dans ses recherches, Clive le policier retraité qui a enquêté en 1933.
Ces protagonistes contemporains ont eux aussi des blessures, des secrets, des aspirations, des buts à atteindre.
Comme c’est frustrant de ne rien pouvoir, vous révèler sur le fil conducteur de l’enquête de la disparition de Théo, tous les protagonistes et les lieux tournent auprès de cette énigme, Kate Morton développe une vraie toile d’araignée dense autour de ce fil rouge.
L’auteure aborde nombre de sujets importants, très émouvants au gré de la connaissance que nous faisions avec tel ou tel protagonistes.
J’ai été émue, j’ai été en colère, j’ai détesté certain personnage pour finir par les comprendre, d’autres non je les ai détestés du début à la fin.
Mon cœur de maman s’est serré plus d’une fois.
Pendant les 700 et plus des pages du roman vous êtes totalement déconnectés de ce qu’il se passe autour de vous pour être plongé dans ce jardin magnifique et mystérieux du manoir familial, l’auteure vous décrit avec brio les Cornouailles, comme je vous le disais elle confirme le talent qui fait que j’aime la lire, il s’agit toujours de secrets de familles et de sagas familiales, mais ici il y en a en plus le côté policier, la quête de Sadie bien sûr, mais aussi l’affaire pour laquelle elle a été écartée de la police, vous retrouverez aussi la romance présente dans ses autres récits, mais qui n’est pas du tout mise au premier plan.
Le livre est rempli de mystères, de charmes, d’énigmes qu’on voudrait pouvoir résoudre autant pour les protagonistes que pour nous.
Kate Morton expliquera chacun de ses mystères, chacun des non-dits avec habilité et efficacité.
Ils sont disséminés à travers le roman, les rebondissements sont nombreux ce qui fait que l’on ne s’ennuie pas et que le suspens monte, car l’intrigue principale, elle, reste irrésolue.
La fin est belle, même si certains pourraient la trouver trop parfaite, j’ai aimé la conclusion autant en 2003 qu’à l’époque des faits.
Un livre qui plaira aux amateurs de mystères, de secrets de famille et d’enquêtes policières avec l’enfance comme point d’ancrage.
L’enfant du lac de Kate Morton – Édition Pocket – Roman contemporain/historique – 744 pages, 8.50€ – Paru le 4 mai 2017 (édition poche) 
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