Voilà 15 minutes que j’ai terminé ce livre, mon mari m’a demandé si j’avais un souci : je suis sonnée.
Rarement, un livre m’a mis dans cet état sur 988 pages, et ce jusqu’à la dernière ligne. 
Je suis passée tout le long par un tas d’émotions : haine, tristesse, nausée pour certaines scènes, pitié, horreur, déni, colère, frustration.
C’est l’histoire « banale » d’une jeune fille de 21 ans condamnée à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Marianne est une tueuse. 
C’est ce que dit la justice, mais c’est un personnage bien plus complexe que cela que j’aimerais tant que vous découvriez.
Marianne est devenue au fil de ma lecture un personnage réel, j’étais enfermée à ses côtés dans la prison, mais aussi dans son esprit.
Oh Marianne comme j’aurais voulu te serrer dans mes bras, j’ai hurlé dans ma tête, j’ai plané avec toi m’échappant moi aussi de cette jungle carcérale.
Un livre en 2 parties : une première moitié dans la prison et une seconde partie où Marianne va pouvoir (peut-être) trouver la rédemption hors des murs de béton, découvrir le ciel et les trains de ses yeux et non plus à travers les barreaux de sa prison.
Mais est-ce que les barreaux peuvent s’oublier ?
Comment oublier la cruauté du milieu carcéral décrit dans ce roman ?
Comment oublier Daniel, Franck, Laurent, Philippe, Justine…
La liberté vue à travers les yeux de Marianne… La liberté au sens propre, mais aussi au sens figuré, est-ce que nous sommes vraiment libres dans notre être le plus profond ?

Le suspens tout au long, des personnages incroyables, une psychologie pour chacun d’eux, on ne peut qu’être pris d’empathie ou de dégoût.
J’ai retenu mon souffle, souvent, j’ai fermé les yeux pour reprendre pied dans la réalité quelques minutes quand ça devenait insoutenable.
J’ai crié, hurlé en silence, impossible de retenir mes larmes.
Ne vous attendez pas à du répit, il n’y en a pas, chapitre après chapitre on est entraîné dans la violence, la noirceur, on se plonge au cœur de la nuit quand les monstres se réveillent.
Il y a aussi l’amour au milieu de toute cette noirceur, un peu de lumière au fond du cachot.
Des moments beaux quand on ne s’y attend pas du tout ou pas comme ça ou pas de ce personnage-là.

Karine Giebel vous prend vos tripes et les retourne.
Je n’ai pas d’autres mots si ce n’est de lire en étant préparé à plonger dans l’obscurité.

Je suis KO.
J’ai lu tous les livres de Karine Giebel mais celui-ci est mon préféré, un coup de cœur absolu.
Meurtres pour rédemption de Karine Giebel – Édition Pocket – 992 pages, 9,30€ – Thriller/roman noir – Publié le 8 mars 2012
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