Mon cher lecteur, sûrement le sais-tu déjà, j’adore les romans historiques, j’adore encore plus quand c’est sous forme d’aventures, de découvertes de nouveaux pays comme c’est le cas avec ce roman.
Anna Jacobs t’emmène de la campagne anglaise du Lancashire aux terres arides d’Australie.
Je ne peux encore que plus aimer quand l’auteure choisit de mettre au cœur de son intrigue 4 sœurs au tempérament fort, élevées par leur père, un homme aux idées larges et qui pense que ses filles ont autant besoin d’étudier si ce n’est plus que de tenir une maison.
Nous sommes en pleine guerre de Sécession, le Lancashire en souffre beaucoup, cette partie de l’Angleterre vit grâce à ses usines de filatures et d’importation du coton du sud des États-Unis, mais voilà avec la guerre il n’y a plus de travail ; la misère règne partout dans la province.
Cassandra l’aînée, Pandora et les jumelles Xanthe et Maïa font ce qu’elles peuvent pour aider leur père Edwin en travaillant pour la paroisse qui donne des travaux de coutures en échange de quelques pièces et un repas.
C’est sans compter sur la méchanceté de leur tante qui répand de méchantes rumeurs à leurs sujets de plus, leur père a choisi la foi méthodiste, il a quitté l’Église anglicane, son frère ne lui a plus parlé depuis des années sous ordre de sa femme.
Leur tante Isabel est une femme mauvaise et revancharde, elle est furieuse que son époux Joseph aide les sœurs et son frère.
Elle se vengera de la pire des façons, les 4 sœurs seront envoyées contre leur gré en Australie qui manque cruellement de domestiques. Je ne peux t’en raconter plus, mais crois-moi ; ces 4 filles, surtout Cassandra vont bien souffrir, elles ne baisseront pourtant jamais les bras face à l’adversité, elles refuseront de se taire comme il sied aux femmes à cette époque.
Heureusement, dans leur vie, arrivera avant leur départ en Australie, le jeune Reece et les époux Southerham, eux ont choisi d’émigrer dans cette nouvelle colonie anglaise pour y aménager une exploitation agricole.
Chaque protagoniste de ce roman est merveilleux, j’ai adoré tous les suivre même si l’intrigue de ce tome porte plus sur Cassandra et sur Francis et Livia les époux Southerham.
Chaque personnage prend vie devant tes yeux que cela soit dans le Lancashire ou en Australie.
Avec une plume fluide, addictive, Anna Jacobs s’attache à te montrer les instincts entre les différentes foi, les différences de classes, l’injustice qui règne en Irlande où les prisonniers politiques sont envoyés à vie en Australie.
Quantité de thèmes sociaux ou historiques sont abordés sans trop de descriptions. C’est passionnant et enrichissant de lire tous les bouleversements qu’a connus cette fin du 19e.
J’avais déjà lu des romans sur la colonisation Australienne (avec deux sagas de Sarah Lark, avec Les orphelins du bout du monde de Harmony Verna, avec Tamara McKinley), mais ici l’auteure choisit d’aborder le thème en commençant par montrer la misère et la pauvreté anglaise dont la royauté ne s’inquiète pas outre mesure, d’habitude on suit des gens de la noblesse ici aussi, mais c’est en premier le peuple dont elle parle.
Je ne savais pas que cette province anglaise avait autant souffert durant la guerre de Sécession, c’est ce que j’aime dans les romans historiques apprendre des faits que je ne connais pas ou peu.
Pour ce qui est des personnages comme je te le disais ce sont les femmes qui sont fortes à l’image de Cassandra et de ses sœurs bien sûr, mais aussi à travers Livia ; elle a beau venir de la noblesse elle a bien plus de jugeote et de réflexions que son doux rêveur de mari, Francis.
L’auteure te montre qu’à cette époque les femmes n’avaient rien à dire ou décider, mais quelques-unes se révoltaient (heureusement)
Elle choisit aussi d’aborder les thèmes importants de la seconde chance et de ne pas se fier aux apparences. La plus grande chrétienne peut être la pire des ordures et un ancien prisonnier avoir le cœur sur la main.
Un premier opus complètement fascinant autant pour l’histoire, pour l’intrigue que pour les protagonistes que tu rencontres et que l’on retrouvera certainement dans les prochains tomes en espérant ne pas devoir attendre trop longtemps.
Il y a tout dans ce roman : de l’amour, du suspens, des rebondissements inattendus, des mains tendues où l’on ne les attend pas et puis les magnifiques descriptions des deux pays. J’ai autant ressenti le froid et l’humidité du Lancashire que la chaleur et les odeurs de l’Australie.
J’ai hâte de retrouver les 4 sœurs, car une intrigue reste irrésolue et je pense que le prochain tome portera (a mon avis) sur Pandora ou sur ce mystérieux, bel homme irlandais Conn ou sur ce vieux monsieur Kevin, tout deux anciens prisonniers, déportés injustement pour leurs idées politiques.
Un roman riche, de la romance, de l’aventure, des personnages au caractère fort et à la psychologie finement abordée, de l’histoire sur plusieurs continents, tu trouveras tout dans cette saga d’une auteure que je ne connaissais pas du tout et qui a pourtant déjà écrit plus de 40 romans.
Je ne peux que te conseiller ce livre si tu aimes les sagas d’aventures et historique et si tu aimes les femmes fortes qui refusent de se résigner à leur condition, d’hommes qui veulent s’en sortir par le travail dans un pays où rien n’existe encore c’est le tout début de la colonisation du pays Australien.
Le destin de Cassandra de Anna Jacobs – traduction de Sébastien Danchin – roman historique – 372 pages, 22€ – Édition de l’Archipel, en librairie le 10 janvier 2018
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