Ce livre je voulais bsolument le lire. Le titre me parlait, la 4e de couverture aussi, mon amie Bettierose books l’avait aimé, quand Alia Cardyn m’a contactée sur Instagram, j’ai d’abord été touchée qu’elle veuille que je le lise et ensuite impatiente de le recevoir.
Aussitôt reçu, aussitôt lu.
Pardonne-moi mon cher lecteur, pardon si mes propos te paraissent décousus.
J’écris comme je le pense ; avec mes tripes et mon cœur comme d’habitude tu le sais maintenant avec moi, pas de tricherie, ce que tu lis ici c’est ce que je ressens.
Être sincère avec toi est ce qui m’importe le plus même si un livre est toujours une question de ressenti et est subjectif par rapport à ton vécu, ton âge ou le moment où tu le lis.
À quel âge fait-on le choix d’une vie ?
Pour Mary, c’est à 25 ans, c’est ainsi, elle n’a pas le temps de tergiverser.
C’est à travers son histoire personnelle que tu vas rencontrer les autres narrateurs du roman.
Jack le jeune homme pour qui la vie n’est qu’une fête et dont il a tout le temps de profiter.
Archibald ; ce vieux monsieur qui écrit à sa chère Lucie qui l’a quittée alors qu’il avait encore temps à lui dire et, enfin, Adélaïde, la quarantaine ; pour elle, c’est certain, elle terminera sa vie seule. C’est impossible qu’on puisse l’aimer.
Chacun d’entre eux m’a touché. 
Chacun, pour une raison différente. 
Je te l’explique un peu plus bas, car avant je voudrais te parler de l’écriture.
La plume de Alia Cardyn est à la fois poétique, douce, sensible, mais aussi vive et incisive, percutante et riche en émotion.
Elle pose des mots très justes sur des thèmes délicats. Conteuse dans l’âme, je crois, je n’ai pas lu son précédent roman pour en être certaine, mais, sache qu’elle m’a embarqué dans ce magnifique roman chorale.
Un roman qui m’a plongée dans mes introspections, un livre qui m’a fait réfléchir sur un fait de société qui est à mon sens encore tabou, celle de la procréation médicalement assistée.
Même si c’est le sujet central du livre, je peux me tromper en avançant que c’est aussi et surtout un livre sur ce que c’est qu’aimer.
Sur ce qui est de notre ressort ou pas, ce qui découle de nos choix ou du destin.
Sur la fragilité de la vie, sur cet instant fugace qui marquera notre vie ou fera regretter nos choix.
Mais faut-il vraiment vivre avec des regrets ou pour vivre vraiment ne vaut-il pas mieux se pardonner à soi-même ?
Fragilité de la vie ; de l’amour, c’est aussi sur cela que j’ai médité.
Un roman sur la difficulté d’être mère, un livre qui m’aurait rassurée étant jeune maman, car oui j’ai énormément culpabilisé ; moi aussi j’ai eu cette impression d’être une mauvaise mère.
Des phrases qui ont résonné en moi, qui m’ont fait penser à la maman que je suis actuellement avec mes ados de 12 , 15 et 19 ans.
Comme je te le disais, chacun des protagonistes m’a touché d’une façon ou d’une autre. Tous ont un point commun : celui de la quête ou de la reconnaissance.
Tous sont à des moments clés, des périodes charnières de leur vie.
Je ne dévoilerai pas comment et pourquoi, mais ils ont un lien avec l’héroïne principale : Mary
Je voudrais vraiment que tu lises ce roman, que tu sois maman ou pas, bien sûr il aura une consonance plus forte si tu es mère toi aussi, mais il dédramatise tellement de points essentiels, il enlève tellement de culpabilité.
Tu te reconnaîtras certainement dans l’un des protagonistes.
« Je ne serai jamais maman. J’aurais pu être tant de mères, l’imparfaite, la mère poule, la bohème, la rigide ou l’étourdie, mais à tout juste vingt-ans, cela m’est déjà enlevé. »
Avec Mary, tu vas suivre le difficile et douloureux parcours de ces femmes et hommes qui ne peuvent donner la vie.
Alia Cardyn traite de ce fait de société avec beaucoup de pudeur, de sensibilité. Elle dédramatise, si je puis dire, ce choix ou non-choix de vie.
Mary qui a toujours voulu, aussi jeune qu’elle ait été, une maman comme la sienne.
Une maman qu’elle n’a plus, une maman qui lui manque tant, elle seule saurait trouver les mots justes, saurait la rassurer sur la décision à prendre.
Mary m’a émue dans ses réflexions, dans ses choix et ses démarches. Par cette quête ; d’être la meilleure mère qui soit.
Sera-t’elle compétente, saura-t-elle assumer seule ? N’est-ce pas un choix égoïste ?
Une jeune femme que tu vois grandir et s’épanouir.
Un personnage admirablement construit, mais c’est le cas pour chacun d’eux.
Leur psychologie est fine, des êtres que tu peux croiser dans la rue, ils ont leurs qualités et leurs défauts.
Ensuite, tu as Jack. Jack ; ce doux rêveur, metteur en scène. Cet adolescent éternel, beau et charismatique aucune femme ne lui résiste.
Je ne peux pas trop développer sur les prochains protagonistes ni t’expliquer pourquoi lui a été tellement proche de moi par ce qu’il va vivre à un tournant de sa vie.
« J’ai oublié et l’oubli est terrible ici-bas. Oublier qui l’on est et où l’on va suffit à gâcher une existence. Mon geste ne sera pas sans suite. Je suis désormais un homme qui a coché une case. »
Adélaïde. Cette quarantenaire célibataire, timide, solitaire.
Personne ne peut l’aimer, elle ne le mérite pas, sa mère lui a assez répété qu’elle était indigne.
Je ne suis pas un cadeau. Enfin, c’est ce que ma mère me répète… Si je ne le suis pas pour elle, alors comment pourrais-je espérer l’être pour quiconque”
 
“Suis-je réellement ce monstre dont elle se plaint constamment ? Ou est-ce sa tragédie à elle qui a noirci son regard sur moi ? Je ne le saurai jamais.”
Elle s’est résignée, mais elle aussi va apprendre des choses sur elle, bien plus qu’une case à cocher.
“En proie à des luttes incessantes, je n’avais pas vu tout cela. Tout ce qui est beau et précieux. Il est à la fois si simple et si compliqué d’être heureux.”
Adélaïde a un écho dans mon passé, un passé douloureux que je ne te raconterai pas ici tu n’es pas là pour ça.
C’est assez bizarre de voir ces livres qui traversent ma vie de lectrice comme s’il m’était destiné.
Un personnage que l’on voit peu, mais qui m’a apporté tellement psychologiquement c’est justement la psychologue Jacqueline.
“Il semblerait qu’il y ait une véritable épidémie de mauvaisemèrite aiguë (…) elle touche pratiquement toutes les mères, à un moment ou à un autre de leur parcours”
Jacqueline m’a fait me rendre compte de ce poids inconscient qui pèse sur mes épaules.
D’ailleurs, Alia, je suis allée voir si tu étais psychologue ; tellement tes mots sont justes et je pourrais quasiment qualifier ce roman de livre de développement personnel.
Enfin le dernier narrateur c’est Archibald le jardinier retraité. Un homme carriériste que sa femme Lucie a quitté ;c’est ce départ qui lui a fait comprendre combien il l’aime sa femme. Lettre après lettre, il lui écrit tout ce qu’il n’a jamais pris le temps de lui dire.
Avec lui, tu vas lire ce qu’est le poids du passé et de la culpabilité. Y a-t-il un moyen de se rattraper ?
D’autres personnages secondaires croiseront la vie de Mary, il apporte beaucoup de légèreté au récit, ils permettent à Mary de prendre conscience de tout ce qu’elle est.
Je pense, notamment, à Max, son meilleur ami.
Tu le vois, c’est une galerie de personnages, tous attachants ;qui, vraiment, tous, sans exception par un fait ou l’autre, par un épisode de leur vie ont eu un profond écho en moi.
Alia Cardyn a sorti ses pelotes de laine, couleur après couleur, fil après fil elle a confectionné un plaid doux et réconfortant, elle va t’envelopper dans ce cocon de douceur, elle t’écrit comme la caresse d’un vent de printemps sur ta joue.
Telle une mère elle va te bercer par ses mots.
Mots après mots, par ses protagonistes elle va te faire découvrir la peur, les remords, les regrets, les non-dits, la pression sociale, les espoirs d’une vie. Ceux accompli et ceux déçus.
Si chacun d’eux doutera à un moment ou l’autre de leur raison d’être, sur le sens de leur vie, ils se rendront compte de ce que veux dire être heureux.
En bref : Un roman lumineux, un dénouement surprenant et tout en émotion, ne pense pas que les pères sont oubliés, Alia Cardyn n’a rien laissé au hasard.
Du chapitrage au procédé stylistique qui tantôt est sous forme de lettre, tantôt sous force d’écriture dans un journal ou ils s’adressent à toi de manière directe, des personnages au point final. Tout cela fait qu’il n’y a aucune monotonie au contraire, très vite tu es attaché au récit au point de ne plus vouloir le quitter.
C’est puissant, vigoureux et rassurant, une thématique qu’on lit rarement sur ce manque d’enfant, des leçons de vie et de courage à travers les différents thèmes et pistes de réflexion abordés.
Un livre intemporel, combien de mère et de fille se sont posé ces questions que Mary notamment se pose ?
Une leçon de vie et d’amour.
Le tout porté par la magnifique et touchante écriture de l’auteure qui m’a totalement envoûtée.
C’est tout en finesse et émotion, je quitte ce roman avec plein de tendresse pour ces êtres de papiers sortis de l’imagination de cette auteure talentueuse, je vais m’empresser de lire son premier livre “Une vie à t’attendre ».
Je regarde mes enfants et je mesure la chance que j’ai d’aimer et d’être aimée, d’avoir trouvé mon âme sœur.
Une partie de mon âme s’est glissée entre ses pages et il aura désormais une place particulière dans mes bibliothèques.
Message à mes enfants qui me lisent ; désolée vous allez encore endurer mes incessants je t’aime. Non ; je ne changerai pas, je serai toujours maman poule, mais qui sait que ses poussins a un moment prendront leur envol, ne vous inquiétez pas je serai là pour vous aider à vous envoler et si le départ est raté je serai là pour vous rattraper (dans mes bras encore et toujours je n’ai jamais assez de câlins)
Le choix d’une vie de Alia Cardyn – roman contemporain – Auteure Belge- 384 pages, 18 € – Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie depuis le 8 novembre 2017
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