Comment être retournée comme une crêpe en 66 pages ? Martin Demoulin l’a fait.
J’ai commencé le livre sans rien lire avant, ni résumé ni avis, vous le savez j’aime me « jeter » dans un livre sans trop savoir à l’avance vers quoi je me dirige pour garder la surprise, oh combien cette lecture m’a étonnée.
Étonnée dans le bon sens, car inattendu.
Tout d’abord chapeau à l’auteur de se mettre à nu comme il l’a fait, car il s’agit d’un récit autobiographique.
Nous commençons le livre par l’auteur, le narrateur, 4 ans, un terrible accident qui va bouleverser toute sa vie.
Qu’est-ce que l’on comprend quand on a 4 ans, pas grand-chose, les adultes autour de nous ne pensent pas que cet enfant de 4 ans puisse souffrir autant qu’eux.
Plus tard, l’adolescence et les premières fêtes bien arrosées, boire jusqu’à l’ivresse pour éviter de penser, rentrer le soir et pleurer en silence toute cette douleur que l’on traîne et surtout n’inquiéter personne de son entourage, ils ont déjà assez souffert.
Sourire, vivre ou survivre ?
Jusqu’à la rencontre de Blanche.
« La première fois il y avait la musique, la musique et des amis »
Blanche va le délivrer de cette mélancolie, avec Blanche il se sent vivant, Blanche est manipulatrice et sournoise, qu’importe il la reverra.
D’abord les week-ends, puis de plus en plus souvent.
Ensuite, débarque dans la vie de l’adolescent devenu homme, Anna, Anna est douce et jolie.
Anna c’est certain c’est la femme qu’il va épouser, ce sera elle et personne d’autre.
Oui, mais Blanche tourne comme un vautour autour de sa proie, elle s’invite dans le couple. Anna est trompée, c’est un ménage à 3.
Anne est avalée par cette spirale infernale de mensonges, d’espoirs déçus, elle l’aime Anna ça c’est certain, comment pourrait-on, sinon, accepter de partager son compagnon avec une autre.
Oui, mais qui est cette Blanche, que lui veut-elle, pourquoi revient-elle toujours à la charge même devant les ultimatums posés ?
C’est là toute la beauté du livre et je pense que vraiment, il faut lire le roman sans trop en savoir, quand j’ai compris qui était Blanche je suis tombée des nues, à mon tour j’étais dupée comme Anna et la famille, les amis l’ont été.
Une mise à nu, un témoignage bouleversant sur une addiction.
Une écriture rythmée, un phrasé au tempo accéléré qui donne une lecture addictive.
Une écriture poétique pour mettre des mots sur la souffrance, sur cette descente aux enfers.
Et puis au bout, il y a l’espoir.
Un livre coup de poing à lire, inattendu, beau dans sa tristesse oui je sais c’est un non sens, mais je le ressens comme cela.
J’ai relu le roman une seconde fois quand j’ai su qui était Blanche et là oui on comprend, c’est très intelligent et bien écrit, car je n’aurais pas deviné, la deuxième lecture apporte une autre dimension au récit, cette fois on le lit en tout état de cause, on a envie de dire stop non, arrête de la voir Blanche elle ne te veut que du mal, regarde Anna. Regarde-nous.
Un récit court, mais dense en émotion, avec au bout une belle lueur d’espoir
Un roman qui pourra aider d’autres personnes prises par une addiction, une relation autodestructrice, je n’ai jamais jugé qui que ce soit, car j’ai une grande difficulté avec le jugement d’autrui, n’oubliez jamais que derrière un beau sourire se cache parfois tellement de souffrance.
Si vous avez envie de le lire vous pouvez le trouver à la FNAC : ici 
La page Facebook de l’auteur : ici
Ou sur Instragram sous le pseudo Livres_en_scène (cliquez sur le nom)
Blanche de Martin Demoulin – Autobiographie – 66 pages, 9€ – Édition Edilivre – Paru le 7 juillet 2017
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