Cher lecteur, je suppose que tu connais la trilogie de Philip Pullman ? Si ce n’est pas le cas, tu as mon avis sur le premier tome ici.
Quel bonheur de retrouver tant d’années après l’univers de l’auteur !
La belle sauvage est le premier tome d’une nouvelle trilogie qui se passe avant « La croisée des mondes ».
J’avais un peu peur ; une prequelle tant d’années après, est-ce que j’allais être autant embarquée ?
Est-ce que cela n’allait pas être le livre de trop ?
La barre était haute avec sa première saga.
Eh bien non, cher lecteur, toutes mes craintes ont été apaisées.
J’ai passé un merveilleux moment de lecture, j’ai déjà hâte d’avoir le deuxième opus entre mes mains.
Dans ce tome, Lyra n’a que 6 mois, ce livre nous raconte la genèse de sa naissance, pourquoi tant de monde la recherche ; pourquoi Lord Asriel n’a pu s’en occuper ; les griefs de Madame Coulter en son encontre ; la prophétie qui a été faite par les sorcières.
Bref, tout un tas d’explications que nous n’avions pas eu dans les livres précédents ou alors des renseignements qui avaient été juste effleurés.
Clairement, si vous n’avez pas lu « La croisée des mondes », vous pouvez lire ce premier opus sans être perdu et si vous l’avez lu vous apprendrez de nouvelles informations.
Ce livre est un tome un, on a beaucoup de nouveaux personnages, d’autres que l’on connaît.
Malcolm Posthead, jeune garçon de 11 ans, vit et travaille à l’auberge de ses parents « La truite ». Poli et travailleur, avide de savoir, il aime débarrasser les tables de la salle et discuter avec les érudits. Le cœur sur la main il va aussi, très souvent, aider les sœurs du Prieuré de Sainte Rosamund situé de l’autre côté du fleuve, il le traverse grâce à sa barque surnommée « la belle sauvage ».
C’est ainsi qu’il va entrer dans la toute jeune vie de Lyra et de son fidèle Daemon Pantalaimon. En effet, les sœurs ont recueilli Lyra et la protègent, personne ne doit savoir qu’elle se trouve là.
Bien malgré lui il sera aussi amené à espionner les agents à la solde de l’église catholique en pleine inquisition, il ramènera tout ce qu’il entendra à l’auberge auprès de Hannah, une érudite qui travaille sur les significations de l’aléthiomètre, et qui, sous ses airs timides, a été aussi réquisitionnée par l’Oxford Street.
Une organisation composée de personnes haut placées qui essaient de remettre en place une démocratie juste et honnête.
Lyra est liée à tout ceci, mais je n’en dirai pas plus si ce n’est que Malcolm et l’aide-cuisinière de l’auberge, Alice, 13 ans je dirais, auront un rôle très important à jouer pour sauver Lyra du danger qui la menace, des dangers même.
Vous apprendrez comment et pourquoi Lyra est arrivée à Jordan Collège.
Comme dans la précédente trilogie, l’univers créé est riche et les thèmes abordés importants ainsi nous avons la critique de la toute-puissance de l’église, que l’on peut juxtaposer à toutes les religions et tous les pays sous dictatures.
Un climat de délation règne, sournois, les prêtres engagent des enfants qui eux pensent agir pour le bien en dénonçant ceux qui ne suivent pas leurs préceptes, ils appellent cette organisation « la Ligue de Saint-Alexandre ».
Ce que j’ai préféré dans ce tome c’est son héros, Malcom, jeune et pourtant réfléchi, dès qu’il rencontre Lyra un lien les unit et il fera tout ce qu’il peut pour la protéger.
Malgré tous ces points positifs, c’est un premier tome, l’univers se met lentement en place, Philip Pullman assied le monde qu’il a créé, je pense surtout pour ceux qui ne l’auraient jamais lu.
Malgré tout, le suspens est maintenu tout au long et surtout dans la deuxième partie qui se passe en grande partie à bord de la belle sauvage.
Vous comprendrez la relation unique qui existe entre le Daemon et son « humain » l’attachement et le lien entre Pan et Lyra est beau et attendrissant à lire.
On en apprend davantage sur l’aléthiomètre, le magisterium qui a la science et la connaissance en horreur, ils veulent l’éradiquer et aussi sur cette étrange poussière, ce dernier fait n’est qu’effleuré dans ce premier opus ; j’ai vu que le tome 2 et 3 se passaient 10 ans après la première trilogie ; Lyra a 20 ans et je suppose donc que ce sera dans la suite que la poussière sera pleinement développée.
Relire Philip Pullman c’est passer un moment de lecture doudou, même si clairement il manque de tempo, que les tenants et aboutissants se mettent lentement en place, que les personnages sont nombreux, mais auront soit une grande importance dans la trilogie déjà sortie ou dans celle-ci comme Malcolm.
Voilà cher lecteur, non seulement j’ai retrouvé avec tellement de bonheur l’auteur mais c’est aussi ma première chronique en tant que chroniqueuse Gallimard jeunesse,  j’en suis tellement contente.
Je te retrouve demain mais cette fois avec un polar et bien sûr le Top Ten Tuesday
La belle sauvage, tome 1 de Philip Pullman – Traduction de Jean Esch et  Illustrations de Chris Wormell – roman ado, jeunesse à partir de 10 ans, fantastique, aventures – 544 pages, 22€ –
Édition Gallimard Jeunesse, On Lit plus fort, en librairie le 16 novembre 2017
0