Bonjour, mon cher lecteur, me voici avec un thriller psychologique qui est sorti hier, j’en ai lu trois autres dont tu auras les chroniques bientôt.
Celui-ci est plutôt pour moi un bon suspens psychologique, je l’ai bien aimé, l’ambiance glauque est au rendez-vous.
Un navire de croisière au milieu de l’océan le cadre idéal pour un huit-clos. Je pouvais sentir le flux et le reflux des vagues, la panique et la peur d’être prise au piège sur un bateau au milieu de nulle part, sans aucun lien avec la terre. Effrayant non ? Et bien, c’est dans cette ambiance que Ruth Ware t’emmène.
Lo est journaliste dans une revue touristique, elle doit embarquer bientôt à bord de l’Aurora pour voyager cinq jours vers la Suède pour observer les aurores boréales.
À quelques jours du départ, elle subit quelque chose (dont je ne peux pas te parler) qui va lui laisser des séquelles post-traumatiques.
Elle n’arrive plus à dormir, elle boit et s’abrutit d’antidépresseurs.
Hors de question pour elle de se faire remplacer pour le voyage à bord du yacht, c’est l’occasion pour elle de montrer sa valeur et de gravir les échelons.
C’est une jeune femme très énervée, inquiète et triste qui monte à bord avec 8 autres passagers.
La veille du départ, elle s’est disputée violemment avec Judah son compagnon et elle revoit sans cesse les images de ce qui lui est arrivé.
Lo s’attend à tout sur l’Aurora sauf à un yacht si petit, ce n’est pas du tout le paquebot comme elle le pensait, prise dans ses tourments elle n’a pas lu le communiqué de presse.
Petit oui, mais très très luxueux. 2 suites, 8 grandes cabines, jacuzzi, spa, lustres en Swarovski tout est neuf et clinquant.
C’est la première sortie du bateau afin de montrer à la presse et aux futurs investisseurs ce que peut offrir ce yacht de luxe pour visiter les aurores boréales.
Le premier soir, Lo boit plus que de raison, champagne, vin, shot, elle vide même son mini bar jusqu’a ce qu’elle s’abrutisse de sommeil.
Elle est réveillée par un cri et un bruit, un corps a été jeté à la mer depuis la suite numéro 10, suite voisine de la sienne, on lui a octroyé la 9.
Aussitôt, elle alerte le capitaine de bord, elle a vu une jeune femme brune avant la soirée d’inauguration dans cette suite, elle y avait été demander du mascara à prêter ; or, quand le capitaine de bord lui fait visiter la suite en question plus un vêtement ne traîne, ni maquillage, aucune trace d’occupation. Il lui dit que la cabine n’a jamais été occupée.
Lo est certaine de ce qu’elle a vu et entendu, elle n’a pas inventé cette femme ni ce bruit ni le sang aperçu sur la terrasse voisine.
Que s’est-il passé à bord du bateau ? Qui était cette femme non enregistrée comme passagère ? Qui est le coupable ? Le seul qui la croit un peu c’est Ben ; journaliste lui aussi et ex petit ami.
Personne d’autre ne la croit vu la quantité d’alcool avalée, vu les médicaments et son syndrome de stress post-traumatique, sa seule preuve un tube de mascara, mais qui a lui aussi disparu de sa propre cabine. Elle n’a plus rien pour prouver ce qu’elle avance.
Je ne peux plus rien et dire à partir d’ici.
Ruth Ware va jouer avec tes nerfs et t’emmène dans un huit-clos très angoissant, le suspens monte crescendo et la sensation d’enfermement que Lo ressent en pleine mer sur ce yacht aux couloirs étroits tu la ressens aussi. Tous les passagers te paraissaient coupables. J’ai échafaudé mille hypothèses, je me suis dit que l’héroïne fabulait, il faut dire qu’elle est vraiment sur la corde raide, tout le temps sur le point de craquer nerveusement, tu ressens extrêmement fort ses angoisses, sa détresse et son anxiété, puis je non ce n’était pas possible mais qui alors ?
Même si je ne me suis pas attachée totalement à elle l’ambiance est admirablement retranscrite pour te donner peur sans qu’il se passe vraiment grand-chose.
Est-ce que c’est Lo qui devient folle ou cherche-t-on à lui faire peur pour qu’elle se taise ?
Le personnel naviguant se serre les coudes, si cette disparition étrange d’une personne non enregistrée venait à se savoir ils perdraient tous leur travail.
Tout est finement calculé pour que tu viennes à douter de chacun des protagonistes comme si tu jouais à une partie de Cluedo.
Le rythme est rapide même si j’ai eu du mal à rentrer dans l’intrigue au début, l’écriture fluide et les chapitres courts donnent un rythme haletant au récit.
De plus des e-mails de Judah, le compagnon de Lo ; de sa patronne et de sa mère parsèment le récit ; ils sont sans nouvelles d’elle ; il n’y pas internet sur le bateau et pas de réseau téléphonique, ils sont tous piégés en mer jusqu’a la première escale.
Découpé en 7 parties chacune se termine par un rebondissement qui te pousse à continuer à lire.
La résolution de l’intrigue je n’avais rien vu venir, mais alors pas du tout, c’est machiavélique, attention je te fais un jeu de mots grandiose : l’auteure a réussi à me mener en bateau sur un bateau hum hum
 
Je reproche à la fin un dénouement un peu trop rapide. Trop de facilités, dommage, car le reste du livre était vraiment à la hauteur. Je ne peux pas dire que je sois déçue, j’ai été surprise, j‘ai eu peur, j’ai ressenti l’angoisse, la claustrophobie monter, les vagues me balancer et me retourner l’estomac, le vent glacial pénétrer mes os. Les doutes me gagner de plus en plus.
Un 16/20 pour ce suspens psychologique, pour tous les amateurs de huit-clos et ceux qui aiment les ambiances pesantes, lourdes, sombres et froides.
La disparue de la cabine n°10 de Ruth Ware – Traduction de Héloïse Esquié – thriller psychologique, suspens, huit-clos – 429 pages, 20€ – Fleuve Éditions, 11 janvier 2018
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