A un sanglot de moi, tu reposes

de
Mathieu Guibé

Recueil de nouvelles
221 pages, 6€
Lokomodo Éditions, 24 mai 2013
Me
voilà avec la chronique de A un sanglot de moi, tu reposes, avant de
développer je peux déjà vous dire que j’ai passé un merveilleux
moment de lecture
, je ne connaissais pas la plume de Mathieu Guibé,
elle m’a emporté tout au long du recueil.
Ce
recueil regroupe 12 nouvelles, toutes différentes avec des thèmes
variés.
 
Si certaines m’ont plu davantage que d’autres je pense que
chaque lecteur pourra trouver son bonheur parmi les récits proposés.
Contrairement
à ce que l’on pourrait croire, d’après la couverture
(magnifique au
passage ♥
) , toutes ne sont pas du genre fantastique.
On
trouve des récits contemporains ancrés dans la réalité, 2 qui
traitent du mythe vampirique mais d’une façon originale et qui m’a
complètement conquise, une plutôt science-fiction, certaines que je
pourrais classer dans les contes, vous l’aurez compris ce recueil est
riche et offre un large éventail de genres
.
Je
vais essayer de vous parler de ces histoires sans trop vous en
dévoiler …
Dans
l’ombre d’un géant 
: c’est la première nouvelle du recueil,
avec ce récit le ton est donné et m’a directement emportée vers
les suivantes.
C’est
l’histoire de 4 amis qui jouent ensemble dans un groupe de musique
célèbre, si on pense au départ que c’est un des personnages qui
est au centre des « soucis » on se trompe complètement,
c’est ce que j’ai aussi apprécié dans ce recueil, l’auteur nous
emmène à travers ses mots sur une piste pour une chute la plupart
du temps inattendue.
Ici
l’auteur traite de l’amitié
, l’amitié avec un grand A mais aussi de
la mort. Une magnifique nouvelle, bouleversante et qui m’a soutirée
quelques larmes.
Une
de mes préférées
, un conte, à l’aide de sa plume poétique,
l’auteur nous narre un univers magique et magnifique c’est « La
princesse des neiges » Elle traite de l’amour, l’amour qu’il y
a entre 2 êtres, entres mari et femme et entre père et fille.
Cette
nouvelle, par ses descriptions m’a emmenée au pays du « peuple
de cristal », je l’ai tellement appréciée que je l’ai lue à
mes enfants et eux comme moi ils l’ont adoré ( message à Mathieu
Guibé, si tu me lis un jour, je te conseille, je te supplie d’en
faire un album)
L’ennemi
dans la glace
ici on aborde le thème vampirique, cette nouvelle
est écrite à double narration, un vampire qui a oublié qui il
était depuis sa création un siècle et demi plus tôt, il n’a plus
la possibilité de se voir dans les miroirs. On parle vampire mais
aussi de la solitude ; le 2eme narrateur est une actrice
célèbre, entourée de la presse et de ses assistants mais qui,
quand la nuit tombe, se retrouve désespérément seule, une fois
encore l’auteur m’a fait emprunter un chemin et la fin m’a totalement
surprise. J’ai adoré cette façon d’aborder le thème, d’abord tout
en douceur pour finir en … une fin surprenante.
Le
bug humain
là on se trouve dans
la science-fiction, ce n’est pas mon genre de prédilection, je peux
même dire que je n’aime pas ça pourtant je l’ai aussi appréciée,
le récit s’accompagne de notes, de pages de journal intime, de
lettres d’un scientifique, un
monde où les humains ne sont plus vraiment humains, leurs pensées,
émotions sont contrôlées par le gouvernement à l’aide d’une puce
implantée dans leurs cerveaux, en soi l’idée n’est pas originale
mais la façon dont Mathieu Guibé l’a écrite l’est, c’est ce qui
m’a permis d’aimer cette nouvelle.
On termine ce récit sans savoir
si l’histoire est terminée ou pas, l’auteur laisse une porte ouverte
en finissant par « fin ? »
Les
pigeons crèvent sous les ponts

joue sur le double sens, on ne sait pas vraiment dire d’emblée qui
est le narrateur, on finit par le comprendre, une nouvelle
« moralisatrice », elle permet de réfléchir et de se
poser quelques questions.
Le
mélodrame du scientifique
 
:
le thème exploité est le deuil, combien il est difficile de le
surmonter, Nicolas, le héros cherche à combler le vide laissé par
la perte de sa femme, pour y remédier il essaye de terminer un
tableau qu’elle n’avait pu achever, un portait de leur couple.
La
nouvelle montre que la bienveillance des gens qui vous entourent dans
les épreuves difficiles de la vie n’est pas toujours facile à
accepter, en effet qui peut vraiment comprendre à quel point on
souffre. Une nouvelle bouleversante qui m’a émue elle aussi
.
Arc-en-ciel
en braille
,
dans ce récit l’auteur aborde le thème du handicap,
d’une très jolie façon, le héros est aveugle, son ami Arnaud, venu
l’accompagner pour aller chercher son chien va l’aider, à travers
les mots à voir les couleurs, une nouvelle courte mais pleine
d’émotion.
C’est
ce qui fait aussi la force de Mathieu Guibé, les nouvelles mêmes
courtes sont abouties
, je suis souvent frustrée quand je lis un
recueil de nouvelles car je n’en ai pas eu assez, que je voudrais une
suite, ici ce n’est pas le cas , elles ont toutes le nombre de pages
adéquat.
V.M.
Location
 : peut-être la plus farfelue du livre, on a affaire
à un vengeur masqué qui décide d’ouvrir une entreprise de
location de ses services, l’auteur joue sur les mots à double connotation, cette nouvelle m’a fait rire, grâce à une mission qui lui
est enfin confiée il va finir par trouver sa voie et le bonheur. A
la fois humoristique et criante de vérité
. «  Au final,
peu importait les épreuves de la vie, on restait son principal
ennemi »
Pour
le gain d’une épitaphe
 :
L’auteur
utilise un langage cru, ici point de poésie même si c’est l’amour
qui est le thème central, l’alcool qui aide à oublier, un homme
brisé qui noie la perte de sa Molly dans l’alcool et le sexe, il va
faire une rencontre avec une prostituée qui changera sa vie et sa
vision de la vie.
Dans
cette nouvelle l’auteur nous livre les choses sans tabou, c’est
direct, on prend les mots en pleine face et on souffre à côté de
cet homme qui a tout perdu
. Elle m’a quelque peu dérangée à
certains moments mais encore une fois je ne peux nier le pouvoir des
mots de Mathieu Guibé
.
Sinslayer :
On aborde à nouveau le thème vampirique mais d’une autre façon,
nous sommes avec le dernier survivant de la race des vampires et son
chasseur, le récit commence en 567, sa traque va mener au déclin de
la race humaine .
L’auteur
aborde le vampirisme face à la religion chrétienne, les vampires
sont «  les enfants déchus de Dieu qui nettoyaient
nos âmes du sang infecté de nos péchés ».
J’ai
aimé l’originalité de cette nouvelle fantastique même si c’est un
thème qui a déjà été exploité, j’ai vraiment apprécié la fin.
Lis-moi :
c’est la nouvelle la plus longue du recueil, une vingtaine de pages,
la rencontre entre une femme et un homme, une aveugle et un muet,
comment ces 2 êtres vont réussir à communiquer ? C’est une
nouvelle emprunte de poésie, avec des passages dures et tragiques .
Une nouvelle fois je pensais prendre un chemin, l’auteur m’en a
détourné par sa façon de voir cette histoire d’amour si
particulière entre Christian et Evangeline.
« Toutes
les traces de leurs maux s’étaient effacées et rien ne les
séparerait plus »
Un
train pour l’éternité
 :
Marta,
une vieille femme attend depuis 59 ans l’arrivée de son mari Dorian
sur le quai d’une gare .
L’auteur
parle ici de ce terrible fléau qu’est la maladie d’Alzheimer, une
fin magnifique pour la nouvelle et pour le recueil, cette nouvelle le
clôt en beauté.
Vous
l’aurez compris en lisant ma chronique ce recueil de nouvelles est
riche par le nombre de sujets traités, par la plume de l’auteur,
tantôt poétique, tantôt dure mais toujours juste.
Je
suis passée par beaucoup d’émotion au cours de ma lecture, des
larmes, du rire, de la surprise, de l’effroi, Mathieu Guibé nous
entraîne avec sa plume magnifique tout au long de son recueil.
On
y parle de la mort, de la maladie, de l’amour, de l’amitié, des
ravages de l’alcool, de la solitude, toute une série de thèmes
intéressants, variés et uniques dans la façon de les traiter.

Toutes
ont pour moi un point commun, la brièveté de la vie
, ça peut vous
paraître sombre ou lourd mais l’écriture de Mathieu Guibé fait
tout oublier, elle vous emporte et vous porte au delà des mots
.
On
passe d’un univers à un autre sans que l’on ne butte sur un passage,

ce livre est fluide, rien ne dénote, tout est juste, que ce soit le
vocabulaire ou les longueurs des nouvelles
Je n’ai pas pour
habitude, quand il s’agit d’un recueil de le lire d’une traite
pourtant,ici, c’est ce que j’ai fait, je n’ai eu aucune impression de
longueur ni de lassitude.

Une
belle découverte de l’univers de l’auteur, je lirai sans hésiter un
autre de ses livres. 
Pour en savoir plus
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