Mon cher lecteur tu es adepte des suspens psychologiques ? Alors, reste, cette chronique va te plaire.
Tu le sais, je suis une lectrice éclectique et dans les genres aussi je veux dire par là que j’aime les thrillers très gore, les polars et comme ici les suspens psychologiques.
Pour un premier roman, Laura Marshall mène bien sa barque et entraîne son lecteur dans les méandres de son intrigue.
Louise est une mère célibataire qui mène sa carrière et sa vie de mère de front.
Elle forme un duo avec son fils Henry, âgé de 4 ans.
Depuis sa séparation il y a deux ans ils sont fusionnels. Tout va plus ou moins bien pour elle jusqu’au jour où elle reçoit une invitation sur Facebook.
Une invitation d’une jeune fille disparue il y a 25 ans lors du bal du Lycée, Maria Weston.
Jusque là, tout le monde la croyait morte.
Cette invitation refait surgir son passé, pas si enfoui que ça.
Sa culpabilité est énorme depuis cette fameuse nuit.
Notre héroïne perd peu à peu pied, elle a toujours un regard par-dessus son épaule, car Maria a l’air de tout savoir d’elle.
Si j’ai vraiment aimé le suspens qui est constant, du début à la fin du roman ; j’apprécie encore plus que Laura Marshall aborde de nombreux thèmes peu exploités, je trouve, dans les suspens psychologiques ou du moins pas de cette manière.
Tu as déjà le thème du rôle de mère célibataire.
Une mère qui travaille et culpabilise de laisser son fils à la crèche. Un amour maternel puissant et beau à lire.
Tu as les dérives d’internet et des réseaux sociaux, tout le monde peut s’inventer une identité ou une vie.
Et enfin et surtout le harcèlement scolaire durant l’adolescence, cette époque si fragile et difficile pour nombre d’entre nous.
Je ne sais pas toi, mais, pour ma part, je n’étais pas populaire, mes premières années ont vraiment été difficiles à vivre.
Ici, c’est Maria qui éprouve des difficultés.
Elle a quitté son ancien lycée pour une histoire similaire, mais qu’elle préfère taire et se retrouve à nouveau dans la même situation.
 Louise était son amie, mais pour rester proche des filles populaires et surtout de Sophie, Louise laisse tomber Maria.
L’auteure te montre combien on peut se laisser manipuler ; combien nous sommes prêts à tout faire pour être acceptés dans le groupe qu’il faut !
Louise s’est complètement laissé abuser par Sophie, elle a laissé tomber d’abord Esther puis Maria. Pourquoi ? Ces deux jeunes filles n’étaient juste pas dans la norme établies par les meneuses, que cela soit vestimentaire comme Esther ou en parole comme Maria qui ne veut plus se laisser faire.
Tu peux tout à faire lire ce roman si tu n’aimes pas les thrillers, il se lit en grande partie sur le harcèlement et la culpabilité de Louise qui ne s’est jamais remise de la disparition de Maria, elle n’a jamais pu oublier ce qu’elle lui avait fait.
C’est un livre écrit intelligemment.
Les sujets ne sont pas survolés, mais bien exploités et je me suis vraiment retrouvée dans certaines des situations décrites.
De plus, les bons dans le passé disséminés tout au long des 380 pages te permettent de plus ou moins comprendre ce qu’il se jouerait en 1989. Plus ou moins, car tu devras attendre la fin et ses nombreux rebondissements pour tout comprendre.
En plus de cette alternance de temps entre 1989 et 2016 des textes en italiques, comme des lettres écrites, par un homme on le devine, te mettent encore plus dans le suspens, car tu ne sais pas de quelle femme du roman il parle. Esther ? Louise ? Sophie ? Maria ? Polly ?
Tu vas douter de chacun des protagonistes.
Tim, le frère de Maria cherche-t-il à venger sa sœur ? Pete, cet homme que Sophie vient de rencontrer n’a-t-il pas un comportement bizarre ? Ou encore Matt qui veut que Louise se taise.
Le suspens est encore renforcé par les messages que Louise reçoit, des messages avec des menaces voilées. Jamais rien de franc, mais tu sens que le danger guette Louise et tu prends peur toi aussi.
Avec un rythme haletant grâce au rebondissement qui vont te surprendre la lecture est très addictive. Tu veux comprendre toi aussi si Maria est toujours vivante et si oui pourquoi a-t-elle attendu 25 ans pour refaire surface.
J’ai envie de te dire de qui j’ai douté et pourquoi, mais j’ai peur de te mettre sur la piste en te relatant trop les personnages du roman.
Sache que tous les personnages sont très bien construits.
Chacun d’eux sont complexe et possède une psychologie dense, cela ne fait que rendre le suspens plus intense.
Je ne peux pas dire que j’ai ressenti une empathie particulière pour l’un d’eux, mais je les ai tous aimés ou pour un ou deux je les ai détestés.
Louise et Maria, je ne me suis pas identifiée à elles, même si elles ont vécu des choses dramatiques, je ne suis pas parvenue à complètement m’immerger dans leur psychologie.
D’habitude, cela me dérange, mais ici le suspens et le sujet sont tellement intéressants et bien amenés que cela n’a pas été un frein à ma lecture.
Le twist final m’a vraiment surprise. D’abord, tu penses que l’auteure te donne les clés qui vont te permettre de résoudre l’intrigue, mais en fait elle t’endort pour mieux t’assommer (c’est imagé, rassure-toi tu ne sauras pas dormir au contraire !!) et ne rien voir de ce qui se profile.
En bref :
Vraiment pour un premier roman c’est une belle réussite, tout concorde, les pièces de puzzles se mettent peu à peu en place et rien n’est trop facile.
C’est un roman qui pourra convenir à beaucoup d’entrevous, vu le thème central.
En plus pour les non initiés ce n’est pas du tout gore ni traumatisant.
Oui, tu as peur, tu doutes, tu crains de découvrir la vérité, mais c’est ce qui fait à mon sens qu’un suspens psychologique est réussi ou pas. Si l’auteure arrive à te retourner le cerveau, à douter de tes propres certitudes, c’est gagné et c’est le cas avec ce livre.
Je te le recommande chaudement même si cela n’a pas été un immense coup de cœur.
Il vaut, vraiment, la peine d’être lu et l’auteure d’être connue.
Je vais d’ailleurs guetter ses prochains écrits.
Une plume simple, mais addictive ; pas de longueurs ni de monotonie ; vraiment un roman réussi pour Laura Marshall.
Une proie si facile de Laura Marshall – Traduction de Zilke Zimmerman – suspens psychologique, harcèlement scolaire – 384 pages, 19.90 – Édition Fleuve, collection Fleuve Noir, en librairie le 8 février 2018
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