Certaines erreurs méritent d’être pardonnées
Merit Voss sait qu’elle est une fille un peu bizarre. Elle collectionne, par exemple, les trophées qu’elle n’a pas gagné.
C’est en voulant en acquérir dans une brocante qu’elle fait la connaissance d’un séduisant jeune homme, Sagan.
Il lui plaît immédiatement mais elle va vite réaliser que la situation risque d’être un peu plus compliquée qu’elle ne le pensait et que l’alchimie qu’elle a cru percevoir entre eux, a peu de chances de se développer.
Rien n’est jamais simple dans la famille Voss.
Ses parents sont séparés officiellement mais vivent encore sous le même toit, celui d’une ancienne église désaffectée. Son père a épousé l’infirmière de son ex-épouse, qui l’a assistée lorsqu’elle a eu un cancer.
Ses frères et soeurs ont des traits de caractère qu’elle n’apprécie pas et qui le rendent aussi étranges que leurs parents.
Merit ne supporte plus cette famille dont elle juge sévèrement chaque membre.
Mais, le pire est peut-être à venir quand elle découvre que les apparences sont peut-être trompeuses.
Quand la vérité se dévoile, lorsque des secrets bien gardés commencent à émerger,
Merit est confrontée à une tâche difficile : remettre toutes ses certitudes en question.

C’est Colleen Hoover et Colleen Hoover a encore fait fort, que j’aime cette auteure !
Pour moi, une des seules qui peut aborder des thèmes aussi lourds en y mettant autant d’espoir. La seule qui va me faire sangloter et rire juste après.
À première vue, je trouve le choix de titre en français complètement en adéquation avec le roman.
En anglais, c’est Without Merit et il a aussi plein de sens quand on a fini sa lecture.
Mais de quel sens je parle ?
Il va m’être horriblement difficile de te donner envie de lire ce roman sans pouvoir te révéler la majeure partie des thèmes. Je suis vraiment frustrée de ne pas te parler de… LE thème.Si en lisant les 130 premières pages j’étais déjà tombée amoureuse de la personnalité loufoque de Merit et de sa famille bancale passé le chapitre 8, le ton change.
J’étais bien loin de deviner ce que renfermaient ces pages.
Le premier chapitre donne vraiment le ton pour tout le livre.
Tu fais la connaissance de Merit – ses espoirs et ses frustrations, et puis il y a un moment où tu vas réaliser que rien n’est comme il semble. Il se passe quelque chose, tu le perçois, mais quoi ?
Je ne peux pas te dire que cela soit une romance, il y en a une, même plusieurs, mais le thème principal n’est pas là.
(Même si j’ai eu les papillons dans le ventre et que j’ai un nouveau Book boyfriend.)
La romance dans « À première vue » est secondaire.
L’intrigue va se baser autour de Merit.Merit qui ne va plus au lycée, mais qui ne sait pas vraiment donner une raison.
Merit qui collectionne les trophées les plus étranges.
À chaque épisode marquant de sa vie, elle en achète un, peu importe ce qu’il célèbre.
C’est en allant acheter dans sa brocante favorite le trophée qui lui fait de l’œil depuis longtemps qu’elle rencontre Sagan.
Sagan qui la prend pour Honor, sa sœur jumelle. Un fait impardonnable pour Merit et quand en plus elle remarque que Sagan vit quasiment sous leur toit sa colère est à son apogée.
Les Voss sont une famille unique, dysfonctionnelle.
Ils vivent dans une église, mais sont athées.
Son père a épousé deux Victoria. Victoria la mère d’Utah le frère de Honor et Merit et Victoria sa nouvelle épouse depuis son divorce avec qui il e eu Moby, un adorable bambin de 4 ans.
Tout ce petit monde est logé dans le temple.
L’ambiance a l’intérieur des murs est plutôt explosive voire très froide.
À eux viennent ensuite se greffer Sagan et Luck.Colleen Hoover m’a fait aimer chacune de ces personnes « déficientes » tous traînent des casseroles, tous ont des secrets, tous, à part peut être le petit Moby, ne semblent pas heureux.
La gardienne des secrets de la famille : Merit.
CoHo crée un casting des plus improbables, mais qui te montre qu’est ce que c’est un être humain.
Nul n’est parfait.
Tous ont une part de vulnérabilité qui me les a rendus très attachants même si pour certains d’entre eux j’ai dû comprendre, lire leurs failles, leurs secrets pour ne les aimer extrêmement fort ensuite.
Tu vas forcément te retrouver dans l’un ou plusieurs, t’identifier à Merit ou Luck, aux deux Victoria (même si elles ne sont pas vraiment développées), à Utah où Barnabé Voss, à Sagan ou Moby.

Pour ma part, je me suis immédiatement identifiée à Merit, peut-être pas pour tous les points, mais la dualité de son caractère me ressemble beaucoup. Les questions qu’elle se pose, ce sentiment de ne pas être à sa place m’a fait penser à moi.
Peut-on être très fort et aussi très fragile ? Oui
Peut-on ne pas voir ce qu’il se passe juste sous notre nez, ne pas connaître les personnes avec qui on vit tous les jours ? Oui
Peut-on être tellement blessée qu’on n’arrive plus à remettre en perspective le tracas de trop, celui qui va faire déborder le vase déjà bien plein ? Encore oui

Les rebondissements et les surprises sont un autre trait d’écriture de CoHo, mais ceux que l’on trouve dans « à première vue » sont beaucoup plus profonds et complexes que ceux liés à son style de romance auquel tu es habitué.
Les 50 premières pages tu vas emmagasiner un grand nombre d’informations, la présentation de la famille Voss par Merit, la narratrice, ainsi qu’une partie de son état d’esprit. Des informations nécessaires pour accueillir pleinement le reste du livre.
Ces pages te préparent au reste de l’histoire sans pourtant ne jamais laisser présager toute la profondeur des sujets et des sentiments.

Ce roman se construit si doucement que tu ne remarqueras pas qu’une tempête se prépare jusqu’au moment où tout explose. Implose. Toute la famille Voss est sens dessus dessous et toi aussi.
La perspective.
Ce mot revient plusieurs fois durant la lecture. Une fois que tu as fini le roman, tu te mets à réfléchir, à revenir en arrière et tu te rends compte à quel point la perspective compte.
La famille Voss déborde de secrets.
Parfois, le méchant de l’histoire n’est pas le méchant.
La perspective change tout, mais il faut avoir le recul nécessaire à ce moment, le recul et la vérité.

Merit, je l’aime tellement.
C’est un personnage unique.
Je pense qu’elle va émouvoir beaucoup d’adolescents et même d’adultes.
J’aimerais tellement développer CE personnage, mais cela nuirait énormément au lecteur.
Colleen Hoover m’a totalement prise au dépourvu. Je n’avais rien deviné même si je sentais quelque chose arriver.

Ce roman peut secouer des personnes déjà sensibles mentalement petite mise en garde.

C’est écrit intelligemment et avec beaucoup de pudeur, mais c’est néanmoins lourd.
Pas lugubre, pas du tout. L’espoir est présent du début à la fin. Je ne peux pas te dire de quoi je parle juste que cela touche la santé mentale.
Un roman qui va s’adresser aux ados, mais aussi aux parents

La capacité qu’à Colleen Hoover de sans cesse se renouveler, de ne pas se cloisonner, mais écrire des romans uniques fait qu’on ne s’en lasse pas.
Elle n’écrit jamais deux fois le même livre.
J’aime que chaque fois que je prends un livre d’elle, ce soit différent du précédent.
Elle n’a pas la même formule, mais son écriture est identifiable, c’est du CoHo.
C’est toujours très fort en émotion, captivant ; elle parle à ton affectif.

À première vue, ne ressemble à aucun de ses autres livres.
Comme je te le dis en introduction, je ne le qualifierais pas de romance.
C’est un livre de découverte de soi, de cette période charnière où tu termines le lycée pour entrer à l’université. La période si difficile de l’adolescence.
Dans ce roman, tu trouveras des personnages réalistes, totalement parfaits grâce à toutes leurs imperfections. Une des marques de fabrique de l’auteure.
Bien que tu puisses penser que ce sera trop sombre pour toi, trop difficile à lire, détrompe-toi. (Prépare quand même les mouchoirs.)
Colleen Hoover n’étouffe jamais l’espoir.

Au départ, l’intrigue va peut-être t’étonner.
La première moitié semble « folle », irréaliste, tu vas te demander où elle veut en venir même si tu seras attaché à Merit.
Une fois dépassée cette moitié, tu verras que tout a un sens.
Colleen Hoover émet un message très opportun et important.
De mon avis de maman, le livre est approprié aussi pour un public plus jeune, 16 ans, je dirais, non seulement parce que la romance sexy habituelle fait place à une découverte plus douce, plus tendre mais aussi parce que le message est tellement important pour les ados

Le message universel du pardon est très présent tout comme le rôle difficile de parents.
Tout le monde commet des fautes, même si tu aimerais bien voir les membres de ta famille comme irréprochable.
Il y a tellement de thèmes importants et d’excellents points abordés dans cette histoire.
Je trépigne à l’idée d’en parler avec d’autres lecteurs, frustrée que je suis de ne rien pouvoir te révéler.

En bref :

À première vue est un livre qui m’a happé dès la première page.
Colleen Hoover revient plus aux racines Young Adult avec ce roman.
L’histoire de Merit était originale, puissante et addictive.
J’ai adoré le drame familial, les surprises et les sujets mis en lumière.

Même s’il n’y avait pas beaucoup de romantisme, il est suffisant.
Si tu recherches un livre qui te fera rire, te fera pleurer, te fera sentir vivre, un livre à la fois lourd et léger, si tu veux lire quelque chose de différent c’est le livre qu’il te faut.
Colleen Hoover m’a complètement prise au dépourvu.

C’est réel, brut et douloureux. Et pourtant aussi profondément réconfortant. Une lecture thérapeutique.
Il transmet un message puissant, il aborde des sujets difficiles avec grâce. C’est pertinent et réaliste.
C’est un livre que je conseille à tous.
L’histoire vous emmène directement dans le noir, mais vous ramène également en plein soleil.
Elle te laisse souriant quand tu refermes le roman.

« Toutes les erreurs n’entraînent pas forcément de conséquences. Parfois, elles n’invitent qu’au pardon. »

« Tuqburni, ça exprime le sentiment universel de ne pouvoir vivre sans quelqu’un.


❦ À première vue ❦ Traduction de Pauline Vidal ❦ Roman de : Colleen Hoover ❦ 340 pages Édition Hugo, en librairie le 11 octobre


 

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