Sans être un coup de cœur j’ai adoré cette lecture faire en commun avec Laure du blog boulimie livresque.
Je ne connaissais pas du tout l’écriture d’Elena Piacentini, je ne savais même pas qu’elle avait déjà écrit d’autres romans, je n’ai qu’une envie approfondir ma connaissance de l’auteure originaire de Corse, Lilloise d’adoption.
Dans ce roman noir/polar, nous suivons Mathilde Sénéchal, capitaine de police de Lille, elle travaille sous les ordres de son mentor Albert Lazaret bientôt à la retraite, à leurs côtés il y a aussi la nouvelle recrue Sylvie Muller, les lieutenants Delage et Squalli. Si je prends le temps de vous parler de l’équipe c’est parce que Mathilde Senechal est le nouveau personnage de Elena Paicentini, un protagoniste bien intriguant, une femme qui s’est forgé une carapace, elle a la phobie de la menthe, fait des cauchemars liés à son enfance, mais l’auteure nous laisse avec de nombreuses questions qui, je suppose, seront abordées dans un prochain tome, prochain opus qu’il me tarde déjà d’avoir entre les mains.
L’équipe enquête sur le meurtre de la jeune mère de famille, Chloé Dussart et l’enlèvement de son bébé Quentin âgé de 3 mois dans un quartier de la cité Franchomme à Lille.
Toute la police, les médias sont sur la brèche pour tenter de retrouver vivant l’enfant, le temps joue contre eux.
Premier suspect le mari, Vincent Dussart.
Nous suivons alors l’enquête, tout l’entourage du couple est passé au crible, le suspens est maintenu tout au long du récit, j’ai douté tout au long de ma lecture sans pouvoir mettre de nom sur mes soupçons.
Les chapitres courts font de cette lecture une lecture très addictive, addiction renforcée par quelques chapitres sur Lui et vers la fin sur Elle.
Ces passages, heureusement pas trop longs et nombreux, sont ceux qui m’ont moins plu, le narrateur utilise un phrasé très onirique, Il et Elle expriment leurs pensées qui étaient difficilement compréhensibles pour moi sauf à la fin quand le voile se lève sur le mystère.
À aucun moment, on ne connaît leur identité, l’auteure utilise juste ces pronoms pour les identifier.
L’écriture de Elena Piacentini m’a particulièrement plu, elle crée des êtres torturés, imparfaits, je l’avoue, j’aime quand un enquêteur n’est pas lisse.
Si j’ai eu du mal au début à m’attacher à Mathilde et Lazaret vers les 3/4 du livre ce n’était plus le cas.
On a une double intrigue, la principale avec le meurtre et l’enlèvement et le mystère qui entoure ce personnage charismatique de Mathilde.
On veut en savoir plus sur elle et sa vie.
Seule lueur dans son quotidien, la seule personne à qui elle sourit c’est à sa petite voisine Marlène, une enfant de 12 ans attachante, futée souvent livrée à elle-même qui s’est fortement attachée à l’inspectrice solitaire.
J’ai aussi grandement apprécié un personnage qui apparaît très tôt dans le roman, un inspecteur de l’Ariège, qui a préféré arrêter sa carrière, mais dont une affaire non résolue le taraude toujours, il s’agit de Pierre Orsalhièr, reconverti depuis en photographe et guide de montagne.
L’affaire de Lille et celle de Toulouse où Pierre enquêtait semble être liée, du moins Pierre le pense. Là aussi une mère avait été assassinée et un nourrisson jamais retrouvé.
Pierre va faire le voyage jusque Lille afin de pouvoir faire un lien éventuel.
Dans ce polar noir, Elena Piacentini nous dépeint le monde tel qu’il est, la misère et les faux-semblants, les déviances et les secrets. Elle n’enjolive rien.
J’ai adoré la mythologie égyptienne qui est liée à l’affaire même si j’aurais voulu une plus longue explication lors du dénouement, le sujet est original, la manière de l’aborder intéressante, mais il m’a manqué de développement pour que je l’apprécie encore plus.
Elle s’est inspirée d’un fait divers survenu dans l’Aveyron « l’affaire Von Matt »
En bref une très bonne lecture s’il n’y avait pas eu ces passages trop subjectifs pour moi, une mythologie intéressante même si pas suffisamment développée à mon goût, une découverte d’une nouvelle auteure dont la plume m’a embarquée et que j’ai hâte de retrouver.
Des personnages bien construits, j’ai aimé leurs failles, leur air rustre, un mystère et un suspens constant, ce roman est très bien même si j’ai l’impression que l’auteure s’est un peu trop attachée à nous présenter ses personnages et leur psychologie au lieu de mieux exploiter son intrigue même si le doute plane jusqu’à la fin du livre.
Comme de longs échos de Elena Piacentini – Polar/roman noir – Fleuve Édition – 288 pages, 19.90€
A paraître le 24 août 2017
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