Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.
La haine qu’on donne traduction de l’anglais The Hate U Give. THUG

Tu en as sûrement déjà entendu parler de nombreuses fois, c’est la sortie du mois d’avril qui je pense a fait le plus de buzz.
D’habitude les livres trop médiatisés j’attends un peu avant de les lire, mais ici ; aussitôt acheté aussitôt lu.
Mon cher lecteur, si jamais tu n’étais pas encore convaincu, ce livre il te faut le lire ! 
C’est une œuvre forte, une fiction qui pourrait carrément être un fait réel, un livre qui est presque une étude sociologique du mouvement Black Lives Matter, il se traduit littéralement par : la vie des noirs compte, je te mets le lien Wikipedia ici.
Percutant, incisif, il dresse le portrait très réaliste de ce que vivent les Afro-Américains à l’heure d’aujourd’hui. 
Ce livre dénonce tous les préjugés, des plus communs comme une blague aux plus durs. 
Tu vas suivre Starr, 16 ans. 
Ses parents ont voulu pour leurs enfants qu’ils aient une bonne éducation, qu’ils puissent se sortir de la cité ou du ghetto, elle va donc dans un lycée privé de « blancs ».
Elle ne se sent à sa place nulle part, ni chez elle ni à l’école.
Elle tient son langage avec ses amis du lycée et un autre dans le quartier.
Un jour, une de ses amies la supplie de l’accompagner pour une fois à une fête, elle a lieu chez Big D, pas loin de là où elles vivent. 
À contrecœur, Starr s’y rend, mais la soirée tourne très vite au désastre quand des gangs rivaux échangent des coups de feu. 
Khalil, son meilleur ami, emmène Starr loin du danger. 
Sur la route du retour, il se fait contrôler par un véhicule de police pour un phare cassé… ses derniers mots seront pour Starr, il se préoccupe de savoir si elle va bien. 
Khalil est mort, assassiné de 3 balles dans le dos par un policier. 
Starr est le seul témoin. 
Justice doit être rendue, c’est cette intrigue qui court tout au long du roman, mais là où Angie Thomas frappe fort (et je comprends pourquoi ce roman a été finaliste du National Book Award et récompensé de nombreux autres prix) c’est qu’avec cette intrigue, cette injustice elle va te dépeindre le quotidien des Afro-Américains aux USA, elle va te démontrer que du côté de la police comme, du côté des Afro-Américains il y a des hommes bons comme le contraire.
Malheureusement ceux qui sont toujours stigmatisés encore aujourd’hui en 2018 ce sont les Afro-Américains.
Coupable de quoi ?
Juste d’avoir une couleur de peau différente ?
 De vivre dans une cité défavorisée ? Parce que tu as moins de moyens, que tu fais partie d’une minorité ethnique ça fait de toi automatiquement un voyou ?
C’est à vomir, c’est écœurant, c’est révoltant, et pourtant tu vois, c’est la réalité.
Angie Thomas dit ces mots très justes dans ses remerciements, des mots qui ont été droits dans mon cœur tout comme tous les protagonistes de ce livre, 
« vos voix comptent, vos rêvent comptent, vos vies comptent. Soyez les roses qui poussent dans le béton » 
La rose de ce livre, de ce petit bijou c’est Starr, c’est cette jeune fille, cette étoile qui brille au milieu des ténèbres. 
 
Starr est un personnage inoubliable doté d’une psychologie fine, une jeune fille qui va voir sa vie changer radicalement et qui va se rendre compte de certaines choses. 
Un cheminement qu’elle accomplit. 
Un autre personnage qui m’a de nombreuses fois ému c’est son papa, Maverick. 
À travers lui, l’autrice va te montrer que tu peux changer le cours de ta vie, que des erreurs tu peux en faire, l’important c’est de changer de direction à temps. 
Un père et une mère qui veulent le meilleur pour leurs enfants’ comme tous les parents tu vas me dire, mais eux, encore plus, ils sont décidés à mettre leurs enfants à l’abri du danger.
Le quotidien ce sont les sirènes, les coups de feu, c’est de ne pas oser laisser les enfants jouer dehors dans la rue.
Un personnage à part entière c’est ce quartier. Angie Thomas te montre la cohésion. La solidarité entre eux. Une famille dysfonctionnelle, mais une famille quand même. 
Je pourrais te décrire chaque intervenant du récit, car tous, sans exception, sont puissants, chacun d’eux va t’apporter une réflexion, te faire te poser deux secondes et réfléchir à ce que tu vois aux journaux télévisés, aux actualités, des faits qui ne devraient plus exister, des préjugés qui ne devraient plus être entendus, c’est quasiment banalisé (je parle de la façon dont parlent les journalistes quand un fait comme celui-là a lieu) comme si c’était devenu normal, mais non qu’y a-t-il de normal à se faire assassiner pour rien ? Assassiner tout court ?
Angie Thomas signe un texte engagé, engageant, tout en ne tombant pas dans le piège de stigmatiser une couleur de peau. Au lieu du poing levé ou des pancartes brandies, c’est son stylo qu’elle utilise pour revendiquer pacifiquement. 
Elle met en exergue toute la complexité du système américain, elle te montre la crainte des parents pour leurs enfants leur serinant sans cesse que quand ils voient un policier surtout de toujours rester poli, les mentalités changent, mais tellement doucement.
Voilà pourquoi de tels romans sont nécessaires, voilà pourquoi il faut lire THUG et en parler autour de toi.
L’autrice te met face à tous les préjugés qui puissent exister, à toute la difficulté que va éprouver Starr dans ce rôle de témoin, au-delà de sa propre peine qu’elle a du mal à surmonter. 
Ce roman m’a mis en colère, terriblement, il te mettra, toi aussi en colère, comment rester insensible à un texte aussi fort, un roman coup de poing. 
Un sujet qui est rare de découvrir, livré comme tel.
Comme je te le disais elle a su éviter tous les écueils, elle ne te construit pas un roman où tout est parfait, pas même dans la famille de Starr, elle te montre les gens tels qu’ils sont avec leur part d’ombre, leurs attentes, leurs espoirs souvent brisés. Elle aborde en plus de nombreux thèmes tels que le deuil, l’amitié, la vie après la prison, la violence de l’extérieur, mais aussi entre les 4 murs, les gangs, la pauvreté, la famille, etc. 
J’ai adoré les nombreux clins d’œil à Harry Potter et au Prince de Bel Air qui est une série de ma génération, une série que je regardais ado.
Tu as des passages douloureux, des passages forts en émotions, des moments lumineux et aussi beaucoup d’humour.
Tout est très juste, parfaitement dosé et à sa place. Les 488 pages du roman sont nécessaires, il n’est ni trop long ni trop court tu as le temps de comprendre toute la complexité des familles afro-américaines qui ont eux aussi des préjugés, tu as le temps de parfaitement visualiser les lieux, les scènes et de comprendre les personnages à la psychologie très bien développée. Tu vas forcément être amené à t’interroger en suivant Starr et sa famille, comme je te le dis souvent, c’est important que de tels livres existent, pour ne jamais oublier, faire avancer les mentalités. 
Elle aborde cette justice à deux niveaux suivant ta couleur de peau, le racisme institutionnel, les bévues policières souvent, pour la plupart du temps, classées en homicide involontaire et reste impunie. 
C’est aussi dénoncer la facilité de se procurer une arme aux USA, les inégalités sociales très fortes, l’écart entre les « riches » et les pauvres, la médecine a deux vitesses, c’est toute la société Américaine dans sa globalité qu’elle te dépeint. 
Tu vas te glisser dans la peau des Afro-Américains et voir ce qu’ils pensent des blancs. Comment ils nous perçoivent. Et comment toi les perçois-tu dis moi ?Te rends-tu compte de leur quotidien et des difficultés auxquelles ils doivent faire face ? Cela vaut pour toutes les minorités. Poses toi et réfléchis-y 😉 
Ce n’est pas un coup de cœur, il m’a manqué cette petite étincelle qui fait que, mais un roman que je te conseille absolument, que tu sois jeune ou pas. 

 

La dernière page du roman m’a fait dresser les poils des bras. Je pense que c’est la page la plus forte du livre. Les mots te frappent en plein cœur et te mettent une gifle. 
 
 
 
 
The Hate U Give de Angie Thomas – traduction de Nathalie Bru – Roman jeunesse  à partir de  10 ans – contemporain – 496 pages, 17,95€ – Édition Nathan, collection Grand format, en librairie le 5 avril 2018
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