La nouvelle vie de Lily Riser commence un soir d’hiver glacial. Seulement vêtue d’un pyjama, elle passe la porte. Elle serre sa fille dans ses bras. Et se met à courir. Loin de la cabane dans la forêt, loin du père de Sky, de cet homme qui l’a séquestrée pendant huit ans et qui, pour la première fois, n’a pas fermé la serrure. Lily est libre, mais ce n’est pas pour autant que leur calvaire est fini. L’enlèvement et les sévices qu’elle a subis ne l’ont pas seulement marquée à vie, sa disparition a aussi détruit sa famille – surtout sa soeur jumelle qui ne s’est jamais remise de sa disparition. Tous tentent tant bien que mal de reconstruire un avenir, sans se douter qu’ils vont être à nouveau mis à rude épreuve.
Depuis sa cellule de prison, le ravisseur de Lily compte bien punir sa Baby Doll pour sa désobéissance…

Me revoici mon cher lecteur, aujourd’hui avec un roman psychologique, un roman qui alterne les voix de plusieurs protagonistes : Lily, Rick, Ève et Abby.
Un procédé qui va te permettre de comprendre comment chacun d’eux va vivre le drame, mais surtout l’après-drame, car c’est bien de cela qu’il s’agit, comment la, les victimes vont réagir au traumatisme, ce que le coupable ressent. 
Ce sont plusieurs familles qui ont été brisées. 
Chacun des protagonistes gère le choc différemment. 
Lily, comme chaque dimanche, attend d’entendre le verrou de la pièce où elle enfermée avec sa fille de 6 ans, Sky.
Cette fois, pas de bruit ; rien que le silence. Lily va tenter le tout pour le tout avec la peur au ventre ; s’il s’agissait d’un piège ?
Après 8 ans de captivité, elle parvient à fuir sa geôle, elle rejoint sa famille qui habite à seulement 9 km de là où elle était retenue captive, mais ça, personne ne pouvait le savoir. 
Lily et Sky arrivent sur le perron de la maison familiale, c’est sa mère, Ève qui lui ouvre, sa sœur jumelle Abby arrivera quelques instants après.
L’autrice te montre intelligemment comment la fuite de Lily n’est que le début d’un long chemin. 
Elle qui aimait tant courir devra faire de patience pour arriver en bout de piste. 
S’enfuir oui, mais la reconstruction est difficile, longue, pleine d’embûches. 
 
Tu alternes donc comme je te le disais les voix de 4 protagonistes. 
Lily, la jeune fille enlevée ; devenue mère depuis, elle a subi durant 8 années les viols, la violence mentale, les coups et la torture, Abby sa sœur jumelle qui ne s’est jamais remise de la disparition de sa sœur, Abby qui s’autodétruit à petit feu repoussant tout amour.
Ève, qui elle, aussi a bien changé depuis, elle noie son chagrin dans l’alcool, essaie d’oublier dans les bras d’hommes inconnus et enfin Rick le responsable de l’enlèvement et de tous les sévices qu’il a fait subir à Lily, c’est aussi le père de Sky si tu en doutes.
L’alternance des points de vue te permet de comprendre comment chacun d’eux réagit au retour de Lily. 
 
8 ans ont passé, 8 années à rattraper, tant de choses ont changé. C’est une jeune fille qui a été enlevée ; c’est une femme et une maman qui revient. 
Le traumatisme de Lily est relativement bien décrit, elle a toujours peur qu’il revienne se venger d’avoir désobéi, elle a été dressée, c’est horrible, mais c’est le mot, et toi aussi tu te demandes s’il ne va pas y arriver.
Psychopathe, pervers narcissique et très intelligent, manipulateur Rick a plus d’un tour dans son sac.
La personne, qui est pour moi, la plus dérangée c’est Abby, je n’ai pas toujours compris ses réactions vis-à-vis de sa grossesse ou de Wes le père de son enfant. 
Une personnalité qui est très borderline. 
Ève, je ne sais trop quoi te dire, si ce n’est que c’est une mère qui cherche à réunir sa famille, à ce que chacun se reconstruit.
L’écriture est fluide et tu ne ressens aucun temps mort avec ce changement de narrateur pour autant, au final je suis déçue.
Je m’attendais à un tout autre rebondissement, je m’attendais à ressentir plus de malaise, à douter plus des personnalités or je n’ai ressenti rien de tout cela ou du moins pas assez constamment. 
Rick, oui je m’attendais à ce que l’autrice nous fasse un revirement de situation, vraiment, je m’attendais à une fin tout autre donc côté doute global on peut dire que c’est plutôt réussi puisque je pensais lire autre chose. 
Finalement, le roman est assez pauvre en psychologie, beaucoup d’éléments pas vraiment utiles viennent parasiter le roman, on ne peut pas dire que l’ambiance soit glauque, fragile oui, les personnages ne savent plus comment interagir entre eux.
Tu lis les personnages face à leur quotidien, les rendez-vous à la clinique, chez le psychiatre, l’emballement médiatique, la crainte de perdre à nouveau de vue sa famille, la victime principale qui tente de se reconstruire, Abby et sa mère qui se sentent coupables de ce jour fatidique il y a de cela 8 ans, les détails de la séquestration que Lily doit raconter au FBI et au procureur. Sky la petite qui n’a jamais vu la lumière du jour ni d’autres personnes que sa mère ou Rick.
Un papa qu’elle aime. C’est dur pour cette gamine, elle ne comprend pas ce qu’il se passe.
Voilà, je ne peux pas t’en dire plus. Il n’y a pas de climat malsain, le postulat de départ n’est pas mauvais, mais aurait pu être vraiment mieux traité. 
 
Ce n’est pas une déception totale, je lui ai, quand même, mis 3,5 sur 5, car j’ai été prise dans le roman dès le début avec ce premier chapitre qui là pour le coup m’a fait battre le cœur et m’a entrainée directement dans ma lecture sans que je puisse arrêter. Je voulais savoir ce qu’il allait advenir des 4 personnages, mais comme je le disais je m’attendais à un twist vers la fin qui m’aurait coupé le souffle, mais non. 
 
La gémellité est bien abordée à mon sens ; toute la difficulté que Lily et Abby ont éprouvée durant leur séparation, ce lien à la fois fort et fragile au retour de Lily.
Je ne suis pas déçue de l’avoir lu, mais il y a de bien meilleurs romans psychologiques.
À toi de voir si tu as envie de lire l’inverse de ce que l’on a le plus souvent dans ce genre de roman : la disparition d’un enfant, ici tu lis contraire ; tu lis l’après, le retour et toutes les difficultés qui vont avec, la famille éclatée, la famille de Rick qui ne se doute de rien, il a un double voire une triple personnalité. 
Tous ont besoin d’aide psychologique ; tous sont détruits. 

 

Finalement, je conclurais en te disant que je n’ai pas ressenti de connexions avec un seul des personnages, peut-être parce que j’ai déjà lu beaucoup de thriller psychologique et que du coup mon degré d’exigence est plus haut. Il plaira, je pense, mais pas à de gros lecteurs comme moi de thriller/roman psychologique. 
 
 
 
Baby Doll : s’enfuir n’était que le début de Hollie Overton – Suspens psychologique – 368 pages-21, 90€- Edition Fayard / Mazarine, en librairie le 2 mai 2018
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