Aujourd’hui, mon petit lecteur, j’ai envie de te parler d’un livre que j’ai lu à sa sortie, mais que je n’avais pas chroniqué à ce moment-là.
Comme le second tome arrive le 18 janvier et que je suis ; comment dire ? Très impatiente, j’ai eu envie de le relire en plus, tu ne trouves pas que la couverture est idéale pour cette période de froid ?
Me voilà donc à nouveau embarquée dans Elia, la passeuse d’âmes.
Si je me souvenais de la majorité du livre, j’étais ravie de retrouver l’univers dystopique, post-apocalyptique de l’auteure ; de retrouver les personnages que j’avais tant apprécié Elia, bien sûr, mais aussi Tim, Arhya et Solstan.
Elia est une kornesienne, elle fait partie, avec sa famille, de la plus haute caste de l’île de Tasma, la seule terre qui existe encore après une guerre et des catastrophes naturelles qui ont décimé le monde entier. Elia est, non seulement, Kornesienne, mais aussi passeuse d’âmes.
Elle a 16 ans et sa particularité a été découverte 3 ans plus tôt.
Elle travaille quelques heures à l’hôpital en tant que passeuse d’âme (elle euthanasie les personnes en fin de vie).
Le reste du temps, elle va au lycée où elle subit beaucoup de railleries.
De par sa particularité, mais aussi, car elle a toujours ses cheveux cachés sous un foulard.
Elia est rousse. Son père lui a interdit de montrer à qui que ce soit la moindre mèche de cheveux.
Elle ne se sent à sa place nulle part.
Son père la regarde comme s’il la détestait ; il est devenu très aigri depuis que sa mère est décédée à la naissance de celle qu’Elia aime plus que tout : sa petite sœur Edaline.
Un jour, des fugitifs Nosobas sont activement recherchés dans l’hôpital par les défenseurs. Ce jour-là, la vie d’Elia va basculer.
Alors que normalement les passeurs d’âmes sont censés ne rien ressentir du tout, aucune empathie, Elia va avoir à faire un choix qui va déterminer le reste de sa vie. Un défenseur lui amène un des fugitifs et lui ordonne de le condamner à mort.
Elia ne pourra pas ; elle lui laissera la vie sauve, elle l’aidera à s’enfuir.
Une faute qui vaut la peine capitale dans son monde.
Elia va devoir fuir et aller vivre au nord, avec les Nosobas. La caste la plus pauvre et malmenée de Tasma (il y a les kornesiens les plus riches, les askaris qui représentent les commerçants et industriels et enfin les Nosobas les ouvriers des deux autres castes, réduits en esclavage, traités avec la plus grande indifférence, injustice. Ils vivent dans la misère).
 Elia qui n’a connu jusqu’ici que le luxe va devoir se faire à cette nouvelle vie, travailler et survivre.
En vivant et travaillant parmi les Nosobas, Elia va se rendre compte que tout ce que l’ont lui avait enseigné sur ce peuple est faux.
Elle va revoir ses jugements et trouvera en eux des alliés qui s’avéreront très précieux pour elle.
Tim, qui lui tendra la main dès son premier jour et ensuite d’autres de ses amis comme Arhya et Solstan.
Ce ne sont pas les seuls Nosobas que côtoiera Elia, mais ce sont les principaux protagonistes de cet opus.
Si au départ du livre, Elia est une jeune fille soumise qui fait ce qu’on lui dit de faire, au fur et à mesure des pages son caractère va radicalement changer.
Elle va réviser son jugement et surtout se révolter contre toute cette injustice.
Elle va apprendre à réfléchir par elle-même et ne plus pendre pour argent comptant tout ce qu’on lui dit. Résignée, elle devient entêtée et motivée à aller jusqu’au bout de ses actes.
Une jeune fille fragile qui devient de plus en plus forte même quand elle va apprendre ce qu’est réellement son passé et pourquoi son père a toujours voulu cacher sa couleur de cheveux.
Un personnage qui se révèle au fur et à mesure des embûches qu’elle va rencontrer. Une jeune fille forte qui prend son destin en main.
Pour ce qui est du monde créé par Marie Vareille il est unique, complexe, très travaillé.
L’auteure n’a rien laissé au hasard.
Dans ce premier opus, elle assied sa trilogie. Elle nous explique les différentes lois et castes de ce Nouveau Monde.
Grâce à ces différences de castes et à ses personnages, l’auteure pousse la réflexion sur des valeurs importantes telles que l’amitié, le dépassement de soi, la tolérance à la différence, la solidarité, la famille, la confiance ou encore savoir accepter la main tendue, l’entraide.
Par le monde créé, on peut aussi réfléchir sur les erreurs du passé comme le rejet d’une communauté ou d’une race, sur les dictatures, le droit à l’éducation pour tous, pauvres, femmes ou riches, le droit à l’égalité, le droit collectif et individuel, les différences de classes sociales. Des réalités, des faits qui sont encore aujourd’hui bafoués dans de nombreux pays et même chez nous.
Roman Young Adult oui, les héros sont des adolescents, mais Marie Vareille ne crée pas du tout un monde léger pour autant, non, elle vous emmène dans la noirceur de l’âme humaine, des moments durs, des passages sombres avec toujours ce mot d’ordre qui résonne au fil des pages : l’espoir.
Le rythme du roman est croissant. Aucun temps mort.
Nous suivons Elia et par ses découvertes les rebondissements arrivent.
La fin ne nous laisse qu’une seule envie : se jeter sur le second opus.
Donc, tu me comprends, mon cher lecteur, si tu n’as pas encore lu ce premier tome, attends la sortie du deux ou lis le maintenant !
Oui, bon, je sais, connaissant l’auteure, elle va très certainement nous laisser aussi en fin de deuxième tome sur un cliffhanger, mais tant pis je ne pourrai pas résister à le lire dés sa sortie.
Pour ce qui est de l’écriture, Marie Vareille m’a subjugué. Une écriture digne des maîtres de la dystopie (enfin ceux que moi je préfère) je pense notamment à Victoria Aveyard, à Amy Tintera, Erika Johansen, Marie Rutkoski et bien sûr à Suzanne Collins (je n’aime pas comparer une écriture c’est plutôt te montrer vers quoi l’auteure va de la très bonne dystopie YA) même si ce n’est pas le genre dans lequel on a l’habitude de la voir évoluer c’est une réussite totale.
Le monde est riche, crédible, complexe, fouillé. Rien n’a été laissé au hasard. Nombre de détails nous sont donnés pour nous permettre d’appréhender ce Nouveau Monde et pourtant Marie Vareille ne perd pas son lecteur en cours de route.
L’action et le suspens sont présents du début à la fin ; les personnages sont un vrai plus, car ce sont des êtres imparfaits ; je n’âme pas les héros « lisse », ici ce n’est pas le cas.
Ses protagonistes sont recherchés et complexes tout comme son univers ; qu’ils soient secondaires ou principaux, ils apportent tous quelque chose au récit.
Elle n’est pas non plus tombée dans le piège du triangle amoureux qui m’insupporte dans beaucoup de romans, une romance pointe le bout de son nez, mais ce n’est pas là où elle embarque l’attention de ses lecteurs. Ce n’est qu’un aspect secondaire de l’intrigue.
Non, mon cher lecteur, Marie Vareille va te prendre par la main, tu vas toi aussi quitter les riches boulevards des kornesiens pour t’enfoncer dans les mines de Phosnium où la lumière naturelle ne pénètre jamais.
Je me suis très fortement identifiée à Elia, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour cette héroïne tout comme j’ai adoré Tim, Solstan, Arhya ou Argo. Pas un seul des personnages ne m’a paru fade ou insuffisamment travaillé.
Point positif supplémentaire des textes de loi parsèment le roman, ils te donnent un aperçu de ce qu’est la vie sur Tasma, pourquoi les castes existent, etc. des informations importantes mises en forme de manière originale et qui, pour moi, apportent un plus au récit et lui enlève toute monotonie. (je te parle de la mise en page là ^^)
C’est haletant, rythmé, percutant ; tu as envie de crier toi aussi à l’injustice, tu crains pour ton héroïne même si elle est loin de l’apparence de jeune fille mince et fragile qu’elle a, Elia à plus d’un tour dans son sac, elle n’a pas fini de te surprendre.
C’est un premier tome captivant par toute sa densité et l’action omniprésente, il est émouvant devant les choix, révélations et rebondissements auxquels devra faire face Elia.
J’ai été aussi essoufflée qu’émue par ce premier tome.
Le lire une seconde fois ne m’a pas du tout dérangé bien au contraire.
Comme la première fois Marie Vareille a captivé mon attention.
Je ne peux que te le conseiller mon cher lecteur. Si tu aimes les dystopies et les héroïnes pas cruches, il est fait pour toi. Les adultes y trouveront aussi leur compte. Et si tu n’aimes pas les dystopies, tu peux tout à fait découvrir l’auteure dans son autre registre, des livres que moi je qualifie de feeling good (Ma vie, mon ex et autres calamités, Je peux très bien ma passer de toi, Là où tu iras ( chronique à venir) et plus récemment dans le recueil de nouvelles de la team RomcCom y aura-t-il trop, de neige pour Noël ? je t’ai donné mon avis il y a peu de temps)
Elia, la passeuse d’âmes de Marie Vareille – Roman Yound Adult, dystopie – 320 pages ,16.90€ – Édition Pocket jeunesse, sorti le 4 mai 2016 ( tome 2 : en librairie le 18 janvier)
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