J’ai hésité entre 4,5/5 et 5, ce sera un 5, car je me suis fait avoir, je n’ai rien vu venir et pourtant je suis difficile à berner.
Premier chapitre : une jeune femme est enfermée, attachée, un homme lui donne une bassine, elle sait ce qu’il va se passer, nous, lecteurs on s’en doute.
Ensuite nous suivons la famille Moreau, ils partent en vacances le temps d’un week-end de juillet sur une petite île de Bretagne. À peine peuplée.

Béa, Chris et leurs enfants, Bastien et Marion, forment la famille parfaite, les parents s’aiment comme au premier jour, ils réussissent tous deux leurs carrières respectives, architecte pour Bea, rédacteur en chef d’un magasine pour Chris.
Leurs enfants font leur fierté à 22 et 17 ans ils sont bien partis pour suivre l’exemple de leur parent.
Une famille bon chic bon genre, sensible à l’écologie, respectant la chaîne alimentaire bref des gens charmants, bien sous tout rapport.
Ils passent un séjour tranquille, loin du tumulte de leur vie, pas de GSM, il n’y a pas de réseau que l’île, tant mieux ils passeront plus de temps à 4.
S’ils sont sur l’île, c’est aussi pour aider Marion à combattre sa phobie de l’eau.
Dès le premier jour c’est décidé, ballade en famille, promenade sur la plage, bon repas de poissons frais.
Le second jour, le temps se gâte, Chris, Béa et Bastien partent quand même en balade, en rentrant ils ne retrouvent pas Marion censée préparer le dîner pendant leur ballade.
Où est-elle ? Elle si obéissante n’a même pas laissé de mot expliquant à ses parents où elle allait.
Béa n’y croit pas, sa fille n’a pas désobéi, elle est persuadée qu’elle a été enlevée.
La tempête fait rage dehors, la nuit n’est pas encore tombée, mais il fait déjà noir, la pluie, le vent, tous les éléments semblent ligués contre eux.
Ils vont recevoir de l’aide de quelques habitants de l’île, on recherche Marion activement, à l’ancienne car pas de téléphone, plus d’électricité.
Louise Mey vous entraîne dans un huis clos incroyable, vous tournez les pages pour savoir le fin mot de l’histoire.
La jeune fille du début est-ce que c’est Marion ?
La sensation d’angoisse est renforcée par ce temps, la tempête, la vraie, il fait noir tout le temps.
L’alternance des points de vue renforce encore la vitesse de lecture, des chapitres courts donnent au récit un rythme effréné.
Soyez assuré d’avoir quelques heures devant vous avant de le commencer, si vous le lisez au soir (comme moi) la sensation d’oppression est encore plus présente, j’étais complètement dans le roman.
Je ne l’ai pas arrêté, il me fallait avoir le fin mot de l’histoire, qu’était-il arrivé à Marion, cette si gentille jeune fille.
Les Moreau semblent garder tout le temps leur sang-froid, ils vacillent quelque peu quand Marion disparaît, mais très vite ils se ressaisissent. Surtout Béa le pilier de la famille.
Une psychologie bien développée même s’il m’a manqué de petites choses par-ci par-là.

Arrivons à la fin, cette fin, ces 50 dernières pages OMG j’ai relu 2 fois un passage pour être certaine d’avoir bien lu.
L’auteure m’a roulé dans la farine, avec une de ces facilités.
Rien vraiment rien n’aurait pu éveiller un soupçon, j’ai émis trente-six mille hypothèses j’aurais pu encore essayé, si j’ai eu un doute sur un personnage, ce n’était sûrement pas sur le pire.
C’est frustrant quand on lit un tel roman et qu’on ne peut pas en dire plus, mais waouhhh ce twist, ce retournement de situation !!
En résumé à lire si vous aimez les thrillers psychologiques, les huis clos,  les romans mêlant les agneaux et les monstres.
Une auteure à suivre, je n’ai pas encore lu son premier roman : les ravagées, il est dans ma bibliothèque je vais très vite le sortir. Il est sorti en poche chez les éditions Pocket si vous êtes intéressés.

Sans être un coup de cœur pour les quelques explications que j’aurais aimé avoir, et encore je pinaille sur des détails, ce livre est parfait. 

Embruns de Louise Mey – Fleuve Édition – 336 pages, 18,90€ – Thriller psychologique – Sorti le 11 mai 2017
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