Mon cher lecteur, voilà une autrice dont tu trouveras sur ce blog ; chacun de ses précédents romans, c’est un livre que j’attends chaque année avec impatience pourtant, à chaque fois, la crainte est là. Vais-je une fois de plus aimer son roman ? 
Aussitôt reçu, aussitôt lu, mon verdict ? Sans être un coup de cœur, c’est une lecture que j’ai adorée. Une fois de plus, Agnès Martin-Lugand m’a embarqué loin de mon canapé cette fois entre Paris et le Sud.
Hortense est danseuse professionnelle, elle tient à Paris avec ses amis Sandro et Bertille, une école de danse. 
C’est une femme d’apparence forte que tu vas rencontrer, mais pleine de fêlures. 
Il y a d’abord le décès de ses parents survenu il y a 4 ans dont elle ne s’est toujours pas remise et ensuite il y a Aymeric. Aymeric est marié, malgré tout elle ne peut lui résister.
Une relation passionnée qu’ils entretiennent depuis quelques années.
Lors d’une bête chute, Hortense va se fouler la cheville, son outil de travail, impossible de danser ni de donner cours, en tout cas pour plusieurs semaines.
Désemparée, triste, au bout du rouleau, elle décide d’entamer sa convalescence dans la bastide de ses parents. 
Adieu pollution visuelle et auditive ; bonjour silence, soleil.
Hortense y retrouve son amie d’enfance et son mari, deux piliers dans sa vie, Catie et Mathieu. Pendant ces congés forcés elle va faire le point sur sa vie, que désire-t-elle vraiment ? Est-elle heureuse dans la vie qu’elle mène ?
À 40 ans, loin de tout, Hortense a le temps de tout remettre en perspective. 
Et si un simple accident pouvait marquer un tournant dans ta vie ? 
Même si je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce roman j’ai adoré ce personnage que Agnès Martin-Lugand nous dépeint. 
Elle réussit ce tour de force de nous faire aimer la maîtresse, l’autre, celle que l’on juge d’habitude.
Si elle y réussit c’est aussi par la lucidité et l’éducation d’Hortense, elle refuse de briser une famille, elle attend Aymeric, mais ne s’impose jamais.
Elle respecte son épouse et ses enfants même si c’est difficile à comprendre.
Qui sommes-nous de toute façon pour juger d’un amour ?
J’ai aimé son questionnement, son cheminement ; elle n’a pas peur de sauter dans le vide, de tout reprendre à zéro. 
Sa blessure va lui faire ouvrir les yeux, les œillères tombent et ce qu’elle aperçoit d’elle ne lui plaît guère, elle va comprendre les réticences de ses amis, admettre surtout qu’elle ne va pas bien, qu’elle doit avancer seule, prendre ses propres décisions.
Hortense est une femme qui a un cœur énorme et ce besoin d’être aimée et appréciée, elle préfère taire ses envies plutôt que d’aller à la confrontation. 
À la bastide, c’est une tout autre Hortense que tu vas découvrir, tu vas faire connaissance d’une étoile qui rayonne, sa lueur s’était ternie à Paris. Elle va prendre sa vie en main sans chercher à plaire à qui que soit à part à elle.
 
Tu vas aussi faire la connaissance de ses amis, Bertille et Sandro, Mathieu et Catie.
Je les ai tous aimés, un peu moins Bertille, pas du tout Aymeric que j’ai trouvé antipathique, en dessous de tout et blessant. 
Un homme que j’ai trouvé détestable, et pas parce qu’il a une maitresse, il est imbu de lui-même ; un homme qui ne veut que la perfection.
Le personnage qui m’a le plus émue c’est Elias.
Il va loger dans une des chambres de la bastide par un concours de circonstances, Hortense veut savoir qui est cet homme taciturne, insomniaque et toi aussi tu vas te prendre au jeu.
Petit à petit, ces deux-là vont s’aider sans s’en rendre compte.
Je ne peux pas t’en dire plus, mais Elias, sa psychologie, ses failles, sa douleur m’ont quasi plus touché que celles d’Hortense.
Un autre protagoniste important du roman c’est Auguste, son mentor.
On le voit peu dans le livre et pourtant il prend une place importante tout comme les parents de notre héroïne, Agnès Martin-Lugand grâce à ses descriptions te fait voir ce qu’est le véritable amour, ces deux-là se sont aimés toute leur vie, ils ont aimé Hortense, de toute leur force.
Son papa est un papa comme on révérait d’avoir, tous deux décédés, vont quand même montrer la voie à Hortense.
Une présence invisible, qu’elle perçoit dans ces lieux qui lui sont chers, une main sur l’olivier, elle sera apaisée, un pas dans le couloir c’est un pas en avant dans sa vie.
 
L’autrice te montre par son roman que tout le mode a droit à l’erreur ; la première personne à qui il faut pardonner c’est toi, sans ça tu n’avanceras pas. 
Une histoire émouvante, douce, pleine de sincérité, sans fioriture comme l’autrice sait si bien le faire qui trouve directement le chemin de ton cœur et te fait te sentir bien. 
C’est ce que j’ai ressenti après la lecture de chacune de ses histoires : l’apaisement.
C’est un livre sur la reconstruction, sur l’amitié, les vrais amis qui te disent ce que tu refuses de voir, sur les étapes du deuil, sur la dépression, les remords et sur ce qu’est vraiment le bonheur.

 

Que j’étais bien à la bastide, je n’avais vraiment pas envie de partir, mais je peux maintenant te dire à la lumière du petit matin, la vie est belle, en tout cas plus belle que la veille. 
 
 
A la lumière du petit matin de Agnès Martin-Lugand – roman contemporain – romance – 330 pages, 18.95€ – Édition Miche Lafon, en librairie le 29 mars 2018 
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